12 mai 2022
La Régie renonce à la vente de crédits carbone
Par: Sarah-Eve Charland
La Régie intermunicipale d’Acton et des Maskoutains avait envisagé en 2016 d’intégrer le marché volontaire des crédits carbone grâce à son service de compostage. Elle vient d’y renoncer. Photothèque | Le Courrier ©

La Régie intermunicipale d’Acton et des Maskoutains avait envisagé en 2016 d’intégrer le marché volontaire des crédits carbone grâce à son service de compostage. Elle vient d’y renoncer. Photothèque | Le Courrier ©

Après avoir flirté pendant quelques années avec l’idée de participer au marché du carbone, la Régie intermunicipale d’Acton et des Maskoutains met complètement de côté cette idée.

La proposition remonte à il y a cinq ans lorsque l’entreprise Solutions Will a approché la Régie pour créer un partenariat. Elle voyait un potentiel de vendre des crédits carbone grâce au compostage et à la revalorisation des boues de fosses septiques. Selon la résolution adoptée à la dernière réunion du conseil d’administration de la Régie, les négociations sous-entendaient une répartition des sommes récoltées par les crédits carbone de 60 % à la Régie et de 40 % à Solutions Will.

« Au conseil, on avait adopté une résolution. On n’était pas contre la vertu. On a montré une ouverture. On s’est dit : allons de l’avant, analysons la possibilité de le faire », se remémore le directeur général de la Régie, Réjean Pion.

Solutions Will est une entreprise de Beloeil qui offre aux petits émetteurs de gaz à effet de serre (GES) d’intégrer le marché du carbone. Elle offre de monétiser leurs mesures de réduction de GES grâce à une méthodologie de quantification et de vérification de projets de réduction de GES qu’elle a développée. Son président, Martin Clermont, croit que toutes les municipalités qui réduisent l’enfouissement des déchets présentent un potentiel de monétisation intéressant.

Une première proposition d’entente a été déposée auprès de l’organisation, mais ne remplissait pas certaines modalités jugées essentielles par la Régie. Les échanges se sont, par la suite, espacés au fil des années au point où les administrateurs ont choisi de mettre fin au dossier. La seule obligation de la Régie était d’accumuler des données sur la quantité de matières traitées.

À l’époque, la bourse du carbone suscitait beaucoup d’intérêt, se rappelle Réjean Pion. Plusieurs entreprises y voyaient des opportunités. Selon M. Pion, la Régie avait un potentiel intéressant. « Avec 10 000 ou 11 000 tonnes de matières organiques amassées par année et avec plusieurs milliers de tonnes en boue de fosses septiques, ça avait une certaine valeur. On aurait été un certain générateur en matière de crédits carbone. »

Une chose est claire, la Régie a mis de côté toute idée de participer à la vente de crédits carbone.

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