15 septembre 2022
Saint-Simon
La Municipalité veut acheter l’usine d’Olymel pour 6,6 M$
Par: Adaée Beaulieu
La Municipalité de Saint-Simon désire acquérir l’usine d’Olymel sur son territoire pour en faire un développement immobilier. Photo François Larivière | Le Courrier ©

La Municipalité de Saint-Simon désire acquérir l’usine d’Olymel sur son territoire pour en faire un développement immobilier. Photo François Larivière | Le Courrier ©

La Municipalité de Saint-Simon a conclu, le 6 septembre, une entente en vue d’acquérir le terrain de l’ancienne usine d’Olymel sur son territoire pour 6,6 M$ afin de le diviser en une centaine de terrains à des fins résidentielles.

Une séance extraordinaire, pendant laquelle le règlement d’emprunt s’élevant à 7,9 M$ a été adopté, s’est tenue le 13 septembre. L’écart de 1,3 M$ entre l’offre d’achat acceptée par Olymel et le montant du règlement d’emprunt servira à payer des frais de professionnels et une portion de TVQ que la Municipalité ne récupérera pas.

Les citoyens ont été informés des détails du projet au lendemain de la séance par l’entremise d’un avis public distribué par la poste. Ceux qui le souhaitent pourront s’opposer au règlement d’emprunt lors de la tenue de registre prévue le 20 septembre. Toutefois, la quinzaine de personnes présentes lors de la séance extraordinaire étaient emballées par le projet et voulaient en savoir plus, selon la directrice générale de la Municipalité, Johanne Godin.

La valeur de l’immeuble, c’est-à-dire le terrain et le bâtiment, est d’environ 4,6 M$, selon le rôle d’évaluation.

Le maire Simon Giard explique que c’est la Municipalité qui a approché Olymel au printemps pour savoir si elle désirait vendre son usine de Saint-Simon. L’entreprise avait cessé ses activités de découpe et de désossage de porc en 2007 et y opère actuellement un centre de distribution comptant 14 employés.

M. Giard indique que, pour la Municipalité, pouvoir disposer de 1,2 million de pieds carrés de terrains zonés blancs, c’est-à-dire constructibles, est une opportunité exceptionnelle. Quelques promoteurs ont d’ailleurs déjà manifesté leur intérêt, mais la Municipalité doit faire ses devoirs avant de les rencontrer.

Négociations

Le maire Giard s’est dit très satisfait des négociations qui viennent de se terminer avec Olymel et qualifie l’entreprise de bon citoyen corporatif.

Différentes ententes avaient été conclues depuis la fermeture de l’usine de découpe, notamment en ce qui concerne le volume d’eau dont Olymel se servait pour ses activités et qui provient des approvisionnements de la Municipalité de Saint-Simon auprès de la Ville de Saint-Hyacinthe. Une nouvelle entente devra être négociée avec cette dernière.

En 2005, un tuyau d’un diamètre de 14 pouces avait été installé pour alimenter l’usine en eau potable. Le volume d’eau sera divisé environ en parts égales, selon le maire. Dès le début des discussions, Olymel a indiqué vouloir en conserver une partie. L’entreprise n’a pas souhaité dévoiler ses projets à ce sujet.

Pour ce qui est des taxes foncières, qui s’élèvent à 21 888 $, ainsi que les taxes reliées à trois règlements d’emprunt d’un peu plus de 58 800 $, elles seront payées par Olymel jusqu’à ce que l’achat soit officialisé chez le notaire, possiblement cet automne.

La portion des taxes reliée aux services, soit l’égout, l’aqueduc et l’eau potable, continuera d’être versée tant qu’Olymel sera locateur de l’usine, ce qui représente un montant de 55 312 $. Pour l’année 2022, l’ensemble des taxes qu’Olymel devait payer s’élevait à 136 000 $.

Olymel pourra louer ses anciennes installations pendant deux ans, mais la Municipalité pourra aussi commencer son projet parallèlement. C’est possiblement 60 à 70 % de la superficie du terrain qui pourra être exploitée par la Municipalité, notamment en raison de la présence d’un cours d’eau à proximité.

Étapes à venir

Les premières démarches prendront tout l’automne et consisteront à adopter les règlements d’emprunt, à les faire autoriser par le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation et à passer chez le notaire. Une vérification diligente doit aussi être réalisée. Une firme d’ingénieurs sera notamment mandatée par la Municipalité pour participer à cette vérification. Cela sera suivi de l’obtention du certificat d’autorisation par le ministère de l’Environnement et de la Lutte aux changements climatiques qui pourrait prendre plusieurs mois.

Selon le maire, la vente des terrains servira à rembourser l’emprunt. Il ne croit pas qu’une hausse de taxes sera nécessaire. « C’est un plus pour la Municipalité. Ça va changer son visage », conclut-il.

Relocalisation

Rappelons que l’usine d’Olymel de Saint-Simon a fermé ses portes au printemps 2007 à la suite d’une décision prise en 2006 en raison du manque de commandes. Cela a touché plus de 400 employés. En août 2014, un tribunal d’arbitrage a jugé « illégale » la fermeture de l’usine et a condamné Olymel à indemniser ses ex-travailleurs.

En août 2016, LE COURRIER révélait qu’Olymel offrait 8,2 M$ d’indemnités aux ex-travailleurs et souhaitait parallèlement la signature d’un nouveau contrat de travail pour permettre des activités d’entreposage dans l’usine. C’est finalement en mai 2017 qu’une entente de principe a été signée par les négociateurs syndicaux et l’entreprise. Elle prévoyait le retour au travail d’une vingtaine d’employés à l’automne.

Les 14 employés qui travaillent actuellement sur place ont été avisés le 6 septembre en après-midi de l’offre d’achat, soit avant la tenue de la séance du conseil municipal.

Selon Richard Vigneault, responsable des communications corporatives pour Olymel, l’horizon de fermeture est la première moitié de 2025. Les employés auront un préavis d’au moins huit semaines. Ils pourront également être relocalisés dans la région et leur ancienneté sera reconnue pour le salaire et les avantages sociaux.

Les activités seront transférées dans des centres d’exportation externes, c’est-à-dire en sous-traitance, qui ont une accréditation de la Chine pour exporter dans ce pays. Le centre de Saint-Simon ne possédait pas une telle accréditation, mais desservait d’autres marchés.

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