19 janvier 2023
Les agences de voyages reprennent leur envol
Par: Adaée Beaulieu
Martine St-Laurent, propriétaire de l’agence de voyages du même nom. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Martine St-Laurent, propriétaire de l’agence de voyages du même nom. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Mélanie Girard, propriétaire de Voyage Vasco aux Galeries St-Hyacinthe. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Mélanie Girard, propriétaire de Voyage Vasco aux Galeries St-Hyacinthe. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Les affaires se portent de mieux en mieux dans les agences de voyages de Saint-Hyacinthe alors que les ventes de la prochaine année devraient ressembler à celles de 2019 si aucune embûche ne se présente. Les agences ayant réussi à passer au travers de la pandémie sont toutefois désormais confrontées à la pénurie de main-d’œuvre.

La propriétaire et unique employée de Voyages Tours Soleil, Caroline Ruel, a décidé de prêter main-forte au système de santé en 2020 tout en poursuivant ses activités à temps partiel. Cette année-là, elle n’a réalisé que 15 ventes, alors que tout juste avant, elle avait atteint un sommet après cinq ans en affaires. Elle a ensuite repris ses activités à son bureau en janvier 2021 et a bouclé 150 voyages. En 2022, le nombre de ventes a bondi, atteignant 480.

Clients à rassurer

Mme Ruel affirme que le regain d’activités a généré aussi beaucoup plus de plaintes en raison des difficultés de l’industrie actuellement, notamment en raison de la pénurie de main-d’œuvre. Questionnée sur le récent chaos avec les vols de Sunwing, elle mentionne que les délais sont présents dans toutes les compagnies aériennes, mais que cela ne fait pas nécessairement les manchettes. Elle reçoit d’ailleurs régulièrement des notifications de retard de Transat.

Martine St-Laurent, propriétaire de l’agence de voyages du même nom, constate la même chose et est mitigée sur la question. « Je comprends que les transporteurs ont voulu ouvrir les valves après deux ans de pandémie, mais la planification n’a pas suivi. Les délais étaient trop serrés. La reprise était là et ils ne voulaient pas manquer le bateau, mais ils ont mal planifié. Il y a des situations pour lesquelles les clients ont le droit de chialer », mentionne-t-elle.

Afin d’éviter le mécontentement de sa clientèle, Mme St-Laurent mise sur une bonne information en mentionnant les risques de délais. Elle constate d’ailleurs que les clients bien informés se montrent plus compréhensifs. C’est le cas notamment avec les problèmes d’approvisionnement en nourriture de Cuba.

Martine St-Laurent remarque que les clients viennent aussi de plus en plus en agence plutôt qu’en ligne, car cela les sécurise avec tout ce qui s’est passé depuis la pandémie.

Mme St-Laurent a conservé le même personnel qu’avant la pandémie, mais les employés hésitent à reprendre le boulot à temps plein, ayant été échaudés par la pandémie. Ils sont néanmoins moins hésitants à revenir puisque, depuis que le temps froid s’est pointé le bout du nez, les affaires vont bon train.

« Nous ne tiendrons plus jamais rien pour acquis », dit Martine St-Laurent.

Mélanie Girard, de chez Voyage Vasco Saint-Hyacinthe, constate aussi que le défi de la main-d’œuvre est grand et présent un peu partout dans l’industrie, même si la reprise s’est effectuée il y a environ un an de son côté. Elle mentionne notamment que les compagnies aériennes et les hôtels sont affectés par le fait que plusieurs employés se sont dirigés vers une autre carrière.

Du côté de chez Voyages Boislard Poirier, la propriétaire Geneviève Poirier indique que le nombre d’employés est passé de 22 à 10 pendant la pandémie. L’entreprise recrute d’ailleurs actuellement.

Destinations rassurantes

Pour ce qui est des tendances dans les ventes en ce moment, Geneviève Poirier mentionne qu’elle vend principalement les destinations du Sud, alors qu’auparavant, à l’hiver, elle vendait aussi beaucoup l’Europe. Elle remarque d’ailleurs que les clients achètent soit très à la dernière minute, soit un an d’avance.

« Avant la pandémie, nous essayions de sortir des sentiers battus. Nous essayions de vendre des destinations moins populaires et de délaisser Cuba, la République dominicaine, Cancún et Riviera Maya. Les gens voulaient vivre autre chose, mais là, avec la pandémie, les clients veulent juste aller vers la sécurité et ce qu’ils connaissent », affirme Mme Poirier. Elle ajoute aussi qu’il y a moins de vols directs pour les destinations moins courues.

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