12 janvier 2023
Dans un bâtiment de Saint-Hyacinthe Technopole vacant depuis 5 ans
Cintech et Olymel développent un laboratoire de chimie
Par: Adaée Beaulieu
Le bâtiment du 3000, avenue José-Maria-Rosell qui accueillera un laboratoire d’Olymel en partenariat avec Cintech agroalimentaire. Photo gracieuseté

Le bâtiment du 3000, avenue José-Maria-Rosell qui accueillera un laboratoire d’Olymel en partenariat avec Cintech agroalimentaire. Photo gracieuseté

Éléphant blanc de Saint-Hyacinthe Technopole depuis 2017, un bâtiment de 38 000 pieds carrés à la fine pointe de la technologie situé au 3000, avenue José-Maria-Rosell et construit à l’origine pour Zénith Lab a finalement trouvé preneur.

Il est désormais loué avec option d’achat par Cintech agroalimentaire, affilié au Cégep de Saint-Hyacinthe, et Olymel qui y aménageront un laboratoire de chimie qui sera opérationnel à la fin janvier.

Rappelons que les travaux de construction de l’édifice de 8 M$ avaient débuté en 2014, puis avaient été suspendus en 2017 après la faillite de Zénith Lab. L’entreprise visait la fabrication générique de produits pharmaceutiques et de produits de santé naturels et le bâtiment avait été construit quasi sur mesure pour elle. Zénith Lab et Saint-Hyacinthe Technopole avaient été poursuivis par un promoteur immobilier lié à l’implantation de l’usine pour 10 M$, mais le dossier s’était finalement réglé à l’amiable.

La directrice générale de Saint-Hyacinthe Technopole, Karine Guilbault, a indiqué que le bâtiment a été loué à quelques reprises depuis, mais qu’aucun des occupants ne s’est rendu à l’étape de démarrer une production et donc que les travaux d’aménagement n’avaient jamais été complétés.

En ne tenant pas compte du coût de construction et en retirant les revenus de location, le bâtiment a engendré des dépenses nettes de 363 593 $ à Saint- Hyacinthe Technopole. Celles-ci ont été assumées par l’ensemble de l’opération immobilière de l’organisation et ne lui a pas occasionné de pertes nettes.

« Nous ne réalisons pas toujours des coups de circuit, mais Cintech en est un », a déclaré Mme Guilbault. En raison de cette annonce, les travaux d’aménagement du bâtiment reprendront. Mme Guilbault mentionne que, puisque le bâtiment est déjà existant, cela évitera des délais de deux ans habituellement prévus pour la construction d’un tel édifice.

Olymel sort la tête de l’eau

Pour ce qui est d’Olymel, miser sur la recherche et le développement lui permettra de reprendre des forces, selon le président-directeur général de Cintech agroalimentaire, Jean Lacroix. « Si ces gens-là ne se mettent pas en recherche et développement, l’industrie va péricliter et ils ne veulent pas ça. On a juste hâte que ce fleuron québécois reparte à la conquête des marchés », a lancé M. Lacroix en entrevue au COURRIER. « On souhaite contribuer à ramener Olymel dans une nouvelle génération 2.0 », a-t-il ajouté.

Rappelons qu’Olymel a annoncé en novembre dernier la fermeture de son usine de Saint-Hyacinthe pour février. Elle avait également supprimé 177 postes de cadres au Québec en octobre.

« Cette entente permet à Olymel de démontrer son leadership au sein de l’industrie agroalimentaire, particulièrement dans les volets de ses activités qui touchent la recherche et le développement et l’assurance qualité. Elle s’inspire d’une approche innovante dans le domaine de la recherche et du développement qui va générer une synergie profitable à nos deux organisations. Nous sommes heureux de rendre disponibles nos connaissances et notre expérience en chimie alimentaire tout en ayant accès à l’expertise et aux équipements de recherche de Cintech agroalimentaire. Cette démarche innovatrice est une première au Canada et nous souhaitons qu’elle débouche sur une nouvelle approche dans les domaines de la recherche précompétitive et de l’innovation. Cette entente permettra également à Olymel de jouir d’une plus grande autonomie dans l’analyse nutritionnelle des aliments que l’entreprise produit et sera bénéfique à long terme à l’ensemble de l’industrie agroalimentaire québécoise », a affirmé par voie de communiqué Sylvain Fournaise, vice-président sécurité alimentaire, services techniques et recherche et développement chez Olymel.

Le nombre d’employés qui travaillera au laboratoire n’est pas encore connu, mais, du côté de Cintech agroalimentaire, le nombre de travailleurs devrait bondir de 80 à 120.

Repenser l’agroalimentaire

Le président-directeur général de Cintech agroalimentaire a aussi indiqué que d’autres partenariats en recherche et développement avec des transformateurs seront annoncés prochainement. De plus, il croit qu’un seul bâtiment ne sera pas suffisant pour révolutionner l’industrie agroalimentaire. Il croit qu’éventuellement, d’autres pourraient être construits dans la cité de la biotechnologie, une zone dédiée à la recherche et au développement agroalimentaires.

« Si on est la bougie d’allumage qui fait que ça amène une plus grande complicité de l’ensemble des joueurs de la filière agroalimentaire, ça ne sera qu’heureux. On ne peut juste pas rester dans la posture qu’on était depuis les dernières décennies », a-t-il conclu.

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