16 mars 2017
Tempête historique
La région de Saint-Hyacinthe ensevelie sous 74 centimètres de neige
Par: Rémi Léonard

Au plus fort de la tempête, il devait tomber environ dix centimètres de neige à l’heure à Saint-Hyacinthe, selon les estimations de Michel Morissette. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Au plus fort de la tempête, il devait tomber environ dix centimètres de neige à l’heure à Saint-Hyacinthe, selon les estimations de Michel Morissette. Photo François Larivière | Le Courrier ©

La tempête qui a déferlé sur le Québec à partir de mardi a laissé des accumulations encore plus importantes que prévu en Montérégie. Mercredi midi, 74 centimètres de neige s’étaient déjà accumulés à Saint-Hyacinthe, a indiqué le chroniqueur météo Michel Morissette. Du jamais vu en aussi peu de temps… alors qu’un autre cinq centimètres étaient encore attendu mercredi.

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« C’est un nouveau record de neige en 24 heures », a confirmé le fondateur du service 771-BEAU, rappelant la bordée du 14 et 15 décembre 2003, qui avait amené 71 centimètres de neige à Saint-Hyacinthe, une quantité maintenant battue. Sur une semaine, c’était toutefois 105 centimètres au total qu’avait reçus la région.

Débutée en mi-journée, la tempête de mardi a redoublé d’ardeur au cours de la soirée pour se poursuivre toute la nuit jusqu’à mercredi. « Seulement de 19 h à minuit, c’est 40 centimètres de neige qui sont tombés, avec des rafales qui ont atteint 65 km/h », a rapporté M. Morissette pour témoigner de la violence de la tempête.

La poudrerie et la visibilité quasi nulle ont rendu les conditions routières particulièrement mauvaises. La Commission scolaire de Saint-Hyacinthe a annoncé tard mardi soir la fermeture de tous ses établissements pour le lendemain (15 mars). L’École secondaire Saint-Joseph et le Collège Saint-Maurice ont également fermé leurs portes, alors que le Cégep de Saint-Hyacinthe a suspendu les cours dès mardi midi ainsi que le lendemain. 

Les prévisions surpassées

Si la bordée était bien attendue, l’ampleur des accumulations a été sous-estimée, a reconnu le chroniqueur météo maskoutain. Lorsque le système a remonté le long de la côte Est mardi soir, il a dévié vers l’ouest, de sorte que c’est notre région, et non l’Estrie et la Beauce comme c’était attendu, qui s’est retrouvée avec le plus de précipitations, a-t-il expliqué.

À Montréal, environ 35 centimètres sont tombés, alors qu’en Estrie on approchait davantage les 50 centimètres et un peu moins pour la ville de Québec et les Maritimes. La Montérégie et les Bois-Francs sont les régions qui se sont retrouvées avec la plus grande part du gâteau. « C’est la plus grosse tempête [en 24 heures] que j’ai vue depuis que je fais la météo à Saint-Hyacinthe. On va s’en rappeler longtemps », a commenté Michel Morissette, faisant même un parallèle avec la tempête du siècle du 4 mars 1971. Contrairement à celle-ci, le couvert de neige avait déjà fondu dans la région, de sorte que la neige a été un peu plus facile à gérer.

Pour continuer au chapitre des bonnes nouvelles, les précipitations devraient avoir cessé au moment de lire ces lignes et la température devrait s’adoucir pour la fin de semaine, selon M. Morissette. Aux Maskoutains qui désespèrent de voir revenir de tels remparts de neige dans les rues, il signale qu’au moins « ça va fondre un peu » bientôt.

Attention toutefois, de nouvelles averses de neige – en quantité plus modeste évidemment – ne sont pas à exclure non plus. Un dur rappel qu’à la mi-mars, l’hiver n’a jamais vraiment dit son dernier mot, et ce, même si le printemps débute officiellement dans quelques jours.

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