10 février 2022
D’une vague à l’autre
Deux éclosions « complètement différentes » à la Villa St-Joseph
Par: Maxime Prévost Durand
L’éclosion de COVID-19 que vient de traverser la résidence Villa St-Joseph, une deuxième depuis le début de la pandémie, a été moins pénible que la première pour les résidents touchés alors que la majorité n’ont eu aucun symptôme. La vaccination et la virulence moins grande du variant Omicron pourraient expliquer ce dénouement heureux, malgré la grande contagiosité observée. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

L’éclosion de COVID-19 que vient de traverser la résidence Villa St-Joseph, une deuxième depuis le début de la pandémie, a été moins pénible que la première pour les résidents touchés alors que la majorité n’ont eu aucun symptôme. La vaccination et la virulence moins grande du variant Omicron pourraient expliquer ce dénouement heureux, malgré la grande contagiosité observée. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

La Villa St-Joseph est l’une des rares résidences privées pour aînés de Saint-Hyacinthe à avoir fait face à deux éclosions majeures de COVID-19 depuis le début de la pandémie. D’une vague à l’autre, les défis n’ont pas été les mêmes. Incursion.

« C’est complètement différent de la première [éclosion], dans un bon sens », lance d’entrée de jeu Guillaume Dumas, propriétaire de la Villa St-Joseph, en entrevue avec LE COURRIER.

Même si on dénombrait 56 résidents ayant été atteints de la COVID-19 dans les dernières semaines, aucun n’est décédé. Lors de la première éclosion, à l’automne 2020, 71 résidents avaient été infectés et sept décès avaient été déplorés.

« La majorité de nos résidents qui ont été infectés cette fois n’ont présenté aucun symptôme. Même pas d’écoulement nasal ou de toux. Seulement une minorité a eu des symptômes et des cas rares ont été transférés à l’hôpital », indique M. Dumas.

Le fait que les résidents soient tous vaccinés – ou presque – et qu’Omicron soit moins virulent fait notamment en sorte que la RPA a pu mieux s’en tirer, estime-t-il. Fort heureusement puisque la contagiosité, elle, a été plus grande avec Omicron que lors de la première éclosion.

« On a beau isoler les gens et bien faire les choses, il demeure qu’on vit en communauté et ça fait que la transmission est fulgurante [avec ce variant]. C’est vraiment comme un feu de paille. Il suffit d’un court contact avec quelqu’un de contagieux et ça en est fait », note-t-il, alors que la contamination avait été plus progressive lors de la première éclosion.

Ayant déjà vécu une situation semblable par le passé, la résidence a pu déployer rapidement les protocoles qui existaient déjà.

Comme à l’automne 2020, une zone chaude a donc été aménagée dans l’unité de prothétique afin de permettre à tous les résidents de pouvoir circuler de façon sécuritaire, autant ceux qui étaient atteints de la COVID-19 que ceux qui ne l’étaient pas. En fonctionnant ainsi, la Villa St-Joseph vise à réduire les risques de déconditionnement des aînés qui peut être lié à l’isolement.

Si l’approvisionnement en équipements de protection avait été plus difficile lors de la première éclosion, comme partout dans le milieu de la santé à ce moment, une telle problématique n’a pas été soulevée cette fois.

Ce qui a changé la donne, c’est que plusieurs employés ont aussi été positifs à la COVID-19 dans cette seconde éclosion, un enjeu qui n’était pas ressorti aussi fortement à l’automne 2020. « On a eu les ressources pour passer au travers, même avec le retrait d’employés », assure toutefois Guillaume Dumas, spécifiant qu’il n’y a eu aucun bris dans les soins cliniques. Le défi a plutôt été de maintenir le même niveau de services durant cette période plus difficile.

Lorsqu’on lui demande s’il pensait devoir traverser une seconde éclosion après en avoir vécu une première en début de pandémie, le propriétaire de la Villa St-Joseph est catégorique. « Non, jamais de la vie », s’exclame-t-il au bout du fil.

« D’avoir des cas sporadiques, ça se peut, mais d’avoir une éclosion qui touche autant de gens encore, on ne pensait jamais que ça arriverait à nouveau. C’est surtout sur le moral que celle-là a fait mal. Les gens sont épuisés et tannés. »

La bonne nouvelle est que cette seconde éclosion majeure n’a pas eu de conséquences graves. « Oui, ça nous a frappés fort, mais on l’a gérée avec plus d’agilité. On n’a eu aucun décès ni de complications graves. La réalité est qu’après 10 jours, les résidents s’en sortent sans séquelles », se réjouit le propriétaire de la Villa St-Joseph.

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