14 juillet 2022
Écrire cette histoire qu’on a toujours voulu lire
Par: Maxime Prévost Durand
Rédactrice de métier, la Maskoutaine Cécile Graillet a dévoilé récemment son tout premier roman intitulé Le déclic d’Émilie. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Rédactrice de métier, la Maskoutaine Cécile Graillet a dévoilé récemment son tout premier roman intitulé Le déclic d’Émilie. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Pendant des années, Cécile Graillet a cherché dans les librairies des romans pour adultes qui abordaient la diversité, des histoires d’amour un peu différentes qui correspondaient à sa réalité. En vain. La Maskoutaine d’origine belge a donc décidé de plonger dans l’écriture de son premier livre, concrétisant du même coup un rêve qu’elle caressait depuis longtemps, afin de partager cette histoire qu’elle n’arrivait pas à trouver. Ainsi est né <i>Le déclic d’Émilie</i>.

L’histoire est celle d’Émilie, une photographe dans la trentaine, en couple depuis un moment avec son conjoint et heureuse dans sa vie malgré une relation conflictuelle qu’elle entretient avec sa mère. La rencontre d’une musicienne lors d’un contrat viendra toutefois bouleverser sa vie de différentes façons, éveillant en elle des désirs – et plus encore – qui lui étaient jusque-là insoupçonnés.

Bien qu’une trame LGBT teinte cette fiction, alors qu’on assiste à l’amour naissant entre deux femmes, Cécile Graillet voulait surtout aborder la diversité de manière à la rendre universelle.

« Je voulais simplement qu’une personne prenne le roman et qu’elle y trouve une histoire qui puisse lui correspondre. Je voulais presque banaliser ça dans un sens », souligne-t-elle en entrevue avec LE COURRIER.

L’histoire évoque certes les questionnements, mais aussi l’affirmation de soi et l’amour dans sa plus simple expression. L’autrice voulait du même coup mettre de l’avant la réalité du quotidien.

« Ça rejoint tout ce qu’un couple peut vivre. Parfois, on arrête les histoires là, une fois que le couple se forme. “Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants”. Mais je trouve au contraire que c’est là que ça devient intéressant. »

L’appel de la littérature

Issue du monde des communications, Cécile Graillet est habituée à manier les mots en tant que rédactrice. Depuis l’enfance, c’est toutefois le monde de la littérature qui l’appelle. Avec ce premier roman, elle peut enfin laisser libre cours à sa plume, teintée d’humour et de poésie.

Le processus a toutefois été long. Les premières bribes du manuscrit ont été rédigées en 2007, raconte celle qui est installée à Saint-Hyacinthe depuis plus de 10 ans. « Je l’avais rangé dans un tiroir et, entre temps, j’ai eu plein d’autres idées de livres, mais je sentais qu’il fallait que ce livre sorte, sans quoi les autres ne suivraient pas. »

Après avoir finalement terminé l ’écriture, à la fin de 2019, elle a approché quelques maisons d’édition pour voir leur intérêt. C’est finalement en autoédition qu’elle a choisi de le publier, en juin.

« Les réponses que j’ai eues des maisons d’édition, c’était des non, mais ce n’était pas des réponses négatives. On me disait que c’était bien écrit, que la thématique était intéressante, mais que ce n’était pas ce qu’ils recherchaient à ce moment. »

Ironiquement, Cécile Graillet cherchait une histoire de ce type depuis des années, comme plusieurs autres lecteurs issus de la diversité sans doute. Les réponses des maisons d’édition lui ont fait comprendre pourquoi elle ne les trouvait pas dans les librairies.

« Ce n’est pas parce qu’on est rendu en 2022 qu’il y a plus d’histoires comme celle-là en rayon. Je pense que c’est le bon moment pour que le livre sorte. »

Après avoir été lancé lors d’une soirée au Centre culturel Humania Assurance à la mi-juin, Le déclic d’Émilie est maintenant disponible dans sa version papier en exclusivité à la librairie L’Intrigue, au centre-ville de Saint-Hyacinthe, et sur la boutique en ligne de BouquinBec, où une version numérique est également proposée.

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