La Ville s’est voulue rassurante envers les citoyens des quartiers Douville et Bois-Joli qui ont déjà, pour certains, été informés que leurs gouttières n’étaient pas conformes. Pendant environ sept semaines, les employés municipaux ont vérifié le terrain de 4027 propriétés. Les résidences des autres quartiers seront inspectées dans les années à venir.
Dans 75 % des cas, au moins une gouttière présentait une non-conformité. Les propriétaires ont six mois pour effectuer les travaux nécessaires, sans quoi ils pourraient recevoir un constat d’infraction de 200 $.
Questionnés par un citoyen à savoir ce qui arriverait si des travaux étaient bel et bien effectués dans le temps imparti, mais pas conformes aux attentes de la Ville, les employés municipaux responsables du plan et le maire André Beauregard ont assuré qu’ils se montreraient compréhensifs. Le conseiller technique aux infrastructures, Jocelyn Bazinet, a invité les citoyens à le contacter pour que son équipe puisse les accompagner personnellement. La Ville sera aussi conciliante si les travaux ne peuvent que se faire au printemps 2026.
En fait, depuis 2008, le règlement 346 interdit de raccorder une gouttière au réseau d’eau municipal ou au drain de fondation et de déverser les eaux de pluie dans l’emprise d’une rue. L’eau de pluie évacuée au moyen d’une gouttière doit être déversée à une distance d’au moins 1,5 m du bâtiment sur une surface perméable. Si cette réglementation n’est pas respectée, les eaux de ruissellement s’infiltrent dans le réseau d’égout sanitaire occupant l’espace réservé aux eaux usées. Elles sont donc jugées indésirables. Cela peut entraîner une pression accrue sur les stations de pompage et l’usine de traitement des eaux usées, une surcharge du réseau d’égout, un traitement des eaux usées moins efficace et, ultimement, des déversements d’eaux non traitées dans la rivière.
Jocelyn Bazinet a d’ailleurs expliqué que les impacts sont de plus en plus grands puisque les précipitations sont plus fréquentes et abondantes en raison des changements climatiques. Par exemple, une pluie abondante auparavant observée chaque 10 ans survient maintenant tous les deux ans.
Raccordements inversés
L’autre grand problème que le plan vise à détecter est la présence de raccordements inversés. Une telle situation se présente sous la forme d’un branchement ou d’une défectuosité à un équipement qui permet aux eaux usées sanitaires de se déverser dans l’égout pluvial et, à l’inverse, aux eaux pluviales de se retrouver à l’usine de traitement des eaux usées. En plus de provoquer une surcharge du réseau d’égout sanitaire, cela peut aussi mener à des refoulements d’égout dans les sous-sols et à la contamination de la rivière Yamaska.
Pour 2025, la Ville avait identifié 200 propriétés à vérifier. Elle en a trouvé à ce jour une quinzaine où des raccordements inversés ont été confirmés. Dans ce cas, si la demeure a été construite avant 2000, il revient à la Ville de payer pour les travaux. Pour les maisons plus récentes, les frais reviennent aux propriétaires.
En plus des vérifications des gouttières et des raccordements inversés, les pompes submersibles seront aussi vérifiées en 2029 et 2030.
Toutes eaux indésirables confondues, ce sont 100 000 litres par an par maison non conforme, soit l’équivalent de deux piscines hors terre, qui sont envoyés aux mauvais endroits.