24 novembre 2022
Cassandra Provost
De Roméo-Forbes à joueuse universitaire par excellence au pays
Par: Maxime Prévost Durand
À sa deuxième saison avec les Gee-Gees de l’Université d’Ottawa, Cassandra Provost a inscrit 18 buts en 11 matchs, un record d’équipe. Photo Greg Mason

À sa deuxième saison avec les Gee-Gees de l’Université d’Ottawa, Cassandra Provost a inscrit 18 buts en 11 matchs, un record d’équipe. Photo Greg Mason

Cassandra Provost avec le trophée Chantal Navert, remis à la meilleure joueuse universitaire au Canada. Photo tirée de Facebook

Cassandra Provost avec le trophée Chantal Navert, remis à la meilleure joueuse universitaire au Canada. Photo tirée de Facebook

Déjà lorsqu’elle évoluait au sein de la concentration soccer de ’école primaire Roméo-Forbes à Saint-Hyacinthe, Cassandra Provost était une joueuse d’exception, un talent rare. Près de dix ans plus tard, la voici qui vient d’être nommée joueuse universitaire par excellence au pays.

Porte-couleurs des Gee-Gees de l’Université d’Ottawa, la native d’Acton Vale a été la meilleure buteuse et la meilleure pointeuse de la ligue universitaire canadienne de soccer féminin. Avec ses 18 buts et 21 points en 11 matchs, Cassandra a même établi deux records d’équipe. Ses performances lui ont permis de repartir avec l’honneur le plus prestigieux lors du gala annuel de remise des prix nationaux de l’U SPORTS.

« Il n’y a pas de mots pour décrire ça. J’ai travaillé toute l’année pour ça, donc de recevoir ce prix, c’est juste vraiment le fun », confie-t-elle en entrevue au COURRIER.

Les honneurs individuels, Cassandra les cumule depuis des années. L’an dernier, au terme de sa première saison avec les Gee-Gees, elle avait d’ailleurs été nommée la recrue de l’année en soccer féminin au sein de l’OUA (Ontario University Athletics). En plus de faire sa marque dans le réseau universitaire, elle excelle aussi en Première Ligue de Soccer du Québec (PLSQ) avec l’AS Laval. Cet été, elle a trôné au sommet du classement des buteuses, ce qui lui a valu le Soulier d’or au Tapis rouge du soccer québécois qui a eu lieu la fin de semaine dernière au Centre de congrès de Saint-Hyacinthe.

« Un diamant brut »

C’est simple, partout où elle passe, Cassandra Provost laisse sa marque. Et cela ne date pas d’hier. Le fondateur de la concentration soccer de l’école Roméo-Forbes, Richard Labonté, peut en témoigner.

« Déjà en 5e et en 6e année, Cassandra était un diamant brut à l’offensive », se remémore-t-il à propos de son ancienne élève.

Même si elle habitait à Acton Vale, la jeune Cassandra avait terminé son primaire à Saint-Hyacinthe, à l’école Roméo-Forbes, par amour pour le soccer.

« J’étais très active quand j’étais jeune. Je n’étais pas capable d’être dans le régulier pour seulement faire mes cours et retourner chez moi ensuite. C’était une option qui me convenait mieux. Ça me permettait de bouger et de m’améliorer », mentionne-t-elle en replongeant dans ses souvenirs.

« Le soir de la rencontre d’information [pour la concentration soccer], je me souviens de son père qui était venu me voir bien modestement en me disant que sa fille, qui était alors en 4e année, aimait beaucoup le foot, se rappelle M. Labonté. Il m’avait raconté que, durant l’été, elle avait compté 44 buts dans la ligue où elle jouait. Mais il était venu tout doucement, sans flagornerie. Cassandra était une fille discrète et timide, mais avec un potentiel incroyable. »

En plus de faire partie de la concentration soccer, elle avait intégré l’équipe de futsal de l’école. « On avait fait la finale des six tournois auxquels on avait participé cette année-là, poursuit M. Labonté, aujourd’hui retraité. On avait ce missile-là comme attaquante. »

« Au niveau technique, le futsal m’a vraiment aidée, estime Cassandra. Je jouais avec des gars aussi, donc le jeu était plus rapide et ça me forçait à être plus rapide et à développer ma technique [pour rivaliser avec eux]. »

Au secondaire, elle s’est ensuite dirigée vers le sport-études de l’école secondaire Fadette. Elle a pu continuer de se développer comme joueuse en étant encadrée notamment par les entraîneurs Otmane Ibrir et Djamel Laarabi. « Ce sont deux entraîneurs pour lesquels j’ai toujours eu beaucoup de respect. Ils ont été des facteurs importants dans mon développement. Ils savaient quoi me faire pratiquer pour m’amener à m’améliorer. »

Son ascension vers les plus hauts niveaux s’est poursuivie avec les Cavaliers du Collège Champlain Saint-Lambert en division 1 collégiale. Dès sa première saison, elle a contribué à la conquête d’un championnat provincial de son équipe. Son talent indéniable lui a permis de recevoir des offres d’une dizaine d’universités canadiennes et américaines et elle s’est jointe aux Gee-Gees d’Ottawa en 2021. Et ce n’est certainement pas à la fin de son parcours universitaire que sa carrière prendra fin. Les aspirations sont grandes pour la suite.

« J’aimerais jouer pro quelque part en Europe ou aux États-Unis dans la ligue nord-américaine, affirme Cassandra. Ce sera de voir quelles options seront sur la table, mentionne la joueuse de 21 ans. J’ai déjà eu des offres, mais je pense que ce sera plus pour après l’université. Je veux terminer mes études en premier et ensuite me concentrer là-dessus. »

Une place avec l’équipe canadienne pourrait-elle suivre? À entendre Richard Labonté, il ne faudrait pas s’étonner si cela se produit. « Cassandra, c’est une Christine Sinclair », conclut-il. Rien de moins.

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