7 avril 2022
Pour une histoire d’un soir : au-delà de la nostalgie
Par: Maxime Prévost Durand
En compagnie de Marie Carmen (absente de la photo), Joe Bocan et Marie-Denise Pelletier prennent grand plaisir à monter sur scène dans le cadre du spectacle Une histoire d’un soir, où elles revisitent leurs plus grands succès. Photo François Larivière | Le Courrier ©

En compagnie de Marie Carmen (absente de la photo), Joe Bocan et Marie-Denise Pelletier prennent grand plaisir à monter sur scène dans le cadre du spectacle Une histoire d’un soir, où elles revisitent leurs plus grands succès. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Cela aurait pu être un simple coup de nostalgie de réunir sur scène Marie Denise Pelletier, Joe Bocan et Marie Carmen, trois gloires des années 80 et 90. Mais c’est tout le contraire qui se produit. Avec le spectacle Pour une histoire d’un soir, qui s’arrêtera au Centre des arts Juliette-Lassonde les 16 et 17 avril, on retrouve trois femmes bien vivantes et, surtout, toujours aussi pertinentes.

Tout au long de leur carrière, les trois chanteuses ont été à l’avant-garde. Leurs chansons, comme elles, ont bien vieilli. Les thèmes abordés dans leurs grands succès portent souvent une réflexion sociale, que ce soit au sujet de l’environnement ou de la place de la femme, et sont plus d’actualité que jamais.

« Nos chansons ont une résonance encore plus grande aujourd’hui. C’est comme si on les avait écrites l’année dernière », souligne Marie Denise Pelletier dans une entrevue accordée au COURRIER. Elle cite notamment sa chanson « Inventer la terre » et les pièces « Repartir à zéro » et « Ces femmes voilées » de Joe Bocan.

« C’est sûr que les gens étaient interpellés à l’époque, mais là, on est dedans, on vit les difficultés de l’environnement, on voit la réalité des femmes voilées, poursuit la chanteuse à la chevelure de feu. Avec tout notre répertoire, il y a un sens, même aujourd’hui. C’est sûr qu’il y a de la nostalgie parce que les gens connaissent ces chansons par cœur et elles leur rappellent un moment précis ou une rencontre. C’est très évocateur au niveau émotif. Mais au-delà de ça, on est encore pertinentes en 2022. Même que je pense qu’on l’est plus que jamais. »

Joe Bocan, à qui l’on doit également « On parle des yeux », « Paradoxale » et « Apocalypso », abonde dans le même sens. « On est des femmes qui ont eu une carrière, mais qui sont très vivantes aujourd’hui et c’est le aujourd’hui que les gens viennent chercher. Oui, les chansons ont eu un passé, nous aussi, mais on est vraiment dans le moment présent quand on est sur scène », renchérit-elle.

Une complicité

La force de ce spectacle unique réside également dans la grande complicité qui s’est développée naturellement au sein du trio tout féminin.

« La chimie a opéré. Elle aurait pu ne pas s’opérer, ça aurait pu être différent, mais il y a quelque chose de vraiment le fun qui s’est tissé entre nous », affirme Joe Bocan, tout sourire.

Pourtant, les trois chanteuses se côtoyaient depuis le début de leur carrière respective, que ce soit sur des plateaux de télévision ou dans le cadre de différentes expériences professionnelles, sans jamais être amies pour autant. Ce projet de tournée leur a permis d’apprendre à se connaître encore mieux et les atomes crochus se sont rapidement fait sentir.

« La vie fait qu’il y a des gens qui se croisent à un certain moment dans leur existence. On aurait essayé de faire la même chose à 20 ans et ça ne se serait probablement pas passé. Il y a une question de synchronicité, je crois. On a des rendez-vous dans la vie et on avait rendez-vous toutes les trois », philosophe Marie Denise Pelletier en échangeant des regards complices avec Joe Bocan.

Avec cette tournée, elles montrent que, même si elles n’ont plus 20 ans, leur place est encore sur scène, tout comme Marie Carmen, interprète des classiques « L’aigle noir » et « Entre l’ombre et la lumière ».

« On est tellement souvent mises de côté les femmes quand on dépasse un certain âge et, là, on est mises en lumière. Je porte fièrement ce spectacle-là et les filles aussi », soutient Joe Bocan.

« On continue d’influencer d’une certaine manière, ajoute Marie Denise Pelletier. On le faisait à nos 20 ans d’une manière excentrique, mais aujourd’hui, peut-être parce qu’on a toujours été très intense dans l’instant présent, on continue où on est rendues avec nos 35-40 ans de métier. On n’est plus dans la volonté de prouver quoi que ce soit. Il y a une démarche tout à fait honnête et intègre. »

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