31 mars 2022
Lorsque l’Ukraine se cherche un refuge
Par: Sarah Villemaire
Près d’une vingtaine de personnes travaillent présentement au département de l’accompagnement aux nouveaux arrivants de la Maison de la Famille des Maskoutains. Photothèque | Le Courrier ©

Près d’une vingtaine de personnes travaillent présentement au département de l’accompagnement aux nouveaux arrivants de la Maison de la Famille des Maskoutains. Photothèque | Le Courrier ©

C’est sous le signe de la solidarité que s’inscrit la forte mobilisation de nombreux Québécois souhaitant venir en aide aux déplacés ukrainiens fuyant présentement la guerre dans leur propre pays. Malgré les bonnes intentions de tout un chacun, les réponses entourant les demandes d’aide se font attendre par les gouvernements qui chapeautent, entre autres, l’arrivée et l’accueil des Ukrainiens en sol canadien.

Résident à Saint-Hyacinthe, Michel* a récemment levé la main afin d’accueillir chez lui un couple d’amis ukrainiens le temps que la situation se calme. Ce dernier a d’ailleurs entamé des démarches, question de connaître le processus d’immigration et la liste des organismes de la région qui pourraient l’épauler dans ce genre de situation.

« Je suis prêt et j’ai les moyens d’accueillir chez moi mes amis qui arrivent d’Ukraine. Comme je travaille le jour, je veux leur trouver un organisme qui pourra mieux les intégrer et les aider dans toutes les demandes en tant que réfugiés », explique-t-il.

Contactée par LE COURRIER, la Maison de la Famille des Maskoutains (MFM) est l’organisme désigné pour répondre à ce genre de demande. Depuis de nombreuses années, des agents d’intégration assignés au département de l’accompagnement aux nouveaux arrivants travaillent quotidiennement à l’intégration de personnes souhaitant vivre au Canada.

« On peut certainement aider les gens dans ce genre de situation. Comme c’est du cas par cas, les intervenants prendront en charge le dossier de chacun afin de les guider en matière d’assurance, du guichet à l’emploi, du système de santé, de l’intégration en communauté ainsi que des demandes de citoyenneté. C’est un dossier complexe, mais on va tout faire pour les aider », souligne Marthe Duhaime, responsable des communications et des relations médias pour la MFM.

En attente de réponses

Prêt à soutenir les nouveaux arrivants, l’organisme attend tout de même les prochaines directives des gouvernements afin d’aider les Ukrainiens qui espèrent arriver bientôt au Canada. Comme il a été mentionné dans une précédente édition, l’Union des municipalités du Québec a récemment annoncé que 14 villes, dont Saint-Hyacinthe, ont été choisies pour accueillir des Ukrainiens. Depuis, la MFM reste sans réponse face au calendrier établi.

« C’est certain que l’organisme sera responsable d’accueillir les réfugiés. Le problème est de savoir quand vont-ils arriver et combien de familles devrons-nous aider. On craint de recevoir ces informations à la dernière minute et de devoir opérer de façon précipitée », déplore Mme Duhaime.

Le 17 mars, le gouvernement canadien a prolongé de trois ans le séjour en sol canadien pour toute personne admissible au programme de voyage d’urgence Canada-Ukraine. L’accès à ce programme permettra aux Ukrainiens, qui recevront le titre de réfugié temporaire, de bénéficier, dès leur arrivée, d’un permis de travail, d’un permis d’études ainsi que d’un accès aux soins de santé, selon les informations fournies par le ministère de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté du Canada.

Avant d’entrer au Canada, chaque réfugié devra se procurer un visa lui donnant le droit de venir s’établir au pays. Des données biométriques devront alors être fournies aux autorités canadiennes pour établir son identité à même une ambassade, un consulat ou un centre de visas canadiens en Europe.

Bien que pertinent, le programme se voit ralenti par les nombreuses démarches à suivre avant l’arrivée des Ukrainiens au Canada. « On a l’impression que ça bloque au fédéral et on espère que le gouvernement facilitera le processus prochainement », conclut Marthe Duhaime.

*Par mesure de confidentialité, le prénom a été modifié.

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