3 Décembre 2020
Monopole de Google et Facebook
Il faut niveler les règles du jeu
Par: Benoit Chartier

Le temps est venu de niveler les règles du jeu pour les médias d’information. Il faut faire plier les géants du web pour pouvoir négocier d’égal à égal avec eux. La solution passe obligatoirement par le Parlement canadien qui doit imiter l’Australie et adopter une loi avec tout le mordant nécessaire pour y arriver. C’est une question de survie pour les médias d’ici, eux qui font les frais de cette concurrence déloyale depuis des années déjà.

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J’ai récemment interpelé directement notre député fédéral Simon-Pierre Savard-Tremblay en lui demandant de faire de ce dossier l’une de ses priorités, lui qui est porte-parole en matière de commerce international et d’industrie pour le Bloc québécois.

Au cours de cette semaine, nombre d’éditeurs au pays feront comme moi et prendront la parole ou la plume. C’est dire à quel point l’enjeu est grand.

Profitant de la Semaine fédérale du lobbying qui se déroule jusqu’au 4 décembre, nous serons tous solidaires aux interventions de l’organisme Médias d’Info Canada qui parlera d’une seule et même voix en notre nom lors de ses interventions avec le gouvernement de Justin Trudeau. Il lui demandera de s’attaquer sans plus attendre au monopole de Google et de Facebook en s’inspirant du modèle australien. Dans cette bataille, je fais mien le constat du vice-président de la société d’édition BNI au Nouveau-Brunswick, Jamie Irving, quand il souligne que l’approche de l’Australie face aux géants du web et à l’autonomisation des informations locales est probante pour le Canada. Avec le soutien de tous les partis au sein de leur parlement national, rappelle-t-il, les Australiens ont en effet adopté une approche globale qui permet à leurs éditeurs de négocier en groupe la compensation avec Google et Facebook, atténuant ainsi l’énorme déséquilibre de pouvoir. Ils mettent également en place des codes de conduite et des mesures d’application qui ont un réel pouvoir.

De plus, ils font tout cela sans recourir à des fonds publics supplémentaires, ni à de nouvelles taxes ou à des frais pour les consommateurs. Les marges de Google et de Facebook sont telles qu’ils peuvent se permettre de commencer à payer une compensation équitable pour ce qu’ils obtenaient gratuitement jusqu’ici.

L’Australie et le Canada ont bien des choses en commun. Nos économies sont semblables, tout comme nos systèmes parlementaires et juridiques. Nous sommes tous deux des États fédéraux avec des régions distinctes et fortes.

En bref, il n’y a aucune raison pour que l’approche adoptée en Australie ne fonctionne pas ici au Canada. C’est pourquoi nous exhortons le gouvernement – et tous les partis de la Chambre des communes – à adopter le modèle australien au Canada.

Les gouvernements démocratiques n’ont pas pour rôle de choisir les gagnants et les perdants sur le marché des idées. Mais il leur revient d’intervenir lorsque des pratiques monopolistiques empêchent ce marché de fonctionner. C’est ce qui se passe dans le monde entier. Il est maintenant temps pour le Canada d’intervenir.

Benoit Chartier, éditeur
DBC Communications

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