16 Décembre 2021
Programme triennal d’immobilisations de Saint-Hyacinthe
Des investissements prudents pour la prochaine année
Par: Sarah-Eve Charland

La Ville de Saint-Hyacinthe investira de façon « prudente » dans ses immobilisations en 2022. Les élus ont prévu 40 M$ en investissements municipaux en 2022 à travers 152 projets. Le Programme triennal d’immobilisations (PTI) 2022-2023-2024 englobe des investissements totalisant 158,2 M$.

Le maire de Saint-Hyacinthe, André Beauregard, a parlé d’un PTI prudent. L’entretien des infrastructures existantes représente 61,2 % des investissements. Le développement de nouveaux projets touche donc 38,8 % des investissements en 2022.

« Il ne faut pas augmenter la dette outre mesure. Il y a des maximums qu’on ne veut pas dépasser. C’est un PTI prudent, mais qui est axé sur l’entretien de ce qu’on possède déjà. Au niveau du développement, on y va de façon réfléchie. Tout ce qu’on développe nous amène des coûts pour la suite des choses. […] Cela démontre que nous avons une réelle préoccupation pour protéger et bien entretenir nos actifs. D’ailleurs, nous estimons que la responsabilité première de l’administration municipale est de s’assurer que les équipements en place demeurent en bon état et sécuritaire avant de lancer de nouveaux projets qui pourraient répondre à de nouveaux besoins exprimés. »

Au 31 décembre 2021, la Ville de Saint-Hyacinthe estime que sa dette à l’ensemble de la population atteindra environ 62 M$. Rappelons que le conseil municipal avait fixé un plafond symbolique d’une dette de 80 M$.

Sur les 40 M$, 16,8 M$ seront assumés par des argents comptants, 7,5 M$ par des subventions, 15 M$ par des emprunts à court et long terme, ainsi que 500 000 $ par des riverains et tiers.

Gestion des débordements

La majorité des investissements seront invisibles pour le grand public puisqu’ils toucheront les infrastructures d’eau. On peut donc dire que l’année 2022 sera marquée par plusieurs investissements liés au plan de gestion des débordements. Le directeur général Louis Bilodeau ne s’en cache pas. Ce sera le cas pour de nombreuses années. La Ville a présenté le plan de gestion des débordements en décembre 2020 qui établissait les priorités des cinq années suivantes. Des investissements de plusieurs millions de dollars sont aussi inclus dans le PTI pour 2023 et 2024.

« Nous démontrons clairement notre volonté d’agir dans une perspective de développement durable. Nous voulons ainsi éviter de transférer aux générations futures les préoccupations qui doivent être prises en charge dès maintenant. Faire fi de ces investissements entraînerait des conséquences importantes à moyen et long terme pour la collectivité maskoutaine, notamment en matière de développement », poursuit M. Beauregard.

La séparation des égouts sur l’avenue Saint-Louis et de la rue Saint-Pierre (8,4 M$), l’augmentation de la capacité de la station de pompage Casavant (3,6 M$) et de la station de pompage Castelneau (1,1 M$) sont au programme de 2022. À cela s’ajoutent les budgets pour les plans et devis des projets de séparation des réseaux d’égouts du bassin versant du déversoir Desaulniers et de séparation des réseaux d’égouts de l’avenue Saint-Joseph (400 000 $) et de la rue Marguerite-Bourgeoys (200 000 $).

Terres de la Métairie

Une somme de 4 M$ a été prévue en 2022 pour acquérir les terres de la Métairie afin de réaliser un parc-nature d’une grande envergure. Cette somme représente l’offre d’achat qui a été déposée auprès des Sœurs de la Charité, propriétaires des lots en question. La Ville n’a toujours pas eu de retour à ce sujet. Cette somme s’approchait également de la valeur au rôle d’évaluation 2021 qui était de 3 970 700 $. Selon le nouveau rôle d’évaluation de 2022 à 2024, les terres représentent plutôt une valeur de 4 647 700 $.

« Quand on a préparé le PTI, notre offre tournait autour de 4 M$. Ce sont des projections de dépenses. On essaie de s’enligner avec l’offre d’achat qu’on a déposée. S’il s’avérait qu’on nous demandait davantage ou qu’on devait aller en expropriation, on va ajuster la projection de dépenses », explique M. Bilodeau.

Le financement de cet achat sera assumé par règlement d’emprunt.

Promenade Gérard-Côté en 2023

Les investissements en 2023 seront gonflés pour atteindre 71 M$, selon le Programme triennal d’immobilisations. Cette augmentation des investissements se concrétisera par la réalisation de la première phase de la promenade Gérard-Côté qui comprend également la place des spectacles. Cette première phase consiste à réaliser la promenade entre la nouvelle bibliothèque et le pont Morison, en incluant la place des spectacles. Ces travaux ont été budgétés à la hauteur de 18,2 M$.

Notons que la Ville a pu mettre la main sur une subvention de 5 M$ par le biais d’un décret ministériel. Ces travaux devront débuter en 2023 et se terminer en 2024 afin de respecter la convention de subvention qui vient d’être autorisée en séance du conseil du 6 décembre.

Devra-t-on attendre après des subventions pour la suite? Le maire André Beauregard avait laissé entendre pendant la campagne électorale la possibilité de réviser le budget au départ établi à 33 M$. « C’était moi qui m’étais prononcé, mais le conseil ne l’a pas fait. Je vais m’asseoir avec le conseil pour en discuter. Dans une prochaine séance plénière, on va se pencher là-dessus. C’est sûr qu’on va devoir procéder par phase. »

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