Qui plus est, toutes les équipes qui ont atteint la finale de ce rendez-vous prestigieux étaient formées uniquement d’hommes… sauf la sienne. « On est la seule équipe avec une fille à s’être rendue en finale », a-t-elle souligné avec fierté en entrevue avec LE COURRIER à son retour au pays.
« Contrairement à d’autres équipes, on a utilisé la diversité pour nous aider. Il y avait des obstacles où il fallait être léger, agile et stratégique, puis d’autres où il fallait utiliser la force pure », a poursuivi celle qui faisait équipe avec Samuel Hébert, Ryan Atkins, William Leroy, Austin Azar et Jessy Bélanger.
Issue du monde du Ninja Warrior, Béatrice Moyen-Sylvestre a fait la transition vers les courses à obstacles dans les dernières années. Elle a d’ailleurs participé au Championnat du monde d’OCR – acronyme utilisé dans le jargon pour désigner les courses à obstacles – il y a à peine quelques mois. Mais les Dubaï Games, c’était encore plus grand comme rendez-vous. Une cinquantaine d’équipes, provenant d’une quarantaine de pays, y participaient.
« En matière de prestige, c’est probablement la compétition la plus importante que j’ai faite », a-t-elle indiqué en parlant des Dubaï Games.
Et pour cause. Avec leur première place, les membres de l’équipe canadienne ont reçu chacun un chèque de 33 000 $.
« C’est l’équivalent de la moitié de mon salaire annuel, donc c’est non négligeable dans une carrière d’athlète parce que ça coûte cher voyager. On est d’ailleurs déjà à la recherche de commanditaires pour l’an prochain », a mentionné Béatrice.
Les compétitions de courses à obstacles combinent des éléments du Ninja Warrior et des Spartan Race, notamment.
« Il faut aller vite, grimper et se déplacer le plus rapidement possible à travers une série d’obstacles plus difficiles les uns que les autres », a expliqué la Maskoutaine.
Son petit gabarit et son esprit d’analyse ont joué un rôle clé dans le triomphe de son équipe, formée majoritairement de Québécois.
« Puisque j’étais une athlète de Ninja Warrior avant de commencer la course à obstacles, je suis habituée à analyser les obstacles avant de les faire. Mon analyse précourse a été très utile pour l’équipe. Mon agilité aussi. En matière de Ninja Warrior, Jessy Bélanger était le meilleur de l’équipe, mais j’étais la plus légère, donc je pouvais me déplacer rapidement dans des obstacles tout en ne prenant pas trop de place. Quand il y avait des étapes où il fallait lever quelqu’un, je pouvais prendre cette place dans l’équipe. »
Une finale dramatique
Même si elle a été la première à franchir le fil d’arrivée, l’équipe québécoise a craint de voir sa première place lui glisser entre les doigts. « Après avoir célébré notre victoire pendant quinze minutes, on a appris qu’on serait potentiellement deuxièmes finalement », a raconté Béatrice Moyen-Sylvestre.
Un enjeu avec une équipe américaine, qui a été victime d’un bris mécanique sur l’un des obstacles durant la course, est venu tout compromettre. En raison du retard que cela avait occasionné à cette équipe, les officiels l’ont momentanément déclarée gagnante à la place des Québécois. Puis, à la suite de discussions avec les officiels, il a été décidé que les deux équipes allaient se partager la première place et la bourse qui l’accompagnait.
« C’était tellement serré entre les deux équipes que c’était impossible de savoir ce qui se serait passé si l’équipement n’avait pas brisé pour les Américains, a fait valoir la Maskoutaine. On est très contents du dénouement parce qu’on s’entendait super bien avec cette équipe. »
À la suite de cette expérience, Béatrice et ses coéquipiers ont déjà en tête d’aller défendre leur titre aux Dubaï Games l’an prochain. La native de Saint-Hyacinthe a également dans sa mire le Championnat du monde d’OCR qui se tiendra en Suède en septembre.