23 juin 2022
carte blanche
Nudité variable
Par: Christian Vanasse
Christian Willie Vanasse

Christian Willie Vanasse


Par une journée chaude et ensoleillée, j’étais sur mon terrain lorsque j’ai entendu un tracteur tourner tranquillement le coin du rang.

J’ai levé la tête pour voir qui, de mes voisins ou voisines, allaient se pointer le bout du nez et c’est là que je les ai vus… ou plutôt entendus.

Flic-a-ta-floc, flac-a-ta-flic, les seins à l’air lui ballottaient de gauche à droite et de bas en haut. Pendant un moment, je suis resté figé devant le spectacle gratuit de cette poitrine dévêtue offerte aux nues. C’était un agriculteur du coin qui avait laissé tomber la chemise, pas gêné pour deux cennes d’être moitié flambette sur le siège de son tracteur.

Je me suis dit : « Bah, le monsieur accepte son corps, n’a pas honte de le montrer, tant mieux pour lui .» Mais si j’avais vu la fermière topless sur son John Deere, aurais-je dit la même affaire?

Ces temps-ci et comme chaque année avec le retour du beau temps, certains font des gorges chaudes à la vue de femmes aux seins nus, mais rarement auront-ils le même raisonnement pour les messieurs se promenant fièrement la bedaine au vent et les mamelons rebondissants. On regarde juste ailleurs en attendant que ça passe et en se disant qu’il n’y a rien de très sexuel là-dedans. Mais ne devrait-on pas dire la même chose des poitrines féminines?

Est-ce qu’on confond volontairement organe sexuel et organe sexualisé? Car les seins des femmes sont avant tout nourriciers, c’est l’homme qui les a érotisés. À partir d’un certain âge et… jusqu’à un certain âge aussi.

À la plage, au parc ou sur leur tracteur, on devrait avoir la même réaction pour pitou que pour minou et juste regarder ailleurs, pis se mêler de nos affaires.

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