10 février 2022
Photographe et vidéaste
Marc-André Dupaul, l’ami des artistes maskoutains
Par: Maxime Prévost Durand
À travers sa lentille, Marc-André Dupaul conjugue ses deux plus grandes passions : l’image et la musique. Rares sont les artistes émergents de Saint-Hyacinthe à ne pas être passés devant son objectif. Photo gracieuseté

À travers sa lentille, Marc-André Dupaul conjugue ses deux plus grandes passions : l’image et la musique. Rares sont les artistes émergents de Saint-Hyacinthe à ne pas être passés devant son objectif. Photo gracieuseté

La plupart des artistes émergents de Saint-Hyacinthe sont passés devant l’objectif de Marc-André Dupaul. Ou plutôt de dupaul, comme il le signe souvent. Plusieurs d’entre eux sont des amis du photographe et vidéaste de Saint-Pie, mais voilà que son travail attire de plus en plus l’attention d’artistes de partout au Québec qui souhaitent faire appel à ses services. Portrait d’un passionné d’images et de musique.

Dans les dernières années, Marc-André Dupaul a notamment contribué à la signature visuelle d’Alex Burger et de Tom Chicoine, deux artistes maskoutains avec qui il est ami depuis le secondaire. Il a aussi collaboré avec le groupe Renard Blanc, dont il vient de signer les derniers vidéoclips. Au total, il estime à près de cinquante le nombre d’artistes avec qui il a travaillé récemment.

« Au départ, mes clients étaient mes amis, mais depuis deux ans, ça s’est plus diversifié parce que j’ai décidé de consacrer beaucoup de temps à ça », raconte le jeune trentenaire en entrevue avec LE COURRIER.

C’est d’ailleurs en prenant des photos de ses amis musiciens lors de leurs séances de jam, pour tester ses caméras, que Marc-André Dupaul a fait ses premières armes. Il leur a ensuite proposé de réaliser leurs photos officielles d’artiste, puis s’est mis à faire beaucoup de photos de scène.

« Pour pousser mes trucs, j’allais voir des shows et je prenais des photos que je partageais ensuite sur les réseaux sociaux en taguant les musiciens. J’ai eu une couple de contrats grâce à ça », souligne-t-il avec fierté.

Après l’avoir fait principalement par plaisir pendant quelques années, il a décidé de tenter le tout pour le tout et d’en faire son métier.

« J’ai fait ça de façon gênée pendant des années, confie-t-il. À un moment, je me suis dit que c’était peut-être possible de conjuguer passion et travail. »

Il a donc quitté son travail dans la construction – « je n’étais pas 100 % heureux là-dedans », dit-il – et s’est lancé en affaires à son compte il y a un peu plus de deux ans.

« Je me suis dit qu’à 28 ans, c’était le moment où jamais. Je voulais essayer de le faire et de me rapprocher un peu plus de ce que je suis fondamentalement, soit un artiste et un musicien. J’ai été vraiment supporté là-dedans, même si la pandémie est venue compliquer les choses. »

Durant les derniers mois, pendant que les spectacles étaient à l’arrêt, il a développé une autre expertise en faisant la captation de sessions live pour différents artistes, répondant à la demande grandissante pour ce moyen de diffuser la musique. Il a aussi eu quelques projets de vidéoclips.

Dans la plupart des projets qu’il entreprend, le défi est toutefois de réaliser quelque chose de qualité avec peu de moyens. « Avec les artistes indépendants, l’argent ne pleut pas, donc ce sont souvent des projets qu’on fait à l’arraché, mais voir le résultat après, c’est toujours vraiment agréable. Le succès est encore plus marquant », affirme-t-il.

D’une certaine manière, il aide également ces nouveaux artistes à se forger une identité visuelle, laquelle peut jouer un rôle important pour capter l’attention du public et de la sphère musicale, au-delà de la musique elle-même. « C’est une chose à laquelle tu ne penses pas toujours en le faisant, soutient le Saint-Pien. C’est par après que tu réalises l’impact que ça a eu. »

hôte, son projet musical

En plus de la photographie et de la vidéo, Marc-André Dupaul porte lui-même le chapeau d’artiste à travers son projet musical solo hôte. Un premier EP sous ce nom a été dévoilé à l’automne 2020 et est intitulé Lune en verseau.

« C’est un désir qui a toujours sommeillé en moi. De continuer de graviter autour de la scène musicale [après avoir eu des groupes au secondaire], ce n’était pas anodin. Je veux faire de la musique moi aussi et j’ai besoin d’en faire. À force de travailler sur les projets des autres, ça te donne le goût d’avoir tes projets à toi aussi. »

Ce projet solo est né des cendres du trio folk De louves dont il faisait partie, explique-t-il.

« Quand je me suis retrouvé en solo, j’ai décidé d’explorer d’autres avenues et je suis devenu comme un mini producer. Je faisais beaucoup de choses sur l’ordi pour looper ma voix. Mon projet a pris une tournure électronique. Il n’y a pratiquement pas de guitare sur mon premier EP », décrit Marc-André Dupaul, qui se dit inspiré par des artistes comme Bon Iver et FKA Twig.

Son ami Étienne Dupré, bassiste notamment pour Mon Doux Seigneur et Klô Pelgag, l’épaule à la réalisation.

« On se connaît depuis qu’on a 10 ans. Les deux, on habitait à Saint-Pie et on continue aujourd’hui de faire des projets de musique ensemble à Montréal », se réjouit Marc-André Dupaul.

Si la photographie et la vidéo sont devenues une vocation pour lui dans les dernières années, il espère maintenant pouvoir développer sa carrière d’auteur-compositeur-interprète de la même manière.

« Dans le futur, j’aimerais que la musique prenne plus de place dans ma vie », conclut-il, comme un souhait.

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