18 août 2022
carte blanche
Autobus
Par: Christian Vanasse
Christian Willie Vanasse

Christian Willie Vanasse


Entendez-vous ronronner les moteurs des autobus, au loin dans le pré de la campagne électorale? Roum-roum. Ils réchauffent déjà leurs moteurs, avec en prime un petit coup d’accélérateur quand le ministre des Finances a déposé son rapport préélectoral sur l’état des finances du Québec. Ah! Qu’y était beau! Le rapport, je tiens à le préciser.

Rapport probablement produit par un comptable à qui on demande : « Combien ça fait 2+2?» et qui répond : « Combien tu veux que ça fasse? »

Hey, pendant la pandémie, le déficit creusait notre tombe à grands coups de pelle, pis là, on nage dans les surplus. Tellement que, pour éviter de se noyer dedans, va falloir baisser les impôts. Hey, une belle nouvelle de même, juste avant les élections, c’est tout un adon.

Hey, avant y avait pu d’argent! Les finances publiques étaient à sec, pis les syndicats devaient être raisonnables. Y avait pu une cenne pour les profs, les employés de soutien, les garderies, la culture, la santé mentale. Y en avait surtout pas pour l’environnement. « C’est pas possible », disait le gouvernement. Y avait pu d’argent pour rénover nos écoles, ventiler les classes… ou même le transport scolaire! Y a pas juste une pénurie de profs, y a une pénurie de chauffeurs d’autobus aussi pis ceux qui restent veulent être payés correctement.

Mais c’pas grave parce qu’astheure, on a tellement d’argent qu’on peut baisser les impôts. En plus du chèque de 500 $ si on repasse Legault. C’est-ti pas beau?

Bon, c’est sûr, l’État va avoir moins d’argent, pis on sait toujours pas qui va conduire l’autobus de nos enfants, mais heureusement, dans quelques années, nos enfants pourront dire à leurs enfants : « Quand j’tais jeune, j’allais à l’école à pied, mais le gouvernement me payait des beaux souliers! »

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