28 octobre 2021
Promenade Gérard-Côté : plus qu’une simple promenade
Par: Le Courrier
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Monsieur Bourassa, dans votre éditorial du 14 octobre, intitulé « Peu et beaucoup », vous mettez en parallèle les projets de promenades de Drummondville et de Saint-Hyacinthe. Je vous écris donc pour apporter quelques précisions et pour vous inviter à éviter cette comparaison hâtive. Bien que l’on soit tenté de faire un rapprochement entre ces deux projets, il faut mentionner, pour être juste, que leurs envergures sont complètement différentes.

Bien sûr, il s’agit de projets ayant comme principal objectif de revitaliser des secteurs situés à proximité des berges; secteurs qui gagneraient à être utilisés à leur juste valeur. Et, j’en conviens, il y a une certaine ressemblance entre les deux : ce sont des projets qui visent à aménager une piste cyclable et un corridor piétonnier. De plus, dans les deux cas, les municipalités pourront bénéficier d’une subvention provinciale.

Mais la comparaison s’arrête ici. Tout d’abord, mentionnons que la réfection de la promenade Gérard-Côté s’étend sur 2,4 km, et non 4,5 km, comme il est mentionné dans votre éditorial.

De plus, cette habitude de comparer des projets de Drummondville et de Saint-Hyacinthe – que nous avons maintes fois relevée dans vos pages – ne tient malheureusement pas la route ici. Bien entendu, nous respectons les choix de la Ville de Drummondville.

Par contre, et sans vouloir enlever quoi que ce soit à nos voisins, Saint-Hyacinthe a fait des choix différents; des choix qui impliquent une vision à long terme pour la ville et nos concitoyens. Des choix structurants et audacieux qui misent sur un potentiel concret et considérable. Ces choix, nous les assumons. Et nous faisons le pari que la future promenade Gérard-Côté se révélera mobilisatrice et centralisatrice pour tous les acteurs impliqués.

Pour les besoins de l’exercice, je vous invite à regarder ce que nous avons fait de comparable chez nous, au lieu de regarder chez nos voisins.

Le projet de la promenade Gérard-Côté n’a rien d’une « opération pharaonique » ni d’un « dossier irréaliste », comme vous le suggérez dans votre article. Au contraire, c’est un projet qui met de l’avant tout notre savoir-faire et notre vision pour la ville. C’est un projet visionnaire, certes, mais tout à fait réaliste, qui s’inscrit d’ailleurs dans le même sillon que d’autres projets structurants réalisés chez nous, comme le Centre aquatique Desjardins ou le Centre de congrès, notamment. Des projets de qualité réalisés ici, par nous et pour nous.

Là où se distingue la revitalisation de la promenade Gérard-Côté, c’est qu’elle s’inscrit dans la volonté de la Ville d’offrir un élément significatif au cœur de notre municipalité : un projet rassembleur, une plaque tournante pour la réappropriation du secteur par la collectivité, et ce, sur les plans culturel, récréatif, social, économique et touristique.

La promenade Gérard-Côté est un projet phare. En tant que maire, je me suis engagé à contribuer à la revitalisation du centre-ville de Saint-Hyacinthe, et le projet de la promenade Gérard-Côté est déterminant à cet égard : il permettra de générer des retombées significatives qui viendront amortir les investissements requis et servira à insuffler un vent de dynamisme au secteur.

Par ailleurs, si l’on devait absolument le comparer à un autre projet municipal, sa vision s’apparenterait davantage à la promenade Samuel-De Champlain, à Québec. En plus d’offrir un sentier piétonnier et une piste cyclable de 2,4 km en bordure de la rivière Yamaska et à l’abri des crues, notre projet offre aussi de nombreux autres atouts : un amphithéâtre extérieur, des jeux d’eau, un espace « famille », des espaces verts, des blocs sanitaires, un jardin de sculptures… Sans compter la place des spectacles, qui pourra accueillir jusqu’à 7500 personnes. À ce titre, nous ne déroulons pas le tapis rouge « aux pieds du complexe immobilier du Groupe Sélection », comme vous l’évoquez : nous aidons plutôt le Centre des arts Juliette-Lassonde à matérialiser une facette déjà amorcée lors de sa construction. En fait, c’est un engagement envers la culture de chez nous.

Le projet de la promenade Gérard-Côté est distinctif : c’est l’affirmation de la Ville de Saint-Hyacinthe de se doter d’infrastructures durables dont pourront bénéficier les générations actuelle et future, un endroit attrayant et unificateur qui met en valeur l’histoire de notre milieu, avec une bonne dose de modernité. En 2017, lors de la consultation publique, la réponse des citoyens a d’ailleurs été très enthousiaste face au projet. Aussi, l’évaluation budgétaire de 33 M$ n’est pas une nouveauté : elle est à l’image de la grande ambition de ce projet d’envergure.

À ce titre, la subvention provinciale de 5 M$ annoncée récemment nous permettra d’aller de l’avant avec la phase 1 (secteur art et culture), qui reliera la promenade au pôle culturel et à la future bibliothèque. Bien entendu, nous avançons prudemment, mais nous restons convaincus qu’une ville comme Saint-Hyacinthe a besoin de projets phares comme celui du Centre de congrès, dans la partie nord du territoire, et celui de la promenade Gérard-Côté, au centre-ville.

Claude Corbeil

maire de Saint-Hyacinthe

Note de la rédaction

Merci, M. le maire, de prendre le temps de réagir à un éditorial du COURRIER, votre intervention permettra assurément à nos lecteurs de mieux apprécier l’essence de mon commentaire et de vos ambitions. Ils sont les mieux placés pour juger des décisions politiques et des comparaisons hâtives, voire boiteuses.

En tout respect, je persiste à croire qu’il est de mise de comparer les promenades maskoutaine et drummondvilloise. L’une de 2,5 km sera refaite (un jour) dans son entièreté pour au moins 38 M$; l’autre de 4,5 km qui a vu le jour en deux ans pour 8 M$. Chanceux, les Drummondvillois et leurs visiteurs ont pu en jouir tout l’été!

Contrairement à vous, je persiste à croire qu’il est toujours intéressant de regarder ce qui se fait de bon ou de mauvais ailleurs. Cela nous permet de réaliser par exemple que la Ville de Drummondville a reçu 13 M$ de subventions pour construire son centre de foires et de congrès et une autre subvention de 6,5 M$ pour sa nouvelle bibliothèque municipale. Pour ces deux seuls projets de même nature, le score est actuellement de 20 M$ à 0 $ à l’avantage des Drummondvillois. Mais revenons à notre promenade.

J’ose croire que les Maskoutains soucieux de la bonne gestion de leur argent auraient été encore plus enthousiastes à l’idée de pouvoir se promener dans un avenir rapproché sur 2,5 km de promenade réaménagée et entretenue pour 15 M$ de moins et sans affecter la dette de façon considérable. Quand je vois la Ville se lancer dans la création d’une promenade de 40 M$, d’un parc-nature de 108 hectares et d’un pôle culturel de 40 M$ au centre-ville, mais refuser de s’engager à construire un centre récréatif pour aînés de 8 M$ aux Loisirs Notre-Dame ou repousser le remplacement de la toiture du Stade L.-P.-Gaucher, je me conforte dans l’idée qu’elle a des ambitions souvent disproportionnées et qu’elle semble drôlement éparpillée par moments au niveau de ses priorités. Ne pourrait-elle pas lancer moins de projets phares en même temps et en terminer quelques-uns? Je dis ça, je dis rien, comme disent les Gaulois. Bon repos et merci pour tout M. Corbeil.

Martin Bourassa, éditorialiste

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