10 novembre 2022
Grippe aviaire : des producteurs avicoles sur les dents
Par: Adaée Beaulieu
Pierre-Luc Leblanc, président des Éleveurs de volailles du Québec, considère que les producteurs sont sur un pied d’alerte face à la flambée de grippe aviaire. Photo gracieuseté

Pierre-Luc Leblanc, président des Éleveurs de volailles du Québec, considère que les producteurs sont sur un pied d’alerte face à la flambée de grippe aviaire. Photo gracieuseté

Les producteurs avicoles de la région sont en état d’alerte et multiplient les mesures d’hygiène alors que plusieurs cas de grippe aviaire ont été dénombrés dans les régions avoisinantes ces dernières semaines.

Le plus récent cas a été détecté par l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) le 27 octobre à Saint-Paul-d’Abbotsford. Les Municipalités de L’Avenir, de Saint-Alphonse-de-Granby et de Princeville avaient aussi des volailles atteintes sur leur territoire respectivement les 16, 18 et 22 octobre. Il s’agissait d’entreprises commerciales qui étaient touchées sauf en ce qui concerne le cas de L’Avenir, qui s’est déclaré dans une basse-cour.

La médecin vétérinaire Linda Lallier, qui fait aussi partie de l’Équipe québécoise de contrôle des maladies avicoles (EQCMA), explique qu’il s’agit d’une maladie à déclaration obligatoire qui sévit partout dans le monde. L’important est de la circonscrire, car aucun vaccin n’est disponible contre celle-ci. L’ensemble d’un troupeau doit être euthanasié si on y trouve des cas positifs. Actuellement, elle mentionne que l’heure est grave. « Il y a une flambée au Canada. C’est très grave ce qui se passe. C’est du jamais vu. Il y en a d’est en ouest », déclare-t-elle. Plus précisément en ce qui concerne le cas non commercial, elle mentionne que les propriétaires de basse-cour sont plus durs à retracer et que les communications officielles peuvent aider à les joindre afin d’empêcher que leurs volailles deviennent des vecteurs de la maladie.

Réactions des producteurs

Selon le président des Éleveurs de volailles du Québec, Pierre-Luc Leblanc, qui détient aussi l’entreprise avicole Aquino Agriculture à Saint-Hyacinthe, le taux de mortalité peut atteindre 95 % et les producteurs ne peuvent pas produire pendant plusieurs mois puisque, lorsqu’un animal est positif, l’ACIA prend le contrôle du site et aucun animal ne peut entrer ni sortir. De plus, dans les entreprises situées dans un rayon d’environ 10 à 20 km, les mesures sont accrues et l’ACIA intervient.

Sur son propre site, Pierre-Luc Leblanc applique les mesures de code orange, c’est-à-dire celui en situation d’urgence, même s’il n’est pas dans le périmètre et c’est le cas d’autres producteurs. Par exemple, la plupart ont installé des barrières pour empêcher l’accès à leur entreprise. « À Saint-Hyacinthe, la majorité des producteurs sont sur un pied d’alerte. Ils sont vraiment inquiets », affirme-t-il.

À titre d’exemple, le copropriétaire de Côté Plumes, à La Présentation, Guillaume Côté, a commencé le printemps dernier à prendre les grands moyens en ce qui concerne le nettoyage lorsqu’un premier cas a été identifié au Québec, car c’était plus concret et plus proche. Depuis, chaque semaine, il rencontre son équipe pour décider si des mesures supplémentaires seront ajoutées. Actuellement, tous les équipements qui se promènent entre les bâtiments (brouettes, pelles, escabeaux, etc.) sont nettoyés.

Juste sur son premier site sur trois, ses neuf bâtiments comptent 100 000 poulets et 25 000 dindons. Pour protéger ses volailles, il autorise seulement les visites essentielles comme le vétérinaire, comme le recommande le protocole du code orange. Il préconise même l’utilisation de la technologie, par exemple l’envoi de photos ou de vidéos, pour avoir l’aide de spécialistes. « J’aimerais vivre sans cette épée de Damoclès au-dessus de la tête », conclut-il.

En cas de mortalités inhabituelles ou de signes de la maladie, consultez un médecin vétérinaire. Si vous ne parvenez pas à trouver de médecin vétérinaire, composez le 450 768-6763 pour joindre la ligne téléphonique de l’Agence canadienne d’inspection des aliments pour signaler des oiseaux malades ou le 1 844 ANIMAUX pour communiquer avec la Centrale de signalement du MAPAQ.

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