19 mai 2016
Les ti-comiques
Par: Martin Bourassa

Les ti-comiques

Les ti-comiques

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Grosse controverse dans le monde de l’humour où depuis quelques jours on se drape à qui mieux mieux dans le voile de la liberté d’expression absolue.

Voilà un débat qui m’a laissé indifférent dès le jour un et qui a fini par me taper joyeusement sur les rognons. L’enflure autour du débat disons.

Le sketch de Mike Ward et de Guy Nantel était-il drôle? Ça dépend des goûts. Personnellement, il m’a fait sourire un peu. Ce sketch avait-il sa place au Gala des Olivier? Sans doute. Cela dit, je comprends également la décision des avocats de l’assureur. La présence de Mike Ward, en attente d’un jugement de la Commission des droits de la personne pour un sketch visant le petit Jérémy, rendait le tout délicat.

Si le timing fait souvent foi de tout en humour, le timing de ce sketch joué par Mike Ward n’était certainement pas le meilleur. Dans les circonstances, et même si je suis d’avis que l’intervention de la Commission des droits est inappropriée dans ce dossier, Ward aurait dû se garder une petite gêne. Mais ce n’est pas son genre.

Les humoristes sont-ils brimés pour autant? Leur liberté d’expression est-elle mise à mal au Québec? Faites-moi rire. Mais ils doivent certainement composer avec des contraintes qu’elles soient imposées par des assureurs, des producteurs ou des télédiffuseurs. Cela fait partie de la game. Et ils ne sont pas les seuls dans cette situation. Les journalistes aussi ont des tas de contraintes. Non, il n’est pas permis de dire n’importe quoi sur n’importe qui dans un journal, sous prétexte d’informer et en se drapant de la liberté de presse et du droit du public à l’information.

Nous avons des contraintes, des balises et… des assureurs et des avocats! Sérieux, le nom de l’avocat du COURRIER est le tout premier dans mon carnet de contacts. Et on se parle régulièrement. Il lui arrive aussi quelques fois par année de relire des reportages avant leur publication, quand la situation ou l’élémentaire prudence le commande. Et quand l’avocat me fait changer un mot, une ligne ou un titre, il gagne à tout coup. J’efface et je corrige. Mais jamais il ne me viendrait à l’idée de me balader sur la rue des Cascades avec des mitaines à four sur les mains. Je joue le jeu.

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