17 Décembre 2015
Mgr Lapierre : 50 ans de passion
Par: Jennifer Blanchette | Initiative de journalisme local | Le Courrier

Le coeur était à la fête la semaine ­dernière lors de la messe d’Action de grâce célébrant les 50 ans d’ordination presbytérale de l’évêque de Saint-Hyacinthe, Monseigneur François Lapierre.

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Sous le regard admiratif des centaines de paroissiens réunis à la Cathédrale de Saint-Hyacinthe, cette cérémonie a été lancée par le défilé de tous les prêtres et saints hommes du diocèse. En queue de peloton se trouvait un Mgr Lapierre rayonnant.

Cette longue procession s’est déroulée au son des voix du Grand Choeur Diocésain et du doigté virtuose des organistes Jacquelin Rochette, des Orgues Casavant à Saint-­Hyacinthe, et de Pierre Grandmaison, de la Basilique Notre-Dame de Montréal.

« 50 années ont passé. Votre présence me fait voir que l’Église est une grande famille dans laquelle on tisse des liens d’amitié et de fraternité. C’est ce que je ressens ce soir. Ma vocation a été reçue comme un don inestimable. Merci à tous ceux qui sont là depuis 50 ans », a témoigné Mgr Lapierre à la grande foule.

L’évêque a confié au COURRIER qu’il n’avait eu que très peu d’indices quant au déroulement de la messe donnée en son honneur le 8 décembre. « C’était une ­surprise. On m’avait dit qu’il y aurait une ­célébration, mais on ne m’avait pas tout dit. »

Il s’est avoué particulièrement ému de constater que des gens de tous les horizons aient répondu à l’invitation. « Il y avait des enfants, des parents, des Africains, des aînés, des Latinos, etc. C’était une Église diversifiée et unie, à l’image de notre Église d’aujourd’hui », a souligné Mgr Lapierre.

Jubilé d’or

Ce n’est que demain que François Lapierre aura atteint son jubilé d’or, lui qui a reçu son ordre presbytéral le 18 décembre 1965.

Or, comme l’a mentionné Mgr Jean-Marc Robillard durant la cérémonie, il a choisi de célébrer son 50e anniversaire de sacerdoce le 8 décembre, car cela coïncide avec la fête de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie, pour laquelle l’évêque prône une grande dévotion.

Après avoir fait des études au Séminaire de Saint-Hyacinthe et avoir été ordonné prêtre, François Lapierre s’est envolé pour devenir missionnaire au Pérou. Durant plus d’une décennie, il a alterné entre le Québec et divers pays d’Amérique latine pour y exercer son ministère.

Signe de son amour inconditionnel ­envers la population hispanophone, le Choeur Latino a réchauffé la nef de l’église lors de la messe d’Action de grâce, pour le plus grand plaisir de Mgr Lapierre.

Au début des années 90, après son retour d’Europe, un nouveau défi attend François Lapierre. Il est nommé supérieur général de la Société des Missions étrangères, à Montréal.

Son second mandat, débuté en 1997, est toutefois interrompu l’année suivante lorsque le pape Jean-Paul II le désigne évêque élu pour le diocèse de Saint-­Hyacinthe. Il reçoit l’ordination épiscopale à la Cathédrale de Saint-Hyacinthe le 16 juin 1998.

« On dirait que le temps s’arrête. J’ai ­toujours senti la miséricorde depuis que je suis ici », a souligné l’évêque de 74 ans.

Né à Bromont le 16 juillet 1941, Mgr ­Lapierre soufflera l’an prochain ses 75 ­bougies. Il devra par le fait même tirer un trait sur sa carrière d’ecclésiastique, tel que le prévoit le droit canonique.

« Je n’ai pas encore de projets. Tout ­dépendra du temps qu’il faudra pour qu’on nomme mon successeur. Mais, j’aimerais retrouver une expérience missionnaire, si la santé le permet. Sinon, continuer à m’impliquer dans le diocèse. Dans tous les cas, ce ne sera pas une petite retraite tranquille », a fait savoir l’évêque.

Déclin

Les temps sont de plus en plus difficiles pour les églises du Québec et de nombreux établissements de culte ont fermé leurs portes. À Saint-Hyacinthe, il suffit de penser à l’église du Christ-Roi, devenue une salle de spectacle ou encore à l’église Sacré-Coeur-de-Jésus, mise en vente en 2012.

Avisé, Mgr François Lapierre a affirmé toutefois « que nous bâtissons une Église en transformation. Nous n’avons pas à gérer une Église en déclin ».

« Les gens ont encore cette soif de ­transcendance, a-t-il poursuivi. Nous sommes trop centrés sur la pratique ­religieuse, pour laquelle, oui, il y a eu un déclin, mais les gens ne sont pas éloignés de la recherche de la foi. Je le constate tous les jours dans mon ­ministère. »

Son message porteur d’espoir a ­également résonné dans la Cathédrale le soir de sa messe hommage. « Comme vous le voyez, notre grand séminaire est encore vivant, a clamé Mgr Lapierre en ouvrant les bras vers ses confrères réunis derrière lui. Nous continuons de rêver ensemble de cette Église qui se transforme et se tourne vers l’avenir. »

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