12 mai 2016
Exclusif, mon oeil
Par: Martin Bourassa

Exclusif, mon oeil

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Au cours des derniers jours, le Journal de Montréal a fait ses choux gras avec une ­enquête journalistique exclusive au sujet du projet de centre de congrès municipal de Saint-Hyacinthe. Allo l’enquête exclusive.

Les lecteurs assidus du COURRIER auront vite saisi que ce travail du bureau d’enquête (?) du quotidien montréalais n’est que du réchauffé. Au mieux, un bon résumé de tout ce qui s’est écrit dans Le Courrier de Saint-Hyacinthe depuis au moins six mois, voire même davantage : la Ville qui opte pour Beauward alors qu’une étude recommande le terrain de Robin, le projet sous-estimé qui passe de 20 à 25 M$, les démarches du maire et ancien candidat libéral pour obtenir une subvention des ­libéraux au pouvoir, le bail de 40 ans au terme duquel le centre de congrès reviendra à Beauward, etc. Absolument tous ces éléments ont fait l’objet de reportages dans les pages du COURRIER ces derniers mois. Les Maskoutains savaient tout cela et ils n’ont pas cru bon, utile ou nécessaire de bloquer le projet à l’étape de la tenue du ­registre pour le règlement d’emprunt de 23,6 M$. C’est bien pour dire. Même que le maire Corbeil s’est étonné de voir cette vieille nouvelle faire la manchette du jour.

Tant qu’à remettre les pendules à l’heure, nous allons faire oeuvre utile et donner quelques tuyaux au Journal de Montréal, question d’alimenter son bureau d’enquête pour une éventuelle suite qui viendra peut-être dans six mois. D’abord, sachez que dans les faits, le centre de congrès ne coûtera pas 25 M$, mais autour de 31 M$. Contrairement à ce qui avait été prévu, la Ville de Saint-Hyacinthe se chargera elle-même de la construction du stationnement intérieur sous le centre de congrès. Mais Beauward lui remboursera cette facture estimée à 6 M$, ce qui ne ­forcera pas la Ville à revoir son règlement d’emprunt. Alors s’il y a une constance qui ressort de ce projet depuis le jour 1, c’est qu’il y a peu de choses qui se déroule comme la Ville le prévoyait. Pensons à l’échéancier, au terrain que l’on voulait acheter et qu’on va louer, l’appel d’offres que l’on voulait commun pour l’hôtel et le centre de congrès, alors que la Ville fera finalement son chantier de son côté et Beauward son hôtel, du sien.

Il est d’ailleurs inexact de laisser sous-­entendre que depuis un an les députés ­locaux tentent de convaincre les gouvernements provincial et fédéral d’injecter huit millions de dollars en subventions pour le Centre des congrès. Dans les faits, le maire pousse lui-même le dossier auprès des gouvernements supérieurs, une stratégie risquée qui alimente justement la théorie d’un grand complot entre petits amis libéraux.

Et pour répondre à la question du Journal de Montréal lundi matin : « Le gouvernement financera-t-il un projet lié à l’ex-­argentier Marc Bibeau? » La réponse est peut-être pas, même si nous en méritons une autant que Drummondville ou Sherbrooke.

On le répète : Beauward est le meilleur ­partenaire que la Ville pouvait avoir pour faire lever rapidement un beau projet, mais ce n’est plus l’associé idéal pour obtenir une subvention provinciale en 2016. Mais n’en doutons pas, la décision de choisir Beauward a toujours été dictée par des motivations économiques et non politiques.

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