17 mars 2022
Projet immobilier Biophilia
Prudence et enthousiasme
Par: Le Courrier
Un mal pour un bien, c’est un peu comme ça que Jean-Sylvain Bourdelais, directeur général du Centre des arts Juliette-Lassonde, entrevoit la possibilité de devoir se priver temporairement de 180 cases de stationnement public. Photothèque | Le Courrier ©

Un mal pour un bien, c’est un peu comme ça que Jean-Sylvain Bourdelais, directeur général du Centre des arts Juliette-Lassonde, entrevoit la possibilité de devoir se priver temporairement de 180 cases de stationnement public. Photothèque | Le Courrier ©

Le dévoilement du projet immobilier Biophilia, qui prévoit la construction d’un immeuble de 200 à 250 logements, dont 30 % abordables, dans le stationnement public voisin du Centre des arts Juliette-Lassonde de Saint-Hyacinthe, a été accueilli avec des sentiments mitigés par la direction de la Société de diffusion de spectacles, qui gère la salle.

Son directeur général, Jean-Sylvain Bourdelais, estime qu’à terme, les bénéfices seront intéressants pour l’ensemble du centre-ville et de ses acteurs, mais qu’il y aura une période difficile à traverser pendant les travaux au chapitre du stationnement.

L’immeuble projeté par les promoteurs doit s’élever dans le vaste stationnement de quelque 180 places qui se trouve à l’intérieur du quadrilatère formé des rues Saint-Joseph, Saint-Antoine, Hôtel-Dieu et Marguerite-Bourgeoys.

« C’est un beau projet, je suis en accord, mais pour ce qui est du stationnement, ce sera tout un problème. Heureusement, la Ville est super ouverte à trouver des solutions. À court terme, ça nous met des bâtons dans les roues, mais pas à long terme si on adopte une vision plus globale du centre-ville », a commenté M. Bourdelais.

Ce dernier estime que les solutions de rechange sont limitées et qu’il y a un risque de déplacer le problème ailleurs, dont dans le stationnement à l’arrière du Jean Coutu. Comme environ 60 % de la clientèle du Centre des arts provient de l’extérieur de la municipalité, les gens peu familiers avec le secteur pourraient avoir du mal à s’y retrouver pendant le temps des travaux dont on ignore encore la durée.

Les promoteurs devaient rencontrer le conseil d’administration du Centre des arts hier soir, mercredi, pour lui exposer les grandes lignes de leur projet.

Sans surprise, le conseiller municipal du centre-ville, Jeannot Caron, parle du projet avec enthousiasme et estime pouvoir apaiser les craintes qu’il suscite au niveau du stationnement. « Moi, je suis en faveur du projet en raison de la mixité de clientèle qu’il prévoit, avec une bonne part de logement abordable. Le conseil va aussi s’assurer qu’aucune case de stationnement ne sera perdue », promet Jeannot Caron.

Questionné par rapport à la logistique du stationnement au centre-ville pendant les travaux, il prône entre autres une meilleure utilisation des stationnements en périphérie et une plus grande utilisation du transport en commun. « Il faut arrêter d’être dépendants à l’automobile, il faut changer nos habitudes de vie. Ce sera une courte période, mais il faut passer au travers », souligne le conseiller du district Cascades.

M. Caron estime aussi qu’il y a sans doute moyen de réduire la période critique liée au stationnement. « J’ai donné une suggestion au promoteur. Ce serait de commencer les travaux dès la fonte des neiges à la mi-mars pour que les stationnements intérieurs redeviennent accessibles avant l’automne, dans le but de redonner l’accès le plus rapidement possible à la population. »

On est cependant loin de la coupe aux lèvres en ce qui concerne le lancement des travaux. Les promoteurs doivent d’abord présenter leur projet à la population, procéder aux plans et devis, puis attacher le financement. Un prêt de la SCHL doit être obtenu à hauteur de 95 % du projet estimé à 80 M$. Il a aussi été annoncé que le feu vert ne serait pas donné tant que les projets immobiliers de Groupe Sélection et de la Place Frontenac, dans le secteur, ne seraient pas terminés.

Du côté de l’organisme Logemen’mêle, on piaffe d’impatience. « La promesse de faire du logement abordable cadre parfaitement avec nos objectifs et répondra à un besoin criant », affirme son porte-parole Pier-Alexandre Nadeau-Voynaud.

D’autant plus que la fourchette de prix des loyers en construction présentement dans le secteur du centre-ville ne rentre pas dans la catégorie des logements dits abordables. « Ce qui est bien, c’est qu’on voit que la Ville est sensible non seulement aux enjeux du logement social, mais aussi à ceux du logement abordable et familial », souligne M. Nadeau- Voynaud, en espérant que des projets du genre puissent contribuer à faire diminuer la pression dans le marché locatif maskoutain.

Selon les chiffres présentés par les promoteurs du complexe Biophilia, pas moins de 30 % des logements abordables disponibles seraient offerts sur le marché à un prix oscillant autour de 650 $ par mois pour un logement de quatre pièces et demie et de 735 $ par mois pour un logement de cinq pièces et demie.

Ces prix sont estimés en fonction du marché locatif maskoutain actuel.

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