23 décembre 2021
Fin d’année et pandémie
De mal en pis
Par: Le Courrier

En ce temps de réjouissances, les récentes nouvelles ne le sont pas trop. C’est tout le contraire. De conférence de presse en conférence de presse, le gouvernement serre la vis un peu plus, imposant de nouvelles restrictions par dessous de nouvelles restrictions. Et rien ne dit qu’on a atteint le fond du baril.

Depuis quelques jours, le Québec bat ses propres records de cas positifs de COVID-19. Plus de 5000 cas ont été enregistrés mardi, puis plus de 6300 hier. Jamais nous n’avions flirté avec la barre des 6500 cas avant cela. Et la barre des 9000 cas quotidiens devrait être franchie aujourd’hui même, selon le premier ministre François Legault. Ce qui fait craindre le pire pour notre réseau de la santé, où le délestage a repris dans l’espoir d’éviter une catastrophe.

C’est dans ce contexte épidémiologique critique que les autorités ont annoncé une série de mesures digne des jours les plus sombres, dont une réduction de la limite de personnes pouvant se réunir dans les résidences. Ce sera limité à 10 convives vaccinés le 24 ou le 25 décembre, mais à 6 invités et moins le reste du temps et au jour de l’An. Lundi, Québec avait ordonné la fermeture des bars, des tavernes, des cinémas, des musées, des salles de spectacles pour une période indéterminée et restreint les heures d’ouverture et la capacité des restaurants.

Le télétravail est bien entendu obligatoire, là où c’est possible. Pour l’instant, le scénario catastrophe de la mise sur pause économique et du couvre-feu est écarté. Ce pourrait être l’ultime étape, mais personne n’a envie de revivre cela.

Québec a aussi ajusté le tir au niveau des écoles. C’est facile de jouer au gérant d’estrade, mais les mesures qu’il avait annoncées la semaine dernière n’avaient pas beaucoup de sens. Après avoir refusé de repousser le retour en classe au primaire, Québec s’est donc sagement ravisé. Pour l’instant, toutes les écoles primaires et secondaires resteront donc fermées jusqu’au 10 janvier. Pour les jeunes qui devaient reprendre le collier une semaine plus tôt, l’enseignement à distance sera de mise. C’est ce qui a été annoncé le 20 décembre. Ne vous surprenez pas si le scénario est modifié d’ici là.

Depuis quelques semaines, le gouvernement se défend d’improviser et d’envoyer des messages contradictoires. Il répond aux critiques qu’il réagit au contraire au quart de tour à la vue de l’évolution de la situation épidémiologique et des chiffres alarmants. On ne peut certes pas lui reprocher la vitesse à laquelle il ajuste son discours, mais certains commentaires et décisions paraissent très mal aujourd’hui. L’optimisme déplacé du premier ministre il y a quelques jours à peine sur les festivités à 20 et 25 dans le temps des fêtes d’abord. Puis, toute la gestion pandémique du dossier scolaire où le feu faisait rage ces derniers jours.

Parmi les assouplissements annoncés en novembre, la levée du port du masque obligatoire en classe à l’école secondaire n’était certes pas l’idée du siècle dans ces lieux mal ventilés et mal équipés pour prévenir et contrôler les éclosions. Cela a sans doute contribué à un certain relâchement, à tout le moins à envoyer aux jeunes et à leurs parents le message que la vie d’avant pouvait reprendre. Avec les résultats que l’on connaît. Pas moins de deux écoles secondaires de Saint- Hyacinthe ont dû se résoudre à fermer leurs portes et à retourner à l’enseignement à distance avant le congé des fêtes. Il y a une semaine à peine, on recensait pas moins de 163 cas confirmés dans nos écoles primaires et secondaires.

On a beau dire que les effets sont moins sévères chez les jeunes, mais c’est nettement préoccupant. Sans parler de l’effet boule de neige chez les autres élèves qui ont été invités à aller se faire tester.

En ce moment, les cliniques de dépistage sont prises d’assaut et ne suffisent pas à la demande. Des Maskoutains vont se faire tester à Boucherville, à Granby et à Drummondville, faute de disponibilités rapides à Saint-Hyacinthe. Hier midi, il n’y avait aucune disponibilité chez nous avant janvier 2022. C’est un enjeu majeur, crucial même. Il faut dépister et aussi vacciner à la vitesse grand V.

À quelques heures du réveillon de Noël, souhaitons-nous que le gros bon sens, la solidarité et le civisme l’emportent. Pour une autre année, nous vous invitons à célébrer avec modération, dans tous les sens du terme.

La prochaine conférence de presse pourrait faire encore plus mal. Et personne n’a besoin de ça.

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