25 novembre 2021
Elle dévoile un nouvel essai intitulé Privé de sens
Marie-Ève Martel, militante de l’information
Par: Maxime Prévost Durand

La journaliste maskoutaine Marie-Ève Martel a lancé au début du mois un second essai, Privé de sens, dans lequel elle poursuit son plaidoyer pour un meilleur accès à l’information. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Après avoir mis la lumière sur l’importance de la sauvegarde de l’information régionale dans son premier essai Extinction de voix, voilà que la journaliste maskoutaine Marie-Ève Martel revient à la charge avec Privé de sens, un livre dans lequel elle milite pour un meilleur accès à l’information au Québec.
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« Écrire un essai sur le sujet est loin d’être
chose facile; c’est une thématique tout sauf sexy et qui risque d’intéresser peu de lecteurs, admet l’autrice en toute candeur dans l’introduction de son livre. Pourtant, c’est un enjeu qui concerne tout un chacun et qui mérite qu’on s’y attarde. »
Dans ce livre, paru aux Éditions Somme Toute, Marie-Ève Martel traite particulièrement de la Loi d’accès à l’information, qui célébrera ses 40 ans d’existence l’an prochain. Une réforme de ce système, dont le concept demeure abstrait aux yeux d’une large partie de la population, est réclamée depuis plusieurs années déjà en raison des nombreuses zones floues qu’il comporte et qui rendent parfois difficile l’accès à l’information.
« Si on avait un meilleur système d’accès à l’information, je crois que le gouvernement en bénéficierait parce qu’en étant mieux informés, les citoyens seraient plus intéressés par la chose publique et plus impliqués, souligne l’autrice en entrevue avec LE COURRIER. Veut, veut pas, en n’ayant pas toute l’information, tu te méfies, tandis qu’en ayant plus de transparence, ça encouragerait la confiance des citoyens envers l’État. »
À l’aide d’exemples, Marie-Ève Martel explique le rôle de cette loi, détaille son importance dans notre démocratie et évoque ses travers. Avec cet exercice, celle qui travaille pour le quotidien La Voix de l’Est, à Granby, voulait faire un « cliché-portrait » pour voir comment le système a évolué au fil des années.
« Force est d’admettre que [la Loi d’accès à l’information] n’a pas vraiment suivi au rythme des changements technologiques et des modifications aux autres lois, remarque-t-elle. Donc, elle ne répond pas vraiment à son esprit de rendre l’État plus transparent et plus proactif dans la divulgation des informations au profit de l’intérêt public. »
« Le gros problème, c’est qu’elle est trop floue, poursuit-elle. C’est trop facile de refuser des demandes avec certaines dispositions et ce n’est jamais une priorité pour le gouvernement de la modifier pour lui donner plus de mordant afin qu’elle incarne réellement son esprit. » Dans son livre, elle donne l’exemple de la Ville de Gatineau qui a décidé d’aller plus loin que ce qui est prévu par la Loi afin d’emboîter le pas vers une plus grande transparence. « Ce n’est pas vrai qu’il faut attendre une refonte de la Loi pour que tout s’améliore, note l’autrice. Les villes peuvent décider de prendre elles-mêmes l’initiative d’être plus transparentes. »

UNE MISSION SOCIALE

Portée par la même intention qu’à son premier livre, Marie-Ève Martel espère « éveiller un peu les consciences sur l’importance qu’a l’information » avec ce second volume, une suite logique à son prédécesseur. « Mon objectif est de sensibiliser la population à mieux s’informer et à réclamer une information de qualité. »
La journaliste sera présente au Salon du livre de Montréal le dimanche 28 novembre à midi pour présenter Privé de sens et discuter avec le public.

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