9 mai 2024 - 03:00
Lapierre et Latendresse aux commandes de l’expansion de la LNAH à Saint-Hyacinthe
Des proprios investis d’une mission
Par: Maxime Prévost Durand
Après des semaines de spéculations, Maxim Lapierre et Guillaume Latendresse ont confirmé qu’ils seront les propriétaires de l’équipe d’expansion de la LNAH à Saint-Hyacinthe... et que celle-ci ne s’appellera pas La Poche Bleue. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Après des semaines de spéculations, Maxim Lapierre et Guillaume Latendresse ont confirmé qu’ils seront les propriétaires de l’équipe d’expansion de la LNAH à Saint-Hyacinthe... et que celle-ci ne s’appellera pas La Poche Bleue. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Pour la première fois depuis qu’ils l’ont annoncé publiquement, Guillaume Latendresse et Maxim Lapierre ont mis les pieds au Stade L.-P.-Gaucher, lundi, en tant que propriétaires de l’équipe d’expansion de la Ligue nord-américaine de hockey (LNAH) qui s’installera à Saint-Hyacinthe la saison prochaine. Et LE COURRIER était là!

Commençons par ceci : l’équipe ne s’appellera pas La Poche Bleue de Saint-Hyacinthe. Les deux amis – et anciens joueurs des Canadiens de Montréal – ont déjà confirmé qu’ils avaient éliminé cette option.

« C’est un projet séparé [de la Poche Bleue], explique Maxim Lapierre. La Poche Bleue, c’est quelque chose qui a grossi rapidement, on a notre routine et notre façon de travailler là-bas. Mais ici, c’est vraiment un projet de Guillaume et moi. On veut s’amuser. Ça va être nos petits vendredis soir à Saint-Hyacinthe. J’ai déjà hâte! »

Depuis quelques semaines, l’implication de Lapierre et Latendresse avec cette nouvelle équipe de la LNAH était devenue l’un des secrets les moins bien gardés dans le monde du hockey au Québec. La rumeur s’était tellement répandue qu’ils ont décidé de mettre fin aux spéculations, le 1er mai, durant le balado de La Poche Bleue qu’ils animent.

« Ça commençait à jaser, tout le monde commençait à être au courant, donc on s’est dit qu’on allait l’annoncer comme il faut, mentionne Maxim Lapierre. On avait établi un plan pour l’annoncer plus proche du repêchage d’expansion, mais maintenant que c’est fait, on est contents que ce soit fait pour qu’on puisse commencer à travailler et que le monde commence à nous voir à l’aréna et comprenne ce qu’on vient faire ici. »

Depuis que la nouvelle a été confirmée, ils se réjouissent de l’enthousiasme dont les partisans ont fait preuve.

« C’est malade les messages qu’on reçoit sur les réseaux sociaux. Les gens nous demandent comment on va appeler l’équipe. Est-ce que ce sera le Laser? Le Cousin? Les Mousquetaires? Tout le monde a des idées de nom. On n’est pas encore rendus là, mais de voir l’engouement des gens, qui ont le goût de venir voir un match de hockey et de s’approprier cette nouvelle équipe-là qui s’en vient, pour nous, c’est vraiment excitant », lance Guillaume Latendresse.

Le repêchage d’expansion de la LNAH est prévu au début juin. Le personnel d’entraîneur devrait être embauché d’ici là, ont-ils laissé entendre. Entre-temps, ils devront aussi commencer à analyser le profil des joueurs qu’ils souhaiteront attirer à Saint-Hyacinthe.

« Ça va être une équipe à notre image, projette déjà Maxim Lapierre. On aime la passion et l’énergie, donc on s’attend à ce que ce soit une équipe rapide, passionnée avec des joueurs qui vont redonner à la communauté aussi. »

Latendresse et Lapierre ne font pas qu’associer leur nom à cette équipe. Ils sont déjà sur le terrain, impliqués pour s’assurer que tout soit prêt en vue de la prochaine saison. Ils ont d’ailleurs passé tout l’après-midi au Stade L.-P.-Gaucher lundi.

