À la séance du conseil du mois de juillet, les élus avaient adopté à la majorité un protocole d’entente qui encadrait la construction du parc de quartier sur le chemin du Rapide-Plat Nord (voir autre texte ici). Trois conseillers s’étaient positionnés en défaveur de l’entente, dont le conseiller municipal David Bousquet, qui remettait en doute le processus. Il se questionnait sur la signature de l’entente avec un promoteur unique sans appel d’offres, sur les coûts pour l’aménagement du terrain de baseball, sur l’acquisition du lot adjacent et sur la création d’une banque de terrains au profit du promoteur.
À la séance du conseil du 4 août, le maire de Saint-Hyacinthe, André Beauregard, a tenu à répondre aux critiques soulevées par son collègue. Bien qu’il ait dit considérer les divergences d’opinions à la table du conseil comme étant saines, il a déploré les propos qui soulèveraient un doute sur l’intégrité de l’administration municipale et du conseil municipal.
« Le processus dans ce dossier est non seulement légal, mais est exemplaire en matière de rigueur, de conformité et de transparence. Rien n’a été improvisé. Chaque étape a été réfléchie, analysée et encadrée dans le respect des lois et des règlements en vigueur. Il est impératif de changer les modes de financement des grands projets. Il faut faire preuve de créativité et d’audace. C’est exactement ce que nous avons fait avec ce projet de parc de quartier. Plutôt que de semer le doute sur un processus entièrement légal et transparent, réjouissons-nous d’avoir su innover au bénéfice de l’ensemble de la population maskoutaine », a-t-il mentionné.
David Bousquet a tenu à préciser qu’il n’a jamais remis en doute la légalité du processus. « Je ne peux pas penser que notre administration puisse nous recommander un processus qui serait illégal. Là où j’ai un malaise, c’est dans la façon de faire. C’est pour ça que j’ai demandé un temps supplémentaire pour qu’on puisse expliquer le projet et les détails à la population. En tant que conseil municipal, l’une de nos plus grandes responsabilités est de rendre des comptes sur la manière d’utiliser les deniers publics », a-t-il répondu.
Une quatrième voix discordante au conseil
Au moment d’adopter l’entente en juillet, les conseillers David Bousquet, Donald Côté et Jeannot Caron avaient voté contre la résolution. La conseillère municipale du district Bois-Joli, Claire Gagné, était absente à cette séance du conseil et n’avait donc pas participé au vote pour adopter le protocole d’entente. Elle a annoncé à la séance de lundi être en défaveur du projet pour plusieurs raisons.
« Je suis contre la portion du terrain de baseball pour sa non-concordance avec nos orientations. On s’était donné des orientations en début de mandat et on s’y tient. Il y a plusieurs projets qu’on avait mis en suspens ou qu’on avait reportés. Le terrain de baseball n’avait pas été sélectionné », a-t-elle souligné.
En plus de soulever les coûts estimés du projet, elle juge qu’il aurait été plus judicieux d’exploiter ce terrain pour la construction de logements alors que les terrains à développer se font de plus en plus rares à Saint-Hyacinthe. Elle a ajouté que l’aménagement d’une surface synthétique et d’un stationnement contribuera à l’augmentation des îlots de chaleur et que le projet ne bénéficierait pas à l’ensemble de la population.
Des citoyens en quête de réponses
Le projet a fait aussi l’objet de plusieurs questions de citoyens présents à la séance publique du 4 août.
Parmi eux, l’ancien conseiller municipal Alain Leclerc a soulevé plusieurs questions pour lesquelles le maire n’avait pas de réponses. Il s’est entre autres questionné sur le fait que le terrain se retrouve dans une zone vulnérable au glissement de terrain selon le schéma d’aménagement de la MRC des Maskoutains et dans la zone touchée par la dispersion de sulfure d’hydrogène de l’usine d’épuration.