29 Décembre 2022
Farfadet : le futur, c’est maintenant
Par: Le Courrier
Pour la première fois en cinq ans, Farfadet dévoile de nouvelles chansons en solo avec son mini-album intitulé Dans le futur. Photo gracieuseté

Pour la première fois en cinq ans, Farfadet dévoile de nouvelles chansons en solo avec son mini-album intitulé Dans le futur. Photo gracieuseté

L’année 2022 a été faste pour Farfadet. En plus de marquer ses 20 ans dans l’industrie musicale, elle lui a apporté sa première nomination à l’ADISQ en tant que réalisateur pour son travail avec Souldia, dont l’album <i>Dixque d’art</i> a reçu le Félix du meilleur album rap. Pour clore l’année en beauté, le rappeur maskoutain a salué son retour à l’avant-scène le 23 décembre en lançant un mini-album intitulé <i>Dans le futur</i>.

Sept chansons apparaissent sur ce EP, dont la méga collaboration « Bulletproof » qui regroupe Rymz, Souldia, Brasco et Zagata. Un clip filmé à l’intérieur du Stade olympique – rien de moins – a accompagné la sortie de cette chanson. Trois autres morceaux avaient déjà été dévoilés depuis l’été pour mettre la table à ce EP, soit « Funambule » avec Souldia, « Ça y est » et la nostalgique « J’voulais rapper » dans laquelle Farfadet se replonge dans la peau de l’adolescent qui rêvait de faire carrière dans ce milieu. Ce sentiment d’accomplissement teinte d’ailleurs en grande partie le mini-album.

« Dans les dernières années, j’avais l’impression d’être dans le futur, [c’est-à-dire] d’être à l’endroit où, quand j’étais jeune, je me disais que je voudrais être », raconte Farfadet en évoquant le titre de sa nouvelle offrande.

« C’est un feeling de réussite que je voulais apporter tout au long de ce projet-là, sans flex ou être au-dessus de mes affaires, poursuit-il. Il y a 10 ans, je ne me serais pas attendu à vivre tout ce que je vis aujourd’hui. C’est juste de la gratitude. J’ai tellement travaillé fort pour me rendre là, avec un parcours rempli d’embûches. Je ne m’assois jamais là-dessus et je continue toujours de travailler. »

Un réalisateur en demande

Depuis la parution de son dernier album solo, en 2018, le rappeur de 37 ans s’est surtout consacré à la musique d’autres artistes. Rapidement, il est devenu l’un des réalisateurs et compositeurs les plus en demande sur la scène rap au Québec.

Sa feuille de route montre des collaborations avec son vieux pote Rymz, lui aussi de Saint-Hyacinthe, avec qui il a lancé le EP Nouvelle Jungle en 2020, ainsi qu’avec Imposs, Tizzo et Seth Gueko. Il est aussi l’homme de confiance de Souldia, l’un des rappeurs les plus en vue au Québec avec lequel il a obtenu sa première chanson certifiée or avec « Valentina ».

Son travail de compositeur-réalisateur l’a même amené à collaborer avec Sinik, une légende du rap français et une idole de jeunesse du Maskoutain.

« Quand j’étais à Paris avec Sinik, je me disais que j’étais dans le futur. Je n’aurais jamais pensé pouvoir travailler ou avoir un contact étroit avec lui un jour », lance Farfadet, qui a notamment composé la musique des chansons « Nouveau monde », « Séniorita », « L’Assassin II » et « Enfants terribles ».

D’une manière toute naturelle, la réalisation a pris de plus en plus de place dans sa carrière, raconte-t-il.

« C’est arrivé plusieurs fois que je ressente le besoin de me retirer un peu [comme rappeur] pour travailler sur la musique des autres. Je ne suis pas celui qui écrit le plus de chansons. Je le fais quand j’en ressens le besoin, mais je ne vais jamais le forcer. Je peux passer six mois sans écrire une chanson, mais je vais composer des beats chaque semaine. Par la force des choses, j’ai commencé à composer davantage et à me rapprocher de certains artistes pour leur créer un univers qui leur est propre [comme avec Souldia]. »

Dans les derniers mois, Farfadet s’est également associé à Christophe Martin, un autre réalisateur qui travaillait avec Souldia, afin de former le duo Gen1us.

« [Avec Souldia], j’avais réalisé la moitié de Backstage et de Silence Radio. L’autre moitié, c’est Christophe qui l’avait faite. Lui et moi, on a développé une grande chimie par la suite, tellement qu’on travaille tout le temps ensemble maintenant. Dixque d’art a été réalisé entièrement par Christophe et moi et ça a frappé fort. On a vu qu’en unissant nos forces, on faisait un travail qui était au-delà de ce qu’on pouvait faire individuellement. […] J’ai appris sur le tas, tandis que lui, il faisait des compétitions de piano classique quand il était jeune. On a des techniques complètement différentes. Moi, c’est très instinctif, puis lui, il est plus théorique. On est très complémentaires. »

En parallèle, Farfadet a continué à travailler sur ses propres chansons, sans se mettre la pression de livrer un nouvel album rapidement. Il promet d’ailleurs que Dans le futur n’est qu’un avant-goût de ce qui s’en vient pour lui en tant que rappeur.

« Ça faisait quelques années que je n’avais rien sorti en solo et j’ai accumulé beaucoup de matériel. Je n’ai pas que sept chansons en banque. Il va y avoir une suite à ce EP. »

image