28 avril 2022
Robert Chevrier revient de sa mission en Ukraine
« On ne peut jamais savoir si une bombe va nous tomber sur la tête »
Par: Maxime Prévost Durand
En Ukraine, Robert Chevrier s’occupait d’amener de la nourriture, des médicaments et des vêtements à partir de la Pologne pour venir en aide aux réfugiés. Photo gracieuseté

En Ukraine, Robert Chevrier s’occupait d’amener de la nourriture, des médicaments et des vêtements à partir de la Pologne pour venir en aide aux réfugiés. Photo gracieuseté

Dans un geste humanitaire, l’Hélénois Robert Chevrier s’est rendu pendant deux semaines en Ukraine pour venir en aide aux civils touchés par la guerre. Là-bas, il a croisé des gens blessés, il a entendu des bombes retentir au loin, mais surtout, il a vu un peuple démuni.

« Tu ne peux pas t’imaginer toute la souffrance qu’il y avait là-bas », a lancé l’homme d’affaires en entrevue avec LE COURRIER, mardi, au lendemain de son retour au pays.

Arrivé en Pologne pour sa mission, Robert Chevrier traversait chaque jour la frontière ukrainienne pour se rendre à Lviv, l’une des régions fortement touchées par l’invasion russe, afin d’apporter des vivres, des médicaments et des vêtements qui étaient ensuite redistribués aux réfugiés.

« On ne peut jamais savoir si une bombe va nous tomber sur la tête, raconte-t-il. J’ai été là pendant treize jours. Une journée, un lundi matin, à Lviv, il est tombé cinq bombes. J’étais sur place. Je n’étais pas où les bombes sont tombées, mais pas très loin. Ça porte à réfléchir tout ça. Quand tu vois les gens dans la misère, sans argent, avec leurs enfants… c’est pour cette raison que je suis allé là. »

Outre les enjeux de sécurité, le plus grand défi de cette mission a été de ne pas parler la langue du peuple, a affirmé celui qui est également conseiller municipal de Sainte-Hélène-de-Bagot. Il portait néanmoins un gilet avec l’inscription « Canada » sur lequel il était écrit dans la langue officielle du pays « Je suis là pour vous aider ».

« J’ai reçu beaucoup dans la vie. Je voulais redonner au suivant. Ce n’était pas suffisant pour moi d’envoyer de l’argent, donc j’ai décidé d’aller en Ukraine. La guerre me touche énormément. Je trouve ça injuste ce qui se passe. »

Robert Chevrier s’est rendu là-bas de façon tout à fait autonome. « Je n’ai pas réussi à trouver une structure capable de me prendre en charge, comme la Croix-Rouge ou Médecin sans frontière, parce que ça demande des cours et un minimum de savoir. Mais en arrivant là-bas, j’ai pu voir qu’on pouvait travailler pour des organismes déjà en place. J’ai travaillé avec le Convoi de la solidarité, qui est [une initiative citoyenne] de la France. »

À Lviv, il raconte que plus de 1000 lits avaient été installés dans un centre commercial pour héberger temporairement les réfugiés le temps qu’ils soient relocalisés. « C’était très bien aménagé, très propre. Il y avait des gens qui désinfectaient parce que la pandémie se poursuit malgré tout. »

Pour se rendre en Ukraine, Robert Chevrier a pu compter sur l’appui de plusieurs donateurs. Au total, ce sont plus de 22 000 $ qu’il a amassés grâce à des entreprises, principalement de Sainte-Hélène-de-Bagot, comme Roulottes A.S. Lévesque, Transport Petit et JMP Fer ornemental et soudure générale, de même que Julien Rémillard et le Groupe Yves Petit.

L’homme d’affaires compte d’ailleurs retourner en Ukraine pour une seconde mission de deux semaines en juin. « J’y suis allé une première fois et j’ai vu ce dont ils ont besoin, donc quand je vais y retourner, je pourrai amener du matériel avec moi », a-t-il conclu.

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