31 mars 2022
La crise du logement en chiffres
Par: Sarah-Eve Charland
En 2021, les prix des logements ont augmenté en moyenne de 8,1 % dans la région de Saint-Hyacinthe. Photothèque | Le Courrier ©

En 2021, les prix des logements ont augmenté en moyenne de 8,1 % dans la région de Saint-Hyacinthe. Photothèque | Le Courrier ©

La région de Saint-Hyacinthe n’a pas été épargnée par la crise du logement au cours de la dernière année. Les nouvelles données de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) dressent un portrait pessimiste à Saint-Hyacinthe.

La moyenne des prix des logements locatifs dans la région de Saint-Hyacinthe a augmenté de 8,1 % de 2020 à 2021. Le type de logements ayant connu la plus forte hausse de prix est les appartements à une chambre. Le prix moyen est passé de 606 $ en 2020 à 716 $ en 2021, représentant une hausse de 18,1 %. Les appartements les plus en demande, selon deux propriétaires interpellées par LE COURRIER, sont les 4 1/2 et les 5 1/2 qui ont fait l’objet d’une hausse moyenne respective de 7,4 % et de 3,8 %.

Bien que cela représente bien la réalité de la région, la propriétaire de plusieurs logements locatifs Roxane Lussier estime que cette hausse moyenne de 8,1 % pour les logements permet d’assumer une partie de l’inflation. Que ce soit le coût des assurances, du déneigement ou encore le rôle d’évaluation foncière, les propriétaires ont dû faire face à de nombreuses majorations.

« 8 %, ce n’est pas généreux pour les propriétaires. Quand un locataire décide de quitter, on en profite pour faire des travaux, mais on n’a pas le choix d’étaler l’investissement sur plusieurs années. Ça prend du temps pour rembourser. Oui, il y a des augmentations de loyer, mais on ne fait pas plus d’argent », dit-elle.

La présidente du Groupe Robin, Nellie Robin, a de son côté sursauté en apprenant la hausse moyenne. « Je n’ai jamais vu ça en 20 ans. Je peux dire qu’on n’a pas augmenté nos loyers de 8 %, c’est certain. On veut garder nos bons locataires. […] Il faut respecter la capacité de payer des citoyens de Saint-Hyacinthe. »

Peu de logements disponibles

Selon la SCHL, le taux d’inoccupation moyen pour la région de Saint-Hyacinthe est de 1,1 %, ce qui surprend d’ailleurs Mme Lussier. À ses yeux, la situation à Saint-Hyacinthe est encore pire.

« Ce sont sûrement des logements en rénovation ou pas encore prêts à être loués. Demandez à n’importe quel propriétaire s’il a des loyers disponibles. Ils n’en auront pas. On a toujours des listes d’attente. Au-delà de la cote de crédit, c’est important d’avoir de bonnes références. Il y a des besoins, surtout pour la classe moyenne. Avec la hausse de prix des nouveaux immeubles, le monde devient fou quand il voit un logement pas trop cher. Les personnes de la classe moyenne, c’est eux qui écopent le plus parce que la hausse a été difficile », mentionne Mme Lussier.

Nellie Robin reconnaît qu’il y a très peu de mouvement, poussant parfois l’entreprise à faire des choix déchirants parmi ses listes d’attente. « On en parlait justement l’année dernière. On a des familles qui cherchent, mais on n’est pas capables de leur offrir un logement. C’est triste. C’est une situation assez historique. Il n’y a plus de maisons en vente et il n’y a pas assez de logements. C’est donc très difficile de se trouver un toit », déplore-t-elle.

Et même si elle le voulait bien, Mme Robin n’est pas en mesure d’accélérer la construction de nouveaux logements étant donné la disponibilité des matériaux. La guerre en Ukraine n’aidera pas, ajoute-t-elle, alors qu’il sera encore plus difficile de recevoir les matériaux. « Je vais le plus vite possible. On n’est pas capables de construire assez rapidement pour combler le besoin », conclut-elle.

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