28 octobre 2021
Campagne électorale à Saint-Hyacinthe
Les petits caractères
Par: Le Courrier
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Comme il se doit, le parti Saint-Hyacinthe Unie a tapissé la ville de Saint- Hyacinthe d’affiches aux couleurs de cette formation politique qui aspire à faire élire la cheffe Marijo Demers et un candidat dans chacun des 11 districts. Elles sont autant de cartes de visite qui permettent d’associer des noms à des visages. Elles sont jolies, épurées, mais ne sont pas parfaites, car elles se sont invitées dans la campagne en devenant une petite source de distraction.

Le plus grand défaut de ces affiches électorales est inscrit en très petits caractères à la verticale : Version Image Plus. C’est le nom de l’imprimeur de Laval à qui l’on doit leur confection. Oui, le parti Saint-Hyacinthe unie a privilégié un fournisseur qui se trouve à quelque 130 kilomètres aller-retour de Saint-Hyacinthe au détriment des imprimeurs locaux.

Des imprimeurs qui paient des taxes à Saint-Hyacinthe et qui emploient du monde d’ici. Bref, des électeurs.

C’est LE COURRIER qui, le premier, a attiré l’attention sur l’origine de ces affiches dans la section Rumeurs et indiscrétions du 7 octobre. Dans cette même colonne, Mme Demers avait expliqué qu’elle avait demandé huit soumissions et qu’un écart de 40 % avait été constaté entre les entreprises locales invitées à soumissionner et l’entreprise lavaloise retenue pour ce contrat. « Je me fais un devoir d’encourager les entreprises d’ici, mais je dois aussi gérer nos fonds de façon rigoureuse et responsable, dans le respect de la loi électorale, s’était défendue la cheffe de Saint-Hyacinthe unie. Nos bannières et tout le matériel que nous utilisons dans nos conférences de presse sont 100 % maskoutains. »

Le message à retenir est que Saint- Hyacinthe unie achète donc local autant que possible, mais pas à n’importe quel prix.

Cela lui appartient et cet argent dépensé en affichage n’est pas constitué de fonds publics. Il provient entre autres de ses supporteurs. On comprend que les revenus de ce parti ne sont pas illimités et les explications de Mme Demers tiennent la route. Elles semblent d’ailleurs avoir convaincu son adversaire.

À ma connaissance, André Beauregard n’a pas soulevé cette situation publiquement afin d’embarrasser sa rivale. Du moins pas encore. Il faut donc croire qu’il n’a pas besoin de ça et qu’il ne se sent pas menacé dans son cheminement à la succession du maire Claude Corbeil.

Le choix de l’imprimeur est un détail anodin, limite insignifiant, diront les partisans de Mme Demers. Plutôt une bourde qui traduit un manque flagrant d’expérience et de considération envers les entreprises d’ici, diront les autres.

À vous de voir où vous vous situez dans ce débat secondaire qui aurait pu être facilement évité si l’imprimeur n’avait pas ajouté sa signature sur les affiches.

Preuve que l’excès de transparence peut parfois jouer de mauvais tour!

En ce qui me concerne, il s’agit certes d’un rare faux pas de la part de Saint- Hyacinthe unie, voire d’une maladresse qui aurait pu et dû être évitée.

Dans une campagne plutôt beige jusqu’ici, c’est le genre de petit détail qui détourne l’attention. Au point de faire dérailler une campagne? Non, mais au point de faire perdre un ou des votes certainement. Marijo Demers peut en tout cas oublier celui de François Gaumond, président de Publi-Cité Lettrapid, une firme spécialisée dans l’impression numérique d’articles promotionnels.

Dans une lettre ouverte qu’il nous a fait parvenir et que nous publions cette semaine, il écorche avec cynisme et doigté l’initiative et la ligne de défense de la cheffe de Saint-Hyacinthe.

Pour l’essentiel, il reproche au parti politique de donner un bien mauvais exemple. Et il se moque au passage de ses engagements environnementaux. « Je vous félicite pour la plantation d’arbres afin de réaliser une campagne carboneutre. C’est vrai qu’il y a beaucoup de kilomètres entre Saint-Hyacinthe et Laval », souligne-t-il sur le ton de l’ironie. Touché.

Le choix de l’imprimeur est un détail insignifiant, mais en politique, il n’y a jamais rien de banal quand les perceptions prennent souvent le dessus sur les faits. Le contenant sur le contenu.

Cette histoire témoigne d’une grande vérité et leçon pour celui ou celle qui se lance en politique : favoriser et encourager les fournisseurs locaux en campagne électorale, ça n’a pas de prix.

Et une fois porté au pouvoir, c’est même une attitude essentielle.

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