25 novembre 2021
Abattoir Exceldor de Saint-Damase
Les syndiqués se sentent pris au piège
Par: Sarah Villemaire

Tout comme leurs collègues, Sylvie Valiquette, déléguée adjointe, et Manon Poitras, déléguée en chef de l’exécutif syndical de l’usine Exceldor de Saint-Damase, espèrent que leur employeur offrira aux travailleurs locaux des conditions salariales identiques à celles de l’usine de Saint-Anselme. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Les liens de confiance sont présentement rompus pour les membres du syndicat des Travailleurs et travailleuses unis de l’alimentation et du commerce (TUAC 1991-P) de l’usine Exceldor de Saint-Damase envers leur employeur. Les syndiqués estiment avoir été floués par les grands patrons qui refusent à ce jour d’honorer leur promesse d’octroyer un salaire équivalent à celui négocié à l’usine de Saint-Anselme.
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Le combat n’est pas terminé pour les travailleurs de l’usine de Saint-Damase qui attendent des réponses depuis quelques mois de la direction face à leur demande. Rappelons qu’en 2018, les membres de l’exécutif syndical ont accepté d’ouvrir la convention collective établie à cette usine dans le but d’obtenir une paix syndicale pour l’éventuelle construction d’une nouvelle usine à Saint-Hyacinthe.

Bons joueurs, les membres ont accepté de relancer les négociations pour accélérer la mise en place de ce nouveau projet, à condition que l’employeur respecte sa parole d’octroyer les mêmes salaires offerts par les employés de l’usine de Saint-Anselme. Une nouvelle convention collective a alors été signée en mai 2019 par les différentes parties et sera en vigueur jusqu’en février 2028.

Depuis, la direction se fait discrète quant à sa réponse décisive dans ce dossier. « Depuis le début, on a été de bonne foi avec eux et on se sent manipulés par l’employeur. On demande à ce que la direction respecte sa parole », explique Manon Poitras, déléguée en chef de l’exécutif syndical de l’usine Exceldor de Saint-Damase.

De leur côté, les syndiqués de l’usine de Saint-Anselme ont signé, en octobre dernier, une nouvelle convention collective où l’augmentation des salaires et le retour d’un montant forfaitaire annuel de fonds de pension afin de reconnaître l’ancienneté des travailleurs ont, entre autres, été octroyés. Un écart salarial de 2,15 $ l’heure se creuse entre les deux usines contredisant ainsi les pourparlers avec l’employeur. « Tout ce que l’on a reçu comme proposition, c’est une offre de 1,25 $ l’heure pour assiduité au travail qui est versée uniquement à ceux qui n’ont pas eu d’absence durant la semaine. On ne peut accepter ça, c’est pourquoi on a refusé », renchérit Manon Poitras.

La colère monte

La tension est palpable dans l’usine où de plus en plus de personnes quittent pour aller travailler ailleurs. Selon les informations fournies par les membres de l’exécutif syndical de l’usine de Saint-Damase, près de 25 % des employés ont donné leur démission cette année. Onze départs ont d’ailleurs été recensés dans les dernières semaines.

« Les gens sont très déçus de leur employeur, car la majorité s’attendait à recevoir l’équité salariale entre les deux usines. Ça faisait des mois que ça leur trottait dans la tête et, en voyant l’impasse de la direction, ils ont préféré partir », souligne Rénald Lachance, délégué syndical de l’assurance groupe de l’usine Exceldor de Saint-Damase.

Pour Roxane Larouche, responsable des communications de la TUAC, ces pertes d’employés ne coïncident nullement avec la pénurie de main-d’œuvre que subit ce secteur.

« Le fait que les gens quittent leur emploi n’est pas causé par la pénurie de main-d’œuvre. Ils sont simplement tannés du climat de travail toxique. L’employeur contribue à l’exode des talents vers d’autres usines de la région », précise-t-elle.

Rencontre au sommet

Plus tôt cette semaine, la direction a convoqué les membres de l’exécutif syndical à une rencontre qui se tiendra aujourd’hui, le 25 novembre. De son côté, l’employeur souhaite apporter les ajustements nécessaires pour arriver à une entente satisfaisante. « C’est certain que l’on va ressortir avec quelque chose qui va satisfaire tout le monde », souligne Jordan Ouellet, conseiller aux communications et aux relations publiques chez Exceldor.

Comme tient à le rappeler l’employeur, il n’y a rien qui oblige ce dernier à proposer une copie conforme d’une convention collective renouvelée d’une autre usine. « Chaque usine est une entité propre et on n’a pas à faire d’amalgame entre elles nécessairement », réitère M. Ouellet.

La direction tient à rappeler que l’ajustement de 1,25 $ l’heure pour assiduité au travail annoncé ces dernières semaines était calqué sur la convention collective adoptée à l’usine de Saint-Anselme.

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