Le règlement de zonage actuel permet des immeubles de cinq étages à cet endroit, mais une hauteur maximale de 11 mètres. La Ville voulait donc enlever la hauteur maximale puisque les deux normes entraient en contradiction. Les citoyens craignent toutefois que cette modification ouvre la porte à un projet immobilier de forte densité.
« Nous habitons un quartier résidentiel de faible densité composé presque exclusivement de maisons unifamiliales à l’exception des artères principales. Des bâtiments pouvant aller jusqu’à cinq étages, ce n’est pas seulement une adaptation, c’est une transformation radicale du visage de notre quartier. Une telle hauteur aurait des impacts profonds et durables et causerait une atteinte à la qualité de vie et à l’intimité des citoyens. […] Ce que vous proposez crée une rupture claire et incompatible avec le tissu urbain environnant », s’inquiète Évelyne Nadeau.
Même si un promoteur démontre un intérêt pour le terrain, aucun projet concret n’est sur la table, assure le maire de Saint-Hyacinthe, André Beauregard. En raison des inquiétudes manifestées par les citoyens, les élus ont décidé de ne pas adopter cette modification.
« De toute façon, il n’y a rien qui presse. C’est un terrain contaminé qui devra être décontaminé. Les infrastructures souterraines ne peuvent pas supporter le projet pour le moment. Cela pourrait prendre des années avant qu’il y ait un projet », mentionne M. Beauregard.
Mme Nadeau se montre satisfaite du recul des élus. Si la modification avait été adoptée en séance du conseil, elle comptait faire les démarches pour tenir un registre et forcer les élus à se positionner dans le dossier. Le maire de Saint- Hyacinthe a aussi affirmé que la hauteur des bâtiments serait graduelle pour assurer une meilleure intégration en bordure des maisons unifamiliales existantes.
« À court terme, on est satisfaits. On va surveiller ce qui sera décidé dans le nouveau plan d’urbanisme. On a la parole du maire comme quoi des immeubles de trois étages et demi à côté de nos maisons étaient déjà trop haut. On estime que des bâtiments de deux étages seraient plus raisonnables », ajoute-t-elle.
Les citoyens devront toutefois s’attendre à ce que ce terrain soit amené à être densifié, mentionne la conseillère municipale du district Saint-Joseph, Mélanie Bédard. C’est ce qui sera prévu dans le futur plan d’urbanisme devant être présenté cet automne à la population.
« On s’en va vers la densification. On ne se le cachera pas. Pour qu’un projet immobilier avec un stationnement souterrain soit rentable, ça prend cinq étages. C’est inquiétant pour les citoyens. Ils ont tous des maisons à un étage. Mais comme le maire l’a bien expliqué, il y aura une gradation des étages. On ne trouvera pas une hauteur de cinq étages à côté des maisons plain-pied », précise-t-elle.
Comme proposé par les citoyens, elle se montre d’accord à implanter une zone tampon entre les maisons existantes et un éventuel développement immobilier.
« Je n’avais pas pensé au fait qu’il y a une ligne électrique tout près, poursuit-elle. On ne peut pas planter ce qu’on veut à côté d’une ligne électrique, mais c’est sûr qu’on peut faire quelque chose de bien pour assurer une intégration harmonieuse. Il y a des projets dans le quartier Saint-Joseph dont je ne suis pas fière, mais il y a aussi de très beaux projets comme celui Les Arpents Verts. Selon moi, c’est un projet magnifique. On peut développer des projets harmonieux. C’est ce que j’essaie de faire comprendre aux citoyens. »