28 avril 2022
Des jeunes et des vieux, une pièce et un échange
Par: Maxime Prévost Durand
En plus d’être présentée au grand public dimanche après-midi, au Centre des arts Juliette-Lassonde, la pièce Les trois petits vieux qui ne voulaient pas mourir sera au cœur d’un projet intergénérationnel lundi dans le cadre d’une représentation scolaire. Photo gracieuseté

En plus d’être présentée au grand public dimanche après-midi, au Centre des arts Juliette-Lassonde, la pièce Les trois petits vieux qui ne voulaient pas mourir sera au cœur d’un projet intergénérationnel lundi dans le cadre d’une représentation scolaire. Photo gracieuseté

Un projet intergénérationnel sera réalisé par l’entremise du Centre des arts Juliette-Lassonde en marge de la présentation de la pièce Les trois petits vieux qui ne voulaient pas mourir, du Théâtre du Frèt. Le but : créer un échange entre les jeunes et les aînés.

En plus d’être offerte au grand public dimanche après-midi, la pièce sera proposée à des groupes scolaires lundi matin. Pour cette seconde représentation, des élèves de l’école primaire Roger-LaBrèque, d’Acton Vale, seront jumelés – en respect des règles sanitaires – à des aînés qui ont accepté de participer à ce projet.

« Notre but est de les faire correspondre entre eux et de les faire réfléchir, de les sensibiliser à la réalité de l’un et de l’autre [après avoir vu la pièce] », souligne Sandy Fortier, chargée de projet au Centre des arts, qui pilote ce projet.

La pièce en soi traite avec humour et délicatesse du deuil, de la vie et du fait de vieillir. On y suit Ernest, Stanislas et Désiré, trois vieux amis qui se réveillent un bon matin en trouvant une lettre dans laquelle il est inscrit qu’aujourd’hui sera leur dernier jour. « Votre vie est finie. Toutes les journées ont été utilisées. Il n’y a rien à faire », lit l’un d’eux à haute voix aux autres. Ils décident d’abord de faire comme si de rien n’était, s’inventant même de nouvelles vies et laissant libre cours à leur folie, mais le destin aura, malheureusement, tôt fait de les rattraper.

Pour les préparer avant d’assister à la représentation, les élèves de deux groupes de 6e année de l’école Roger-LaBrèque ont reçu la visite de l’une des comédiennes, Isabel Rancier, il y a quelques semaines. Cette semaine, c’était au tour des aînés de vivre le même exercice. Chacun était invité à remplir une fiche descriptive avec ses intérêts afin que des « matchs » soient créés entre les aînés et les enfants.

« Au spectacle, ce sera la première fois qu’ils vont se rencontrer, à distance en raison des mesures sanitaires, puis après le spectacle, ils vont pouvoir échanger sur ce qu’ils ont vécu », poursuit Mme Fortier.

Le projet se poursuivra dans les semaines suivantes alors que les élèves seront appelés à écrire une lettre à leur aîné, puis ces derniers leur renverront une réflexion enregistrée à haute voix, comme s’ils s’adressaient à leur propre personne plus jeune au sujet de la vie à venir. Un bricolage sera ensuite réalisé par les élèves, en lien avec la capsule audio qu’ils auront reçue, et sera remis à l’aîné.

« Ça fait longtemps qu’on pense à ce projet-là, mentionne la directrice de la programmation jeunesse du Centre des arts, Caroline Beaudreault. Les jeunes et les aînés, ce sont les deux groupes d’âge qui ont le plus écopé dans la pandémie et, par ce projet, on se donne une chance de pouvoir les réunir pour qu’ils puissent partager. »

Pour mener ce projet, le Centre des arts Juliette-Lassonde a reçu un soutien financier de 21 500 $ en janvier de la part du Conseil des arts et des lettres du Québec dans le cadre du Programme de partenariat territorial de la Montérégie-Est. Cette subvention permet aussi à une dizaine d’autres groupes scolaires de recevoir des ateliers avant d’assister à la pièce même s’ils ne vivront pas de jumelage.

« La pandémie a été un obstacle majeur dans ce projet, reconnaît Caroline Beaudreault. En janvier, quand on a eu les sous, le Centre des arts était fermé. On s’est demandé ce qu’on allait faire. Est-ce qu’on pouvait prévoir qu’en avril-mai, on allait pouvoir réaliser le projet comme on le voulait? On a commencé à penser à des plans B et le projet a évolué. On s’est dit : go, on le fait, coûte que coûte, mais il faut être prêts à toute éventualité. De prime abord, notre idéal aurait été que l’élève et la personne aînée soient assis côte à côte pendant le spectacle, mais avec les mesures sanitaires, on le joue différemment pour la sécurité de tous, surtout celle de nos aînés. »

En plus d’obtenir un soutien financier pour ce projet, le Centre des arts a pu compter sur la collaboration de l’organisme Les Amis du Crépuscule, spécialisé dans la gestion du deuil, qui a accepté de l’accompagner comme conseiller dans la réalisation des ateliers. Les résidences pour aînés Chartwell de Saint-Hyacinthe et la FADOQ, tout comme le Centre de services scolaire de Saint-Hyacinthe, permettent aussi la réalisation de ce projet grâce à la participation de leur clientèle.

La salle de spectacles maskoutaine espère que de tels échanges pourront aussi être vécus lors de la représentation grand public. « C’est le temps de sortir ton papi ou ta mamie », lance Caroline Beaudreault.

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