27 février 2025 - 03:00
Fermeture du Centre Fascination
Quarante ans de fascination
Par: Sarah-Eve Charland
Les entrepreneures derrière le Centre Fascination, Ginette et Suzanne Petit, prennent leur retraite. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©
Les entrepreneures derrière le Centre Fascination, Ginette et Suzanne Petit, prennent leur retraite. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©
À 17 ans, Ginette Petit avait un diplôme d’esthétique en main et l’ambition de lancer son entreprise. Près de 45 ans plus tard, le 28 février, elle mettra la clé sous la porte de son commerce, le Centre Fascination, qu’elle a réussi à hisser, avec sa sœur Suzanne, parmi les centres de soins les plus appréciés et réputés à Saint-Hyacinthe.

L’heure de la retraite a sonné pour Ginette et Suzanne Petit. Depuis plus d’un an, elles ont tenté de trouver une relève pour reprendre les rênes de leur commerce, mais sans succès. Elles ont donc saisi l’opportunité de vendre l’immeuble à l’organisme Habitations Maska (voir autre texte ici). En moins de deux semaines, elles ont dû mettre dans des cartons plusieurs décennies de leur vie.

« J’ai mis tant d’amour dans mon travail. C’est la clé du bonheur, selon moi. Je n’en reviens pas. J’ai fait la même chose pendant 40 ans et je ne suis pas tannée. Je me sens privilégiée. Les gens nous ont tant partagé de confidences, j’ai l’impression que j’ai fait une différence dans la vie de mes clientes », souligne Ginette.

Émue, elle n’arrive toujours pas à croire la vague d’amour qu’elles ont reçu depuis l’annonce de la fermeture il y a deux semaines. « L’une de mes plus grandes fiertés, c’est la fidélité de nos clientes. Quand on a annoncé qu’on fermait, ça eut l’effet d’une bombe. Les gens nous disaient qu’ils étaient contents pour nous, mais qu’ils étaient tristes pour eux. On ne soupçonnait pas la place qu’on avait dans leur vie », ajoute-t-elle.

Ayant eu des parents entrepreneurs, qui possédaient à l’époque la Bijouterie Anodor, elles ont toujours été encouragées à prendre le chemin de l’entrepreneuriat. Ginette a tout d’abord lancé son entreprise chez ses parents avant d’ouvrir son local au 775, avenue Laframboise au- dessus du commerce de ses parents. En 1982, ses parents ont pris leur retraite et elle a récupéré l’ensemble de l’immeuble pour son commerce.

Quelques années plus tard, elle recrute sa sœur Suzanne, qui travaillait alors en comptabilité dans le domaine juridique, pour développer le modèle d’affaires en ajoutant des services de soins de balnéothérapie et de massothérapie. Suzanne se lancera finalement à 100 % dans l’entreprise esthétique et a suivi une formation en massothérapie. Leur association s’est faite tout naturellement. « Ce qui est beau, c’est qu’on a été élevées de la même façon. Nos parents nous encourageaient à devenir entrepreneures. On savait qu’on était là l’une pour l’autre. Je savais qu’elle ne me laisserait jamais tomber et vice-versa », souligne Suzanne.

« Les soins esthétiques n’étaient pas très connus à l’époque. C’était difficile d’obtenir du financement. C’était le tout début de la tendance des spas. Je me suis beaucoup inspirée du modèle d’affaires de Lise Watier. Une cliente pouvait passer la journée chez nous et obtenir une large de gamme de services », explique Ginette.

Les temps changent

À ses 17 ans, Ginette se rappelle que le domaine de l’esthétique était peu répandu. Elle a donc vu son domaine se démocratiser et se perfectionner. Malgré la modernisation des techniques et l’apparition des soins médico-esthétiques, elle s’est toujours présentée comme une esthéticienne traditionnelle. « Le vieillissement de la peau, c’est normal. Une peau bien entretenue, ça vieillit très bien. Est-ce qu’on doit se battre contre le vieillissement? Je ne crois pas. J’ai des clientes qui ont des rides, mais qui sont lumineuses. Elles sont très belles. »

Les deux propriétaires ont connu une période particulièrement effervescente lorsqu’elles ont inclus un volet parfumerie au commerce en 1996. Le Centre Fascination est ainsi devenu la référence dans la région pour obtenir un parfum de grandes marques. « C’était une belle époque. Les bouteilles de parfums étaient des bijoux. On avait les plus grands noms, ceux qui n’étaient pas disponibles en pharmacie. Il y avait tellement de personnes qui venaient à la boutique à Noël! On a beaucoup aimé faire ça. Aujourd’hui, ce n’est plus pareil. On ne peut plus faire concurrence aux pharmacies », souligne Suzanne.

Aujourd’hui, la tendance n’est plus à offrir tous les services sous un même toit, ont-elles constaté. C’est ce qui a, notamment, freiné plusieurs jeunes esthéticiennes à prendre la relève du Centre Fascination. « C’est une belle entreprise. On trouvait ça dommage de la démanteler. Quelques-unes sont venues visiter, mais elles trouvaient ça trop gros. Elles ne voulaient pas gérer d’inventaire ou du personnel. Elles préféraient se louer un petit local et faire leurs petites affaires. Les tendances ont changé », observe Ginette.

Une nouvelle vocation

L’immeuble du Centre Fascination sera transformé par Habitations Maska pour être transformé en maison de chambres pour les itinérants.

« Cet endroit est rempli de belles énergies. On a eu tellement de beaux souvenirs. Ce ne sera pas la même clientèle, mais j’espère que ces gens-là vont ressentir cette énergie-là et que ça va les aider », conclut Suzanne Petit.

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