3 février 2022
La problématique des bacs bruns, à qui la faute?
Par: Le Courrier

Bonjour M. Bourassa, j’ai un malaise à la lecture du Pissenlit paru dans LE COURRIER du 20 janvier intitulé « À un échec », surtout avec la mention que les gens sont « si malhabiles au moment de remplir leur bac brun ». Le tout en lien avec l’usine de biométhanisation versus le compostage.

Rappelons-nous qu’il y a une dizaine d’années, on a vendu la biométhanisation aux citoyens de Saint-Hyacinthe et de la région. Les principaux éléments qu’il fallait retenir étaient la valorisation des matières résiduelles, dont le contenu du bac brun utilisé par les citoyens, les revenus annuels générés par la vente de gaz à Énergir (Gaz Métro) et les économies reliées à l’utilisation du gaz dans des bâtiments et pour une partie de la flotte de véhicules de la Ville de Saint-Hyacinthe. Ces revenus et économies se sont retrouvés rapidement dans les budgets de la Ville de Saint-Hyacinthe.

Plus spécifiquement, en ce qui concerne le bac brun, l’idée était que son contenu serait ainsi utilisé comme un des intrants pour l’usine de biométhanisation pour produire du gaz naturel ou biogaz. Je suppose que le contenu du bac brun avait été analysé pour en arriver à ces conclusions. À ce moment, selon moi, le contenu du bac brun devait être sensiblement identique à ce qu’il est encore aujourd’hui. Composé en grande majorité de déchets verts et, en plus faible pourcentage, de déchets de table (j’exclus volontairement les déchets contaminants qui ne sont pas la même problématique).

Pour simplifier la situation de l’usine de biométhanisation après plusieurs années, et ce, malgré les retards et les dépassements de coûts, on peut facilement conclure que les résultats sont très loin de ce qui était anticipé et prévu, incluant ce qui apparaissait dans les budgets et les états financiers de la Ville. En plus de la technologie choisie qui n’était pas à point, elle était peu adaptée à la rigueur de notre climat et pas adaptée au contenu réel du bac brun. On ne peut pas parler d’un éléphant blanc, mais il est certainement dans les teintes de gris.

Pour en revenir au bac brun, durant la phase de l’installation, des tests et du déploiement du projet de biométhanisation, il est apparu évident qu’une grande partie du contenu du bac brun ne pouvait pas être traité par la technologie en place. La technologie déficiente et le manque de valorisation du traitement des déchets verts comme intrant sont les principaux obstacles. Le choix du compostage, au lieu de l’enfouissement, est donc devenu la moins pire des solutions pour le traitement du contenu du bac brun.

Le contenu des bacs bruns a toujours été et demeure majoritairement composé de déchets verts qui ne peuvent pas être valorisés par l’usine de biométhanisation. Les bacs bruns sont ainsi acheminés vers un centre de compostage. Je conçois que des contaminants ne devraient pas être déposés dans le bac brun, mais même en les éliminant, la problématique du bac brun demeure entière.

Donc, même en excluant les contaminants, je ne crois pas que les gens de la région ont à porter le chapeau de cette problématique et encore moins à être désignés comme les porteurs du « pissenlit » de votre édition du 20 janvier. S’il y a un pissenlit, on devrait plutôt se tourner vers le(s) haut(s) fonctionnaire(s) de la Ville qui a(ont) vendu le projet au conseil municipal de l’époque et qui l’a(ont) fait approuver par les conseillers.

On peut également se référer aux informations de la Régie intermunicipale concernant ce qu’il est permis de déposer dans le bac brun : résidus de cuisine, résidus verts et autres matières organiques.

Note : Je crois que la biométhanisation est un débouché intéressant même si le programme est très loin des objectifs prévus. C’est une voie vers l’avenir.

Pierre Lachance, Saint-Hyacinthe

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