30 Décembre 2021
Haltérophilie
Emma Friesen, de l’Alberta à La Machine Rouge
Par: Maxime Prévost Durand
L’Albertaine Emma Friesen, l’un des plus beaux espoirs en haltérophilie au pays, s’est installée à Saint-Hyacinthe l’été dernier dans le seul but de joindre le club La Machine Rouge et de pouvoir s’y entraîner à temps plein sous la supervision de Yvan Darsigny. Photo François Larivière | Le Courrier ©

L’Albertaine Emma Friesen, l’un des plus beaux espoirs en haltérophilie au pays, s’est installée à Saint-Hyacinthe l’été dernier dans le seul but de joindre le club La Machine Rouge et de pouvoir s’y entraîner à temps plein sous la supervision de Yvan Darsigny. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Depuis cet été, il n’est pas rare d’entendre parler en anglais au club d’haltérophilie La Machine Rouge. L’un des plus beaux espoirs au Canada, Emma Friesen, a quitté son Alberta natal à la fin août pour se joindre au réputé club maskoutain afin de poursuivre sa progression sous la tutelle de l’entraîneur Yvan Darsigny.

« C’est une des meilleures athlètes junior au pays, avec Charlotte [Simoneau] », nous disait le vétéran entraîneur, il y a quelques mois, en nous présentant sa nouvelle protégée.

Au cours de la dernière année, l’athlète de 19 ans a d’ailleurs pu le démontrer en participant à ses premières compétitions internationales. Elle a été médaillée d’argent au championnat panaméricain junior et elle a remporté la médaille de bronze au Championnat du monde junior. Elle est aussi la détentrice des records canadiens junior dans sa catégorie, chez les plus de 87 kg.

Se joindre à La Machine Rouge ne faisait pourtant pas partie de la trajectoire prévue pour l’haltérophile. Cet été, son entraîneur en Alberta lui a toutefois signifié qu’il ne pouvait plus continuer de l’entraîner pour l’aider à atteindre ses objectifs. C’est à ce moment qu’elle s’est tournée vers Yvan Darsigny, un entraîneur qu’elle n’avait pourtant rencontré que deux fois.

« Elle était venue faire un stage ici [dans nos locaux] l’an dernier, puis je l’avais coachée au Championnat du monde junior au printemps », relatait Yvan Darsigny cet automne. Il faut dire que ce dernier connaît aussi fort bien la mère d’Emma, Deanne Friesen, qui est secrétaire-trésorière à la fédération canadienne d’haltérophilie.

À peine quelques semaines plus tard, la native d’Edmonton débarquait à Saint-Hyacinthe et s’y installait officiellement, à plus de 3600 km de la maison.

« C’était un peu épeurant au début parce que je ne m’étais pas préparée du tout à ça, confie Emma en entrevue au COURRIER. J’aurais aimé avoir terminé l’université au préalable. Je continue donc mes études en ligne avec l’Université de l’Alberta. »

Bien qu’elle laissait derrière elle ses proches, l’haltérophile a été rassurée en trouvant une véritable famille adoptive en La Machine Rouge. Le club s’est assuré qu’elle s’intègre bien. Elle dit d’ailleurs adorer l’ambiance qu’elle y retrouve en compagnie des autres athlètes.

La langue ne s’est pas avérée être une barrière puisque plusieurs parlent bien anglais et se plaisent à lui apprendre des mots de français. « Mon français s’améliore au niveau de la compréhension, mais pour parler, c’est un peu plus difficile », avoue-t-elle en riant.

De grandes ambitions

Emma Friesen a commencé l’haltérophilie il y a à peine trois ans. Les résultats qu’elle a déjà enregistrés en si peu de temps témoignent bien du grand talent dont elle est dotée. Cela lui permet d’avoir de grandes ambitions, avec en tête de liste les Jeux olympiques dans sa mire, même si les standards sont « très élevés » sur la scène mondiale dans sa catégorie de poids.

La Machine Rouge pourrait s’avérer un tournant dans sa jeune carrière pour l’aider à atteindre ces objectifs. Parce que bien qu’elle possède une force physique naturelle, certains éléments techniques ne sont pas au point dans son exécution, reconnaît-elle.

« J’ai vraiment progressé depuis que je suis arrivée ici, soutient l’athlète. Le jeté [mouvement de lever la barre au-dessus de sa tête après l’épaulé] a toujours été ma faiblesse techniquement et je me suis vraiment améliorée. En Alberta, on disait toujours qu’on voulait “jeter” comme les francophones. La motivation, c’était de battre les Québécois. Ils ont la meilleure technique. On regardait les Darsigny, Matt, Shad et Tali, et ils ne ratent jamais leur jeté. Donc en arrivant ici, je savais que je voulais travailler sur ça avec Yvan. »

La différence d’une meilleure technique, elle l’a vu immédiatement dans ses résultats. « En mai, j’avais fait un total de 215 kg au Championnat du monde junior, puis je viens de faire un total de 229 kg au championnat québécois, souligne-t-elle. C’est une progression de presque 15 kg en quelques mois. C’est énorme. La technique, c’est ce qui me permet d’enregistrer de nouveaux records personnels. Tant que ma technique va continuer de s’améliorer, je vais continuer de battre mes meilleures barres. »

Au cours de la prochaine année, elle a comme objectif de participer à nouveau au Championnat du monde junior et d’être sélectionnée au sein de la délégation canadienne qui sera envoyée aux Jeux du Commonwealth.

« Je prévois aussi de suivre un cours de français l’été prochain, lorsque j’aurai fini l’université », lance-t-elle en souriant. Un signe qui démontre à quel point elle se plaît à Saint-Hyacinthe et avec La Machine Rouge malgré les bouleversements reliés au déracinement.

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