20 janvier 2022
Le passeport vaccinal dans les grandes surfaces dès lundi
Par: Eliane Tremblay-Moreau
BMR espère que l’imposition du passeport vaccinal dans les grandes surfaces motivera les gens à aller se faire vacciner. Photo François Larivière | Le Courrier ©

BMR espère que l’imposition du passeport vaccinal dans les grandes surfaces motivera les gens à aller se faire vacciner. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Le premier ministre François Legault a annoncé la semaine dernière qu’à partir du 24 janvier, le passeport sanitaire sera exigé pour pouvoir effectuer des achats dans les commerces non essentiels d’une superficie de 1500 m2 et plus.

Plus d’une trentaine de commerces de Saint-Hyacinthe devront se conformer à cette nouvelle exigence, dont Walmart, Canadian Tire, Buropro Citation, BMR, Rona, Laferté, Germain Larivière ou encore l’Aubainerie.

Cette nouvelle mesure ne fait pas l’unanimité chez les commerçants de la région, mais ceux-ci doivent respecter les règlements.

La directrice générale de la Chambre de commerce de la grande région de Saint-Hyacinthe, Lucie Guillemette, souligne que la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) est consciente que l’élargissement du passeport vaccinal à compter du 24 janvier constitue assurément un fardeau supplémentaire imposé aux commerces. Cependant, elle est soulagée que le gouvernement ait entendu son message sur la difficulté d’application d’une telle mesure dans les petits commerces. La FCCQ se réjouit aussi que l’exemption soit accordée aux épiceries et aux pharmacies.

Un fardeau de plus

Comme la plupart des commerces, Buropro Citation est fortement touchée par la pénurie de main-d’œuvre. La librairie et papeterie devra ajouter une tâche à l’horaire de ses employés.

« Ce n’était pas facile à la base à cause de notre problème de main-d’œuvre. Nous avons deux entrées, donc nous allons devoir en condamner une puisque nous ne pouvons pas mettre deux employés à temps plein aux deux portes. L’entrée intérieure sera très probablement fermée », explique la directrice de succursale et responsable du marketing chez Buropro Citation, Stéphanie Roberge.

L’imposition de cette mesure apporte un sentiment d’inégalité envers les plus petites et les plus grandes surfaces. Mme Roberge est déçue puisque les gens se dirigeront davantage vers les petits commerces.

« Nous prévoyons une perte d’achalandage puisque les petites librairies ne sont pas touchées par ces mesures. Les gens n’auront aussi pas nécessairement envie de faire une file à l’extérieur pour montrer leur preuve vaccinale. Il faudra prévoir qu’il y aura un peu moins de service. Nous comprenons tout de même l’importance de ces mesures, donc nous sommes bien préparés », poursuit Stéphanie Roberge.

Une mesure injuste

Les quincailleries, qui n’ont jamais fermé leurs portes lors des deux premiers confinements, ne sont plus qualifiées comme un service essentiel pour cette nouvelle mesure.

L’Association québécoise de la quincaillerie et des matériaux de construction (AQMAT) affirme que ce n’est pas la joie chez ses marchands. Elle demeure confiante que le gouvernement changera d’avis d’ici le 24 janvier. Elle est convaincue que ce n’est pas un bon moyen d’éviter la propagation du virus.

« Nous avons sondé 180 marchands et 75 % d’entre eux trouvent que cette mesure divise les commerces en plus de causer plus de stress aux petits commerces à cause d’une possible clientèle majoritairement non vaccinée. Nous trouvons un peu ironique que les grands commerces ne puissent recevoir que des clients vaccinés, alors qu’ils n’obligent pas leurs employés à l’être. Nous espérons fortement que le gouvernement changera d’avis et se rendra compte que cette mesure est complètement inéquitable », commente le président de l’AQMAT, Richard Darveau.

Pour la quincaillerie BMR locale, le mot d’ordre est qu’il faut se conformer aux règles. « Notre priorité est d’offrir un milieu sécuritaire à nos clients et à nos employés. La pénurie de main-d’œuvre est un grand défi et c’est pour cette raison que nous invitons notre clientèle à demeurer patiente », indique le secrétaire général, vice-président responsabilité d’entreprise et communication pour Agiska Coopérative, Hugo Larouche.

Rappelons que le passeport vaccinal est exigé depuis mardi pour tous les clients qui se présentent dans les succursales de la SAQ et de la SQDC.

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