Ainsi « Président 47 » octroie un sursis d’un mois au Canada avant d’imposer des tarifs à faire plier en deux notre économie. On se rassure du mieux qu’on peut en tentant de se convaincre que ça fera mal aussi à notre agresseur, nos marchés étant si liés, que si on rentre notre ventre assez dur, ça lui fera mal aux jointures. Mais on va quand même se ramasser à genoux, le souffle coupé.
C’est drôle parce que début mars, ça fera cinq ans qu’une pandémie nous tombait dessus et qu’on s’était alors tous promis de ne plus jamais être aussi dépendants. D’être plus autosuffisants. De consommer local. D’encourager nos compagnies, nos producteurs, nos artisans. Là, il faudra vite trouver le frigidaire collectif pis se mettre une note dessus, écrite en gros pis soulignée en jaune : « Cette fois, ne pas oublier nos promesses! »
Si certains vont au moins boycotter les produits américains, acheter canadien ou québécois, d’autres vont faire exactement le contraire et boire le jus du grand Orange jusqu’à la lie. Ceux-là, non seulement applaudissent quand on coupe la branche sur laquelle ils sont assis, ils sautent de joie pour qu’elle casse plus vite.
Ceux-là devraient modérer leur joie. Ils seront sans doute les prochains à tomber par terre et ne devraient pas compter sur le bully en chef pour les aider à se relever. Au contraire, il voudra écraser leur visage dans la boue.