12 mai 2016
Honda Ridgeline 2017
Double personnalité
Par: Marc Bouchard

Photos Marc Bouchard

Photos Marc Bouchard

C’est un camion! Non, c’est un VUS! En fait, non, c’est un Honda Ridgeline 2017, la nouvelle camionnette du constructeur japonais qui présente à la fois les caractéristiques d’une camionnette et celle d’un utilitaire sport.

Publicité
Activer le son

On se souviendra que, il y a encore quelques années (le Ridgeline a disparu de la circulation durant trois ans), le Honda Ridgeline avait un look bien à lui. La portion latérale s’étirait d’avant en arrière, ne formant qu’une seule pièce, ce qui lui permettait bien d’avoir une boite de chargement, mais aussi un look loin d’être conventionnel.

Pour 2017, Honda est redevenu un peu plus conservateur. La silhouette du nouveau Ridgeline est plus proche de celle d’une camionnette traditionnelle, avec son habitacle et sa boite totalement séparée. Attention, ce n’est pas que question de style, mais aussi stratégique. Pour réaliser le long panneau de métal pleine longueur, il fallait déployer des trésors d’ingénierie. En divisant la voiture en deux morceaux, il devient plus facile de faire les morceaux et plus facile de les remplacer en cas de bris!

Outre sa silhouette latérale plus traditionnelle, le Honda Ridgeline s’affiche de face avec une allure de véhicule utilitaire sport. De loin, on croirait voir un immense CR-V, ou un ­Honda Pilot de nouvelle génération. En le regardant attentivement cependant, on constate aisément le lien de parenté, mais on retrouve aussi les nuances. Rien à dire, le Honda Ridgeline a un style qui lui est propre et il l’assume avec grâce.

Un outil de travail

Les mauvaises langues (dont j’ai parfois fait partie, je dois l’avouer) ont souvent mis en doute les capacités de travail du Honda Ridgeline. La nouvelle génération fera taire la plupart des détracteurs, à la recherche d’une petite camionnette. Car non, le Ridgeline n’est pas outillé pour faire un pied de nez aux camionnettes grand format, mais il s’est montré plus ­capable que je ne l’aurais cru.

Ainsi, avec sa boite longue de 5 pieds et 4 pouces (qui s’allonge évidemment si on abaisse le hayon), le Honda Ridgeline peut accueillir jusqu’à 1 500 livres. Mieux encore, la forme même de la boite permet d’installer à plat une feuille de contreplaqué de 4 pieds sur 8.

Il faut le dire aussi, c’est dans sa boite de chargement que le Honda Ridgeline fait preuve d’ingéniosité. Le hayon, qui peut s’abaisser comme le font tous les hayons de camionnette, peut aussi s’ouvrir latéralement, offrant un bien meilleur accès à l’espace de chargement direct. Il s’agit donc, à ma connaissance, du seul hayon à ouverture dans les deux sens du marché.

Au fond de cette boite se retrouve aussi un coffre, hermétique et verrouillable, ­capable d’accueillir plus de 200 litres de matériel. Concrètement, c’est quasi l’équivalent de votre coffre de petite voiture compacte, capable de recevoir les valises de la famille ou les rafraichissements et la glace puisque le coffre dispose aussi d’un bouchon pour évacuer l’eau.

Le recouvrement même de la boite est ultrarésistant et recouvert d’un polymère développé par Honda, non seulement ­capable de résister aux rayures, mais aussi aux rayons du soleil sans se décolorer. Enfin, dernier détail, dans les versions haut de gamme, on a même ­installé de la musique dans la boue. En fait, c’est un ­dispositif électronique qui, dissimulé dans les parois, permet de transmettre toute la musique voulue, tirée soit du système de son soit de votre dispositif Bluetooth, directement à l’extérieur du camion. Un vrai compagnon de « tailgate ».

Un habitacle accueillant

Évidemment, on ne peut parler du Honda Ridgeline sans parler aussi du confort de son habitacle. Calqué sur celui du Honda Pilot (même si Honda nous dit qu’au total 80 % des composantes du Ridgeline sont différentes), il est spacieux, confortable et bien aménagé.

Il est surtout capable d’accueillir ses passagers avec aisance, et, en relevant la banquette arrière, de loger encore plus de matériaux, le cas échéant.

Écran tactile imposant, commandes faciles à maitriser, le Ridgeline se fond littéralement dans la famille Honda quand on s’assoit à l’intérieur.

Quant à la conduite, elle est sans ­surprise, plus proche d’un utilitaire que de celle d’un camion. À l’exception du ­moment du remorquage, alors que nous ressentons un peu le sautillement des suspensions avec une remorque de 4 000 livres, le Honda Ridgeline fait ­oublier sa personnalité de camionnette. Après plusieurs kilomètres sur les routes texanes, j’ai d’ailleurs dû faire un effort pour me souvenir de sa forme.

Sous le capot, un moteur V6 de 280 chevaux et de 262 livres-pied de couple, bien suffisant pour l’usage courant, jumelé à un rouage intégral intelligent et à une boite automatique 6 vitesses bien étagées.

Différent? Certainement, le Honda Ridgeline 2017 n’est pas comme les autres. Mais il promet certainement beaucoup, pourvu que vous aimiez son dédoublement de personnalité.

image