« Est-ce que ça veut dire qu’on n’aura pas d’investissements? Absolument pas. On va travailler pour aller chercher le plus d’investissements possible, à la hauteur de ce qu’on est capables de faire. Certains projets ne se réaliseront pas, mais je suis certaine que d’autres projets vont pouvoir se réaliser. L’entièreté des projets, ce n’est pas réaliste », souligne la directrice générale de Saint-Hyacinthe Technopole, Karine Guilbault.
La désignation d’une zone d’innovation aurait permis de sécuriser un financement d’opération pour embaucher une équipe dédiée au volet innovation. Cette équipe aurait eu le mandat d’animer des tables de concertation et des comités tout en stimulant les entreprises à faire de la recherche collaborative. Aussi, les entreprises auraient eu accès à des programmes de subvention spécifiques et à des leviers financiers dédiés aux zones d’innovation.
Selon Saint-Hyacinthe Technopole, les investissements rattachés à une zone d’innovation à Saint-Hyacinthe étaient estimés à près de 1,5 milliard de dollars, déclinés sur une période de cinq ans. Le plan d’affaires, déposé en 2021 auprès du gouvernement du Québec, prévoit l’implantation de différentes infrastructures technologiques, comme des espaces collaboratifs, des centres de recherche et développement ainsi que des unités d’incubation complexe d’expérimentation.
Pour Mme Guilbault, il est difficile d’expliquer en quoi la désignation d’une zone d’innovation aurait changé la donne dans la région sans dévoiler les détails du plan d’affaires. En plus d’avoir obtenu la consigne du ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie de rester discret, Saint-Hyacinthe Technopole est lié par des ententes de confidentialité. « On est déjà une zone d’innovation. On a déjà l’écosystème. Avec les sommes supplémentaires, on aurait pu aller plus loin, plus vite », ajoute-t-elle.
Saint-Hyacinthe accueillera d’ailleurs la conférence annuelle de la division nord-américaine de l’International Association of Science Parks and Areas of Innovation du 28 au 30 mai au Centre de congrès.
Une lettre, signée par le préfet de la MRC des Maskoutains, Simon Giard, le maire de Saint-Hyacinthe, André Beauregard, le président de Saint-Hyacinthe Technopole, Patrick Malo, et le président du conseil des partenaires, Sylvain Fournaise, a d’ailleurs été envoyée à la ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, Christine Fréchette, dans laquelle ils sollicitent une rencontre.
Au moment de mettre sous presse, le bureau de la ministre Fréchette n’avait pas répondu à nos questions.
La députée de Saint-Hyacinthe, Chantal Soucy, rappelle que l’objectif est de mettre en marche le projet de centre d’innovation dès que possible avec l’accompagnement du ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie et de rallier tous les partenaires du projet autour de cet objectif. Ce projet constitue au bas mot un investissement d’au moins 40 M$. Au départ, Saint-Hyacinthe Technopole avait identifié trois axes d’innovation, soit salubrité et sécurité sanitaires des aliments, durabilité alimentaire et offre alimentaire. Mais pour réaliser le centre d’innovation, l’organisme et les partenaires devront en prioriser un seul.