15 septembre 2022
Le transport adapté en danger dans notre région?
Par: Le Courrier
La campagne électorale provinciale bat son plein, mais est-ce que le transport adapté fait partie des préoccupations de nos candidates et nos candidats de la région de Saint- Hyacinthe?

Le Regroupement maskoutain des utilisateurs du transport adapté (RMUTA) a été fondé en mai 1989. Nous sommes un organisme à but non lucratif dont la mission principale est de défendre les droits et de promouvoir les intérêts des personnes handicapées et à mobilité réduite à l’égard du transport adapté de la MRC des Maskoutains.

Il faut rappeler que 135 000 personnes handicapées au Québec nécessitent un transport adapté pour se déplacer et que, sans ces services, elles sont confinées à la maison sans aucune possibilité d’en sortir. Pour notre région, nous parlons de près de 800 personnes admises au transport adapté et qui ont donné lieu à 67 000 déplacements en 2019 (avant les diminutions occasionnées par la COVID-19).

Le transport adapté est essentiel aux personnes handicapées de notre région pour aller à l’école, se rendre au travail, se prévaloir de leurs services de santé, fréquenter leur famille et leurs ami(e)s et participer aux activités culturelles, comme tout autre citoyen vivant dans notre région.

Dans les quatre dernières années, la loi 17 concernant le transport rémunéré des personnes par automobile a contribué à réduire de façon effarante les fournisseurs de services en transport adapté (taxis) nécessaires à l’organisation des déplacements de notre clientèle, alors qu’une pénurie de main-d’œuvre existait déjà.

L’effritement des services que le transport adapté et collectif a connu dans les dernières années en raison de retards dans l’adoption des programmes d’aide et des versements, de même que l’impact de la loi 17 qui a contribué au départ de plus de 40 % des fournisseurs de services, que sont les taxis, en transport adapté au Québec. Notre région en subit également les conséquences.

À la base, le financement du transport adapté devait provenir de la contribution des municipalités à 20 %, de la contribution du gouvernement du Québec à 65 % et des revenus des passagers à 15 %.

Malheureusement, ces pourcentages ne sont pas respectés principalement pour les municipalités. Ainsi, pour notre région, la contribution des municipalités était environ de 30 % (2016), 29 % (2017), 30 % (2018), 33 % (2019), 53 % (2020) et 46 % (2021). Quant à elle, la contribution du gouvernement du Québec était environ de 56 % (2016), 56 % (2017), 57 % (2018), 51 % (2019), 40 % (2020) et 43 % (2021).

Tant aux niveaux provincial que local, les utilisateurs de transport adapté et les organisateurs de transport collectif et adapté sont inquiets de l’avenir du transport adapté dont doivent se prévaloir les personnes handicapées pour se déplacer. Plusieurs de ces personnes font partie des personnes les plus vulnérables de notre société.

Nous voulons que les services de transport adapté requis par les personnes handicapées de notre région ne soient plus en péril. Pour se faire, son financement doit être accru considérablement pour permettre un service de qualité et sécuritaire.

Paul St-Germain, coordonnateur

Regroupement maskoutain des utilisateurs du transport adapté

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