10 Décembre 2020
Programme triennal d’immobilisations
L’entretien à l’honneur
Par: Rémi Léonard

Après le Marché public, un autre vaste chantier de restauration attend la Ville de Saint-Hyacinthe avec le Stade L.-P.-Gaucher, un projet de 11,65 M$ prévu sur cinq ans. Photothèque | Le Courrier ©

Les investissements municipaux atteindront 51,7 M$ l’an prochain à Saint-Hyacinthe, une somme répartie à travers 145 projets, dont plusieurs axés sur l’entretien d’infrastructures existantes. Sur trois ans (2021-2022-2023), le total des investissements planifiés atteint 136,4 M$.

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Après des sommes records l’an dernier (91,6 M$ uniquement pour 2020), c’est donc un programme triennal d’immobilisations (PTI) plus modeste qui a été adopté ce lundi, à la dernière séance du conseil. En 2020, c’est le financement de projets d’envergure, par exemple du côté de l’usine d’épuration ou de la future bibliothèque, qui avait fait grimper les investissements.

Dans ce plus récent PTI, les projets d’entretien retiennent presque les deux tiers des sommes allouées (63 %), dans un souci de « protéger et de bien entretenir nos actifs », a exprimé le maire Claude Corbeil durant sa présentation. La gestion de l’eau accapare encore une portion importante des investissements à travers divers projets de mise aux normes de stations de pompage et de séparation de conduites d’égout unitaires. Ce sera d’ailleurs le cas pour au moins les cinq prochaines années, selon la liste des projets prévus au plan de gestion des débordements municipaux, un document présenté mercredi (voir autre texte).

Sur les 51,7 M$ d’investissements prévus en 2021, environ le tiers sera financé comptant (des sommes provenant du fonds d’administration, du fonds de roulement et de réserves financières), presque autant par le financement à long terme et environ 20 % par des subventions. Le financement temporaire (17 %) et les contributions de tiers (1 %) complètent les sources de financement.

Au tour du stade

Longtemps attendue, la réfection du Stade L.-P.-Gaucher s’invite maintenant parmi les projets d’importance dans les prochaines années. On savait déjà que l’ensemble de la toiture serait refait en 2021, une intervention de 2,2 M$, mais le PTI révèle maintenant que le montant total de la mise à niveau est chiffré à 11,65 M$.

Les travaux seront donc étalés en plusieurs phases sur un horizon de cinq ans, la Ville optant pour « la même stratégie » que celle employée durant la restauration du Marché public, a indiqué le maire durant sa présentation. Il n’est pas possible pour l’instant de préciser comment seront déployées les différentes phases ou quels travaux seront priorisés, a répondu le directeur général de la Municipalité, Louis Bilodeau, au lendemain de la présentation du PTI. On sait seulement que l’intervention la plus urgente est celle concernant le toit.

Parmi les autres projets majeurs, une somme de 4,7 M$ a été réservée l’an prochain pour les acquisitions d’immeubles par la Ville. Si les sites stratégiques sont déjà identifiés et que des démarches sont probablement déjà avancées, la Ville se réserve néanmoins une certaine « discrétion » sur ce sujet afin d’éviter la spéculation, a expliqué M. Bilodeau.

Autres projets en vrac

La réfection des pavages, des trottoirs et des bordures à travers le territoire recevra la même somme que l’an passé (4,2 M$). Du côté de l’avenue de l’Aéroport, un projet spécifique est prévu afin de consolider la fondation de la rue et y effectuer le pavage (1,5 M$). Une contribution de 525 000 $ est attendue des propriétaires riverains.

Après l’éclairage de rue, la conversion du réseau d’éclairage décoratif et sportif au DEL est maintenant au menu en 2021 (1,1 M$). Du côté du parc Les Salines, où plusieurs actions ont été annoncées récemment dans un nouveau plan directeur étalé sur plusieurs années, la première intervention consistera en l’installation de nouveaux jeux d’eau (1 M$) pour remplacer ceux existants. D’autres travaux (0,9 M$) sont également prévus au Marché public pour compléter l’imposant projet de restauration des dernières années, comprenant cette fois l’ajout d’une chambre froide pour les matières organiques, de toilettes publiques et d’une tour d’eau.

Bémols émis par les conseillers

Le remplacement des poteaux électriques en bois par des poteaux en agrégat (0,8 M$) est également planifié sur les avenues Saint-François et Saint-Simon, derrière le Marché public. Il s’agit d’une alternative à l’enfouissement des fils électriques, procédure devenue excessivement coûteuse, a indiqué le DG de la Ville. Ces nouveaux poteaux permettront de libérer la vue en élevant les fils en hauteur, a-t-il ajouté. À ce sujet, le conseiller du centre-ville, Jeannot Caron, a manifesté sa dissidence, disant ne pas avoir toutes les informations en main pour juger de la pertinence de cet investissement de 800 000 $. À première vue, il trouve toutefois que cette intervention essentiellement esthétique est loin d’être la priorité au centre-ville, a-t-il expliqué au COURRIER.

Son collègue Donald Côté, représentant de Sainte-Rosalie, a quant à lui dénoncé à nouveau une « iniquité » qui continue de peser sur le milieu rural, alors que les subventions gouvernementales accordées aux projets d’aqueduc et d’égout ne bénéficient pas aux citoyens qui assument les coûts liés à leurs propres systèmes d’assainissement ou d’eau potable. Pour M. Côté, il s’agit d’une injustice de longue date qu’il se fait un devoir de souligner chaque année. Il a également exprimé sa déception par rapport au fait que le projet d’aménagement du parc Eugène-Veilleux, dans son secteur, est « toujours reporté d’une année à l’autre ».

Condition : subventions

Notons également dans ce PTI des sommes prévues pour les aménagements cyclables (0,7 M$), le réaménagement du parc Fridolin-Savoie (0,5 M$) dans le quartier Saint-Joseph et la réalisation des plans et devis de la future Place des spectacles (0,4 M$). Cette étape préparatoire est la seule prévue en 2021 par rapport au réaménagement plus complet de la promenade Gérard-Côté, un projet de 33 M$ dont la réalisation se fait toujours attendre.

Le maire Corbeil a réitéré que l’obtention de subventions des autres paliers de gouvernement était toujours la condition nécessaire pour amorcer le projet. Les deux députés locaux y sont bien sensibilisés, mais le contexte de pandémie n’est pas favorable à de telles demandes, a-t-il décrit. Malgré tout, si le signal venait à arriver de Québec ou d’Ottawa, la Ville serait prête à aller de l’avant, a ajouté le maire. Le projet de centre d’activité physique pour les 50 ans et plus aux Loisirs Notre-Dame se retrouve dans la même catégorie, alors qu’une réponse à la demande de subvention municipale est attendue sous peu, selon la Ville.

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