3 février 2022
Un panneau géant sera installé au printemps près de l’autoroute
Panneaux publicitaires, une présence envahissante
Par: Sarah-Eve Charland
Un panneau numérique a été installé récemment sur le boulevard Choquette.Photo François Larivière | Le Courrier ©

Un panneau numérique a été installé récemment sur le boulevard Choquette.Photo François Larivière | Le Courrier ©

La Ville de Saint-Hyacinthe a conclu une entente avec Pattison pour l’installation de quatre panneaux publicitaires municipaux. Photo François Larivière | Le Courrier ©

La Ville de Saint-Hyacinthe a conclu une entente avec Pattison pour l’installation de quatre panneaux publicitaires municipaux. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Les panneaux publicitaires numériques tendent à se multiplier sur le territoire. Le déplacement d’un panneau du secteur Douville à la rue Choquette a attiré l’attention du COURRIER qui a jeté un coup d’œil à l’entente conclue avec une entreprise privée.

La Ville de Saint-Hyacinthe a signé une entente en 2014 avec Pattison Outdoor Advertising, une entreprise basée à Vancouver. L’entreprise peut installer jusqu’à 11 panneaux publicitaires sur des terrains appartenant à la Ville. Cette dernière reçoit en contrepartie un loyer. La durée de l’entente avait d’abord été fixée à 15 ans avant d’être rallongée de cinq ans quelques années plus tard. Pattison peut ainsi diffuser des publicités qu’elle vend à diverses parties sur ces panneaux. La Ville reçoit l’équivalent de 75 000 $ en placements publicitaires afin de diffuser ses propres messages sur ces panneaux.

En 2019, Saint-Hyacinthe a décidé d’installer des panneaux pour diffuser du contenu municipal. Après avoir analysé plusieurs options, assure la porte-parole de la Ville Brigitte Massé, le conseil a opté pour modifier l’entente avec Pattison. L’entreprise a retiré cinq modules de rue lui appartenant au profit de quatre panneaux numériques qui sont la propriété de la Ville.

Depuis, le loyer annuel payé par Pattison s’élève à 75 978,32 $ pour les panneaux numériques. Selon l’entente, le coût des modules donnés à la Ville s’élevait à 335 000 $. Avant cette modification, le loyer versé à la Ville par Pattison pouvait atteindre plus de 100 000 $, mais le coût des panneaux municipaux a été déduit du loyer chaque année. Pattison a conservé le droit d’opérer ses six panneaux statiques et numériques qui diffusent des publicités d’annonceurs locaux ou nationaux.

« La Ville voulait se doter de panneaux électroniques municipaux. Plusieurs villes en ont. C’est un bon moyen de rejoindre les gens sur les artères achalandées. On avait évalué plusieurs options. C’était plus avantageux pour nous de confier le travail à Pattison et de déduire le coût des panneaux du loyer qu’ils nous versent. C’est nous qui gérons le contenu. Il n’y a que du contenu municipal [sur les quatre panneaux qui nous appartiennent] », explique Mme Massé.

On peut donc conclure que la Ville reçoit en services et en loyer une valeur dépassant 150 000 $. Pour ce qui est des placements publicitaires municipaux, Mme Massé assure que la Ville utilise en grande partie le 75 000 $ promis par Pattison en fonction d’un tableau de tarification de l’entreprise.

Des réserves

À l’époque, le conseiller municipal de Sacré-Cœur, David Bousquet, avait voté contre la résolution qui entérinait la modification à l’entente avec Pattison. Il se montre en accord avec la présence des panneaux publicitaires, mais pas à n’importe quel endroit. Le conseil municipal prévoyait d’en installer un au parc Casimir-Dessaulles, une idée à laquelle s’opposait l’élu.

« Là où je suis en désaccord pour des raisons esthétiques et des raisons de sécurité, c’est avec l’installation d’un type de panneaux plus près du sol qui obstruent la vision des automobilistes. C’est une source de distraction. Au parc Casimir-Dessaulles, par exemple, ce n’est pas un endroit pour installer ce genre de panneau. Il faut croire que j’avais raison puisqu’il n’a jamais été installé », ajoute M. Bousquet.

Président d’Hebdos Québec et éditeur du Courrier de Saint-Hyacinthe, Benoit Chartier n’apprécie nullement ces panneaux qui, en plus de défigurer le paysage, profitent à une entreprise de Vancouver au détriment des médias locaux. « Les annonceurs qui optent pour afficher sur ces panneaux encouragent directement une entreprise qui n’a aucune racine à Saint-Hyacinthe. C’est un peu frustrant et décevant de voir la Ville encourager le déploiement de ces panneaux sur son territoire. »

Près de l’autoroute

Pour le moment, Pattison n’a pas démontré d’intérêt d’ajouter de nouveaux panneaux. La Ville de Saint-Hyacinthe se prépare toutefois à faire installer un panneau géant près de l’autoroute 20. En 2019, la Ville avait réservé une somme de 600 000 $ dans son Programme triennal d’immobilisations (PTI) pour réaliser ce projet. Les derniers détails ont été ficelés. Le panneau devrait être installé au printemps.

« Ça fait longtemps qu’on veut se doter d’un grand panneau électronique municipal, mais pas dans le cadre de notre entente avec Pattison. Ça fait longtemps qu’on veut avoir une vitrine sur l’autoroute 20 pour faire la promotion de la “destination” Saint-Hyacinthe. Plusieurs villes ont ça, comme Drummondville, parce que c’est une stratégie pour communiquer avec les citoyens et les gens de l’extérieur », mentionne la porte-parole de la Ville.

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