25 novembre 2021
Courants, un centre d’artistes prend forme
Par: Maxime Prévost Durand

Afin de combler un manque dans la région, des artistes se sont regroupés en vue de lancer Courants, un nouveau centre d’artistes qui verra le jour à Saint-Hyacinthe.Photo François Larivière | Le Courrier ©

Un lieu où les artistes peuvent se regrouper, échanger, produire leurs œuvres et les diffuser, voilà ce que souhaite proposer à la région maskoutaine Courants, un nouveau centre d’artistes autogéré qui prend forme depuis cet été.
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À terme, Courants veut mettre à la disposition de ses membres des locaux de création individuelle et collective, tout en leur fournissant des ressources matérielles et techniques ainsi que l’expertise dont ils auront besoin pour les aider dans leur cheminement. Dans ce lieu, dont l’emplacement reste à voir, il sera aussi possible d’exposer et d’y tenir des événements littéraires, théâtraux et musicaux, notamment.

« En ce moment, il y a un centre d’artistes à Granby, mais qui ne fait pas tout, puis il y a Rocalo, à Longueuil, qui est vraiment spécifique à l’imprimerie. Sinon, il faut aller à Montréal. Il y a vraiment un manque à ce niveau dans la région [et la création de Courants] pourrait combler pas mal de besoins », estime Pascal Audet, un artiste visuel et praticien en art sonore qui est l’instigateur de ce nouveau centre d’artistes.

Dans le mandat qu’il se donne, Courants vise à rejoindre des créateurs de toutes les disciplines, autant en arts visuels et en sculpture, qu’en musique, en littérature et en théâtre, notamment.

« Ça va pouvoir aider les artistes en voie de professionnalisation qui ont besoin d’être reconnus par leurs pairs pour obtenir des subventions ensuite », souligne M. Audet en entrevue avec LE COURRIER.

Un noyau de neuf membres fondateurs, des artistes de la région maskoutaine provenant de divers horizons du milieu artistique, s’est formé pour lancer Courants. Celui-ci regroupe Hansé Galipeau Théberge, Félix Bouchard, Vincent Fournier-Boisvert, Patrice Lajoie, Marie-Claude Pion, Renaud Lamy-Beaupré, Marie-France Cournoyer et Courtney Clinton, en plus de Pascal Audet. Le nouveau centre d’artistes a d’ailleurs tenu sa toute première assemblée générale le 10 novembre afin de partager sa vision et ses ambitions aux artistes de la région.

« On avance petit à petit. On a nos lettres patentes depuis juin. Là, on est en phase de recrutement », poursuit M. Audet.

Déjà, Courants peut profiter de l’appui du Conseil de la culture de Saint-Hyacinthe et de Culture Montérégie, de même que de celui d’Expression, centre d’exposition de Saint-Hyacinthe.

« C’est un peu avec Marcel Blouin [le directeur général d’Expression] que l’idée a démarré », raconte M. Audet. Dans une volonté de redonner aux artistes un lieu de création et de rencontres, il avait été pensé de relancer Sublime, un centre qui avait été fondé par Marcel Blouin au début des années 2000 et qui avait été en activité pendant quelques années. Comme son mandat était plus axé vers les nouvelles technologies et le numérique, et qu’il était inactif depuis une bonne dizaine d’années, Pascal Audet a plutôt opté pour un départ à neuf avec « quelque chose de pluridisciplinaire pour rejoindre un plus grand nombre d’artistes ».

En plus de travailler à recruter des membres, Courants aura le défi de trouver un local pour y tenir ses activités. Il lorgne déjà le centre-ville de Saint-Hyacinthe pour s’y installer, un emplacement tout naturel lorsqu’il est question de culture.

« Avec le pôle culturel qui s’en vient, on aimerait être près de ça, mentionne M. Audet. En étant au centre-ville, ça créerait une proximité avec les autres espaces culturels comme Expression, le Centre des arts Juliette-Lassonde, le Zaricot et la nouvelle bibliothèque. »

Dans le meilleur des mondes, le centre d’artistes aimerait ouvrir les portes d’un local permanent à l’été 2022. Cela dépendra, entre autres, de la réponse qu’il obtiendra à sa demande de subvention faite au Fonds régions et ruralité. « Si on n’a pas ça, il faudra se revirer de bord pour trouver une solution à court terme », indique Pascal Audet.

« À Longueuil, on a vu des locaux qui ne servaient plus dans le métro, où les commerces étaient fermés, être prêtés pour des périodes de trois mois à des artistes. Ça serait une alternative intéressante en attendant d’avoir un local permanent, d’aller chercher des locaux vides au centre-ville et voir si les propriétaires acceptent », affirme-t-il.

Les artistes qui désirent avoir plus d’informations sur Courants ou devenir membres peuvent visiter le site web www.courants.org.

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