25 mai 2023 - 07:00
L’heure de la retraite a sonné pour le courtier immobilier
Pierre Solis range ses pancartes
Par: Martin Bourassa
Pierre Solis n’est plus courtier immobilier. Il vient de fermer un autre chapitre de sa vie, lui qui a longtemps été libraire de métier à Saint-Hyacinthe. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Pierre Solis n’est plus courtier immobilier. Il vient de fermer un autre chapitre de sa vie, lui qui a longtemps été libraire de métier à Saint-Hyacinthe. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Pierre Solis est un homme libre. À 80 ans, il a décidé de tirer un trait sur sa seconde carrière en ne renouvelant pas son permis de courtier.

Après quelque 20 années de pratique immobilière, il en a maintenant terminé avec les transactions, les négociations… et les commissions!

Le doyen de l’équipe Milotte Lainesse, Solis et associés, affiliée à la bannière Via Capitale Concept de Saint-Hyacinthe, est en paix avec cette décision avec laquelle il dit jongler depuis les fêtes. « Je me suis convaincu que j’en avais assez fait, qu’il était temps pour moi de laisser ma place aux autres », souffle celui qui peine aussi à se remettre du décès soudain de sa fille aînée, Dominique, terrassée par un malaise la semaine même où son père remisait ses pancartes pour de bon.

À l’expiration de son permis de pratique le 1er mai, Pierre Solis a mis un point final au métier qu’il a pratiqué avec un plaisir évident depuis 2004. Que ce soit sous les couleurs de Sutton, Re/Max ou Via Capitale, il n’a jamais manqué d’ouvrage ni de maisons à vendre. Il en a vendu de toutes les grandeurs et pour tous les budgets, en plus de développer une expertise recherchée dans l’immobilier commercial.

Doté d’une personnalité joviale, il faut dire que Pierre Solis est de commerce agréable et un vendeur dans l’âme. Déjà adolescent sur les bancs du Séminaire de Saint-Hyacinthe, il avait développé un commerce aussi illicite que rentable : la vente de palettes de chocolat qu’il achetait en gros, puis revendait à la pièce aux autres étudiants.

Le décès subit de son père, libraire de métier sur la rue des Cascades, tracera par la force des choses son destin au terme de ses études classiques.

Il reprendra en main la petite librairie familiale et la fera rapidement prospérer pendant 40 ans, des années marquées par l’ajout d’une succursale à Beloeil en 1977, l’acquisition d’un féroce compétiteur (Richer) en 1978, l’ouverture d’une librairie aux Galeries St-Hyacinthe en 1980 et d’une autre à Longueuil en 1990.

Des années de dur labeur

Malgré la tâche de travail colossale, il trouve tout de même l’énergie de s’impliquer en politique municipale de 1980 à 1984, le temps d’un seul et unique mandat. Élu par acclamation, il ne s’est pas représenté. « La politique et les affaires, cela n’a jamais fait bon ménage », dit-il.

C’est en 2002, au début de la jeune soixantaine, qu’il décide de vendre la presque totalité de son entreprise à Fournitures de bureau Denis, puis de fermer un an plus tard le fructueux chapitre de sa vie de libraire en vendant sa librairie des Galeries St-Hyacinthe à la Librairie Daigneault. Au même moment, c’est en tant que député libéral du comté qu’il entend continuer de servir les citoyens.

Mais les forces péquistes ne l’entendent toutefois pas ainsi et Pierre Solis doit s’avouer vaincu non sans avoir fait fondre dangereusement la majorité de son rival.

Et c’est au hasard d’une rencontre, quelques mois plus tard, qu’il entendra parler d’une formation accélérée de courtier immobilier à Granby et s’y rend par simple curiosité. La suite s’écrira sur pratiquement 20 ans où ses talents innés de vendeur et son extraordinaire réseau de contacts dans le monde des affaires, dans le commerce de détail, en politique et même au sein du clergé serviront bien sa cause.

« Je n’ai jamais sollicité un mandat de ma vie, mais je savais me vendre, confie-t-il. Mes contacts et mes références m’ouvraient les portes. Je n’ai connu que de belles années en immobilier et j’étais comme un poisson dans l’eau. Pour la première fois de ma vie, j’ai pu faire de l’argent sans investir le mien. Juste en misant sur ma personnalité, sans avoir à gérer de comptes recevables et sans avoir à soutenir un inventaire. »

Impliqué comme pas un

La liste des causes communautaires et des organisations pour lesquelles il s’est impliqué depuis 60 ans tient littéralement sur deux pages 8 ½ par 11. Il a entre autres été des premiers balbutiements du Club de ski Raminska en 1960, administrateur de l’Hôpital Honoré-Mercier de 1966 à 1970 et à la Fondation Aline-Letendre où il a contribué à l’essor du télé-bingo. Il a aussi été l’initiateur et administrateur de la Corporation de développement industriel de Saint- Hyacinthe en 1970 et a siégé au Club de golf Saint-Hyacinthe, à l’École secondaire Saint-Joseph, au Centre d’histoire et au Centre des arts Juliette-Lassonde où il est maintenant membre à vie au conseil d’administration. Parmi ses autres faits d’armes, on retiendra qu’il a même été lieutenant-colonel honoraire du 6e Bataillon du Royal 22e Régiment de 1980 à 1984.

Comme courtier immobilier, Pierre Solis n’a jamais fait le décompte des transactions qu’il a réalisées ou auxquelles il a contribué, mais elles sont très nombreuses.

L’une de celles-ci est particulièrement significative, car c’est lui qui a vu le premier tout le potentiel de l’ancien immeuble de la Fédération des caisses populaires Desjardins en tant que future bibliothèque au centre-ville maskoutain, près de la rivière Yamaska.

« Mon ami Pascal [Milotte] avait reçu le mandat de trouver un locataire, mais dès que j’ai mis les pieds là et que j’ai vu la vue au loin au dernier étage, je me suis dit que c’était l’endroit tout indiqué pour y relocaliser la bibliothèque. J’ai fait visiter l’endroit à mon amie Chantal Frigon, directrice générale adjointe de la Ville à ce moment, puis à son patron Louis Bilodeau et enfin au maire Claude Bernier. Tous ont été convaincus. Il fallait juste convaincre le propriétaire de vendre et non de louer. On l’a fait. »

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