2 Décembre 2021
carte blanche
Avoir l’otage facile
Par: Christian Vanasse

Même si vous n’êtes pas parents d’enfants qui fréquentent la garderie, vous savez qu’il y a une grève dans les services de la petite enfance. Peut-être parce que vous êtes parents de parents qui ont des enfants et que ceux-ci vont aboutir chez vous afin que ceux-là puissent aller travailler ou que vous êtes l’employeur de ces parents et/ou vous-même parent et/ou parent de parents… bref, à moins d’habiter dans une autre dimension, sous une roche qui serait elle-même dans un profond coma, vous savez que les CPE sont en grève et que ça touche pas mal tout le monde.

Ben, faudrait d’urgence en parler au gouvernement. Parce qu’à date, y a pas l’air de mesurer ce qui se passe dans la réalité. Par exemple, la présidente du Conseil du Trésor, Sonia Lebel, qui rate totalement la cible en parlant de parents « pris en otage » : comment peut-on sérieusement prétendre que des adultes soient la proie de ravisseurs de 4 et 5 ans qu’ils connaissent personnellement et qu’ils peuvent à tout moment envoyer réfléchir dans leur chambre?

Pis c’est leurs propres enfants! Que dire des éducatrices qui doivent quotidiennement s’occuper des enfants des autres, avec compétence, professionnalisme et avec le sourire. On n’exige même pas ça de nos policiers. Elles doivent faire toujours plus avec moins, sans reconnaissance de leur employeur et gagneraient plus d’argent en travaillant chez Starbucks ou au Pied de Cochon.

Avec nos enfants, les éducatrices construisent les bases de la société de demain. Elles méritent notre appui, notre soutien et qu’on les traite à leur juste valeur.

Si le gouvernement a les moyens de créer un ministère pour le retour des Nordiques, j’peux pas croire qu’il échoue à aider celles qui ont notre avenir entre leurs mains.

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