11 novembre 2021
Acquitté des accusations de complot et de meurtre prémédité
Guy Dion pourrait retrouver son poste à la caserne de Saint-Jude
Par: Laurent Théoret

Le procès de Marie-Josée Viau et de Guy Dion s’est conclu par un verdict partagé. La première a été reconnue coupable de complot et de meurtre prémédité, tandis que son conjoint a été acquitté des mêmes accusations. Photo gracieuseté

La Municipalité de Saint-Jude et sa nouvelle mairesse Annick Corbeil n’excluent pas le retour éventuel de Guy Dion en tant que chef du Service incendie de la petite municipalité à la suite de son acquittement.
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Lui et sa conjointe Marie-Josée Viau faisaient face à des accusations de complot et de meurtre prémédité. Au terme d’un procès de cinq mois largement médiatisé, la première a été reconnue coupable et le second a été acquitté par le jury.

Le verdict est tombé dimanche, à quelques heures de la soirée électorale qui a couronné la mairesse Annick Corbeil. Même si elle assure que le sujet n’a pas monopolisé l’attention, Mme Corbeil admet qu’il s’invitera rapidement à la table du conseil municipal de Saint-Jude. Compte tenu du verdict, il n’est pas exclu pour le moment que Guy Dion puisse réintégrer ses anciennes fonctions.

« Le conseil et moi allons devoir nous asseoir ensemble pour en discuter. Nous allons aussi devoir vérifier avec nos avocats quelles sont nos meilleures options dans ce dossier. Il est officiellement en arrêt de travail jusqu’au mois de décembre, alors nous allons prendre une décision à ce moment », a-t-elle commenté. Elle précise qu’il appartiendra aussi à Guy Dion de déterminer s’il veut reprendre ou non son ancien poste à la tête de la brigade des incendies.

Verdict controversé

Après neuf jours de délibérations, le jury a reconnu Marie-Josée Viau coupable de complot et des meurtres au second degré des frères Vincenzo et Guiseppe Falduto survenus à l’été 2016 à sa résidence de Saint-Jude. Quant à lui, Guy Dion a été acquitté sur tous les chefs.

Or, lors d’un interrogatoire effectué à la suite de leur arrestation en octobre 2019, Marie-Josée Viau n’avait pas caché leur implication dans cette affaire, en affirmant qu’ils s’étaient occupés des corps en les faisant brûler à l’arrière de la maison et en faisant disparaître les restes. « On l’a fait parce qu’on était pognés, crisse », avait-elle avoué. Cet interrogatoire n’a pourtant pas été montré aux membres du jury. Le juge Éric Downs a décidé qu’il n’était pas admissible en preuve puisque leur droit au silence et leur droit au recours rapide aux services d’un avocat n’avaient pas été respectés par les policiers qui les ont interrogés.

Lors du procès, le couple a tenu des propos diamétralement opposés au sujet de son implication. Les deux accusés ont fait valoir qu’ils n’avaient aucune idée que le tueur à gages allait tirer sur les deux frères, avant de nier avoir brûlé les dépouilles et fait disparaître les traces à la rivière.

Après le verdict, le juge Downs a rappelé que les chefs de complot et de meurtre au second degré sont passibles d’une peine d’emprisonnement à perpétuité, sans admissibilité à une libération conditionnelle avant 10 ans. Pour sa part, le jury a recommandé que la période d’inadmissibilité à une libération conditionnelle de Marie-Josée Viau soit de 10 ans. L’avocate de Mme Viau, Me Mylène Lareau, a déclaré qu’après avoir terminé les procédures en cours, elle allait déposer un avis d’appel dans les 30 jours suivants.

On se souviendra que l’arrestation de ce couple apparemment sans histoire avait fait couler beaucoup d’encre à l’automne 2019. Guy Dion occupait entre autres le poste de directeur du Service des incendies de Saint-Jude au moment de son arrestation, en plus d’être employé au sein d’une firme de pavage de Saint- Hyacinthe.

Sa conjointe avait pour sa part multiplié les emplois et les implications sociales dans le monde municipal et communautaire de la grande région maskoutaine. Elle a entre autres été technicienne en génie civil à la MRC des Maskoutains, inspectrice municipale à Sainte-Madeleine ainsi que commissaire d’école au sein de la Commission scolaire de Saint-Hyacinthe d’août 2011 à novembre 2014.

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