24 mars 2022
Aéroport : un engagement insensé
Par: Le Courrier

Comment le maire a-t-il pu engager les Maskoutains dans une entente de vingt ans? Qui sont ces lobbyistes / influenceurs qui ont pu convaincre le maire et tous les élus d’approuver et de financer un tel projet?

Pourtant, à la veille des élections, le maire Corbeil avait demandé à une firme spécialisée de soumettre une évaluation des exigences afin de mettre à niveau l’infrastructure de cet aéroport. Une seconde étude en peu de temps. Les deux évaluations étaient sans équivoque : cet aéroport exigerait à court terme des investissements de plusieurs millions de dollars.

Le maire Corbeil avait donc convenu qu’il s’avérait tout à fait déraisonnable d’aller de l’avant dans ce projet d’acquisition. Il avait quand même mis la main dans l’engrenage en achetant le bâtiment qui abritait le restaurant, espérant peut-être conclure plus tard une transaction d’achat de l’aéroport.

À ce moment, M. Beauregard, conseiller du district Douville, s’était prononcé contre ce projet d’acquisition, argumentant qu’il ne rencontrait pas l’avale de ses concitoyens. Comment peut-il, après quelques mois à peine, changer radicalement d’opinion et tenir maintenant pour acquis que son électorat est favorable envers cet engagement?

Personnellement, je ne vous cacherai pas qu’en lisant le grand titre sur mon édition du Courrier, j’en aurais « déchiré ma chemise ». Moi qui croyais terminée cette saga et qu’on en entendrait plus parler pour un bon moment! Mais non, quelques « astucieux entrepreneurs » ont concocté un plan de sauvetage de l’aéroport en s’assurant de l’appui (financier) de la Ville.

Et au-delà de l’entente « de base », la Ville s’engage à assumer une partie des coûts de réfection de la piste. Si on se fie aux études réalisées à ce sujet, on anticipe facilement des investissements supplémentaires de plusieurs millions de dollars!

Il est incompréhensible qu’aucun conseiller ne se soit opposé à cet engagement. Pour ma part, depuis trois ans et encore dernièrement (lors du dépôt de plan triennal d’immobilisations), j’ai communiqué avec l’ingénieur de la Ville qui me confirme qu’aucun budget n’est prévu pour la mise à niveau du boulevard Casavant (section entre la rue Frontenac et le boulevard Laurier). Circuler sur ce tronçon s’apparente à une participation à un rodéo. Ça me rend malade de voir que la Ville va aller investir des millions pour répondre aux attentes de « quelques adeptes » d’aviation et qu’elle néglige un tronçon de route utilisé par des centaines d’automobilistes chaque jour.

Maintenant, lors des prochaines élections municipales, qu’adviendrait-il d’un changement de maire? La Ville serait-elle en mesure de se soustraire à cette entente? J’imagine que le « consortium » a prévu des pénalités pour contrer cette éventualité…

Oui, il y a eu transparence, mais à quel coût?

Jean Beaudry, Saint-Hyacinthe

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