6 juin 2024 - 03:00
Incendie au centre-ville de Saint-Hyacinthe
Quatre familles devront rebâtir leur vie
Par: Adaée Beaulieu
Un violent incendie a complètement ravagé un immeuble de l’avenue Sainte-Anne, le 30 mai. Photo Adam Bolestridge | Le Courrier ©

Un violent incendie a complètement ravagé un immeuble de l’avenue Sainte-Anne, le 30 mai. Photo Adam Bolestridge | Le Courrier ©

Les pompiers ont lutté contre les flammes toute la nuit. Photo Adam Bolestridge | Le Courrier ©

Les pompiers ont lutté contre les flammes toute la nuit. Photo Adam Bolestridge | Le Courrier ©

L’immeuble a été démoli à l’aide d’une pelle mécanique, le 31 mai, vers 4 h 30. Photo Adam Bolestridge | Le Courrier ©

L’immeuble a été démoli à l’aide d’une pelle mécanique, le 31 mai, vers 4 h 30. Photo Adam Bolestridge | Le Courrier ©

Un incendie d’une rare violence et qui aurait pu facilement faire d’innocentes victimes a fait rage toute la nuit durant, du 30 au 31 mai, dans un immeuble à logements de l’avenue Sainte-Anne, au centre-ville de Saint-Hyacinthe. Le bâtiment connexe a aussi été endommagé, forçant ses occupants à quitter les lieux temporairement.

À lui seul, le nombre de sinistrés est impressionnant. Pas moins de 27 locataires se sont retrouvés à la rue. Si par chance personne n’a été blessé, cet événement traumatisant restera à jamais gravé dans leur mémoire.

C’est le cas d’Armelle Glokpai, une mère de cinq enfants, âgés entre 8 mois et 17 ans, qui a tout fait pour protéger les siens. Seule avec sa mère, alors que son mari était au travail ce soir-là, elle remercie le ciel d’avoir été éveillée lorsque l’incendie s’est déclaré vers 22 h.

Celle qui résidait dans un logement du 2e étage de l’immeuble qui a été complètement ravagé a été alertée par ses voisins de palier. « Je leur ai demandé pourquoi il y avait autant de bruit. Ils m’ont répondu qu’il y avait le feu. Je suis donc sortie seule pour voir l’ampleur de l’incendie et j’ai vu les flammes sortir de l’appartement du premier », a-t-elle raconté.

« Je suis aussitôt rentrée chercher mes enfants et ma mère pour les mettre à l’abri. Sur le coup, j’étais vraiment en colère », a-t-elle poursuivi en précisant que plusieurs hypothèses sont sur la table concernant l’origine de l’incendie.

Le chef de la formation des pompiers du Service de sécurité incendie de la Ville de Saint-Hyacinthe, Dominic Asselin, a confirmé que la cause resterait indéterminée. Il s’est néanmoins dit soulagé que les avertisseurs de fumée aient fonctionné et a tenu à rappeler leur importance.

Une fois tous les locataires des quatre logements de cet immeuble et des trois logements situés dans le bâtiment voisin évacués, le Service des loisirs de la Ville s’est empressé d’ouvrir le Centre des arts Juliette-Lassonde, en collaboration avec la directrice générale par intérim, Anouk Charbonneau, pour qu’ils puissent s’y mettre à l’abri. Le conseiller municipal du centre-ville, Jeannot Caron, et des responsables de la Maison de la famille des Maskoutains ont aussi apporté du soutien.

« Une fois en sécurité au Centre des arts, j’ai fait plusieurs aller-retour pour voir la propagation de l’incendie. Quand j’ai vu les flammes gagner notre appartement, j’ai fondu en larmes. Nous avions nos économies, nos passeports et toutes nos choses à l’intérieur. Ce sont carrément les neuf dernières années de notre vie qui sont parties en fumée », a raconté Mme Glokpai avec émotion.

Au total, quatre familles ont été prises en charge par la Croix-Rouge et conduites dans un hôtel de Saint-Hyacinthe.

Une intervention d’envergure

Pas moins de 56 pompiers ont uni leurs efforts pour combattre les flammes. Une première alarme générale a été déclenchée dès que l’appel est entré pour mobiliser les quatre équipes du Service incendie de la Ville de Saint-Hyacinthe. Quand elles sont arrivées sur les lieux, la façade de l’immeuble était complètement embrasée. Les flammes léchaient également les fils électriques, si bien que les pompiers ont été obligés d’appeler Hydro-Québec pour procéder à une coupure de courant dans le quartier.

Le chef Asselin a raconté que l’incendie était si violent qu’il a fallu entre 30 et 45 minutes de manœuvres avant que les pompiers puissent accéder à l’intérieur pour s’assurer qu’il n’y ait pas de victimes prises au piège. Le toit s’est effondré en partie tout de suite après.

C’est donc seulement après une heure d’intervention que les pompiers ont pu inspecter l’étage supérieur. C’est aussi à ce moment qu’une 2e alarme générale a été déclenchée. Les pompiers de Saint-Dominique et de Saint-Pie ainsi que deux équipes de la Régie intermunicipale de protection incendie du Nord des Maskoutains avaient déjà été appelés en renfort.

L’incendie a finalement été maîtrisé un peu avant minuit. La recherche de la cause a ensuite débuté. Il a été convenu vers 4 h 30 de détruire l’immeuble avec l’aide d’une pelle mécanique. Le dernier véhicule a quitté les lieux un peu avant 5 h. Les dommages pour les deux immeubles sont évalués entre 500 et 700 000 $, selon Dominic Asselin.

Du soutien et du va-et-vient

Après une courte nuit à l’hôtel et sans avoir été en mesure de se mettre quelque chose sous la dent au réveil, la famille d’Armelle Glokpai a pu prendre un dîner au Centre de bénévolat de Saint-Hyacinthe.

Ce sont les autorités municipales qui avaient communiqué avec cet organisme le matin même pour l’informer que quatre