« Quand on a parti La Poche Bleue, les gens nous voyaient arriver aux réunions et nous disaient : voyons donc, c’est vous qui venez? C’est un peu ce qui fait notre force. On ne fait pas juste engager des gens en leur disant : amusez-vous. On regarde des matchs, on va aller rencontrer des partenaires. On veut créer quelque chose. La meilleure façon de vendre ce en quoi tu crois, c’est de le vendre soi-même », souligne Guillaume Latendresse.

Pour donner plus d’opportunités aux hockeyeurs

En devenant propriétaires de cette équipe d’expansion de la LNAH, les ex- hockeyeurs ont comme but de donner l’opportunité à plus de joueurs de continuer leur carrière dans une ligue de bon niveau, chez eux, au Québec.

« On a été chanceux à la fin de nos carrières parce qu’on a eu de belles opportunités en Europe, mais on a de la misère à comprendre quand des gars d’ici vont jouer en troisième ou en quatrième division en Allemagne par exemple. Tu te dis : pourquoi ne pas jouer à la maison à la place pour faciliter les choses avec la famille? Ça facilite aussi pour l’après-carrière », mentionne Maxim Lapierre.

Guillaume Latendresse, qui a été entraîneur pendant quelques années dans la ligue M18 AAA, voyait plusieurs joueurs qu’il a dirigés avec les Riverains du Collège Charles-Lemoyne s’envoler vers l’Europe et revenir en ne sachant plus trop où jouer, raconte-t-il.

« Avec notre implication, on veut donner plus d’espace pour que les gars continuent de jouer ici en amenant la ligue à sept ou huit équipes, dépendamment de Québec [qui pourrait aussi avoir une équipe d’expansion] », affirme l’ancien numéro 84 du CH.

Le calibre actuel de la LNAH a d’ailleurs convaincu les deux amis de s’impliquer avec l’équipe d’expansion de Saint-Hyacinthe.

« On n’était pas certains [de s’impliquer] au début, on ne connaissait pas tant la ligue, mais on s’est informés, on a regardé des matchs en masse et on a réalisé que c’était un très beau calibre de jeu. Il faut continuer d’exploiter cette ligue-là pour donner d’autres opportunités aux joueurs québécois et leur montrer que quand c’est fini avec les Canadiens de Montréal ou la Ligue nationale de hockey, leur carrière n’est pas finie pour autant », ajoute Lapierre.

Le fait que cette équipe élise domicile à Saint-Hyacinthe a aussi pesé dans la balance, mentionnent ceux qui ont développé un lien d’affaires avec la microbrasserie maskoutaine Le Bilboquet dans les dernières années.

« Quand on nous a approchés, on regardait pour deux ou trois villes, mais c’est certain que Saint-Hyacinthe, avec le folklore de l’amphithéâtre et l’engouement qu’il y a eu pour cette équipe-là [par le passé], c’était l’endroit idéal pour ramener une équipe. On est au centre de tout aussi avec l’autoroute 20 », affirme Guillaume Latendresse, qui réside dans la région depuis un moment.

« C’est une ville de hockey aussi, on ne peut pas se le cacher », ajoute son partenaire d’affaires.

Pour l’anecdote, le premier match de hockey pour lequel Maxim Lapierre a payé un billet, c’était justement au Stade L.-P.-Gaucher qu’il avait lieu, à l’époque où le Laser de Saint-Hyacinthe évoluait dans la LHJMQ. Il se rappelle même avoir gagné le concours qui permettait à un spectateur d’aller faire un tir sur la glace pour tenter de gagner un prix.

Les propriétaires de la future équipe maskoutaine souhaitent par ailleurs s’inspirer du modèle des Golden Knights de Las Vegas afin d’implanter une culture qui va au-delà du simple match de hockey.

« Vegas a changé un peu les affaires quand l’équipe est arrivée dans la ligue. Ce n’était plus juste un match de hockey, c’était rendu un événement et c’est un peu ce qu’on veut apporter », conclut Maxim Lapierre.

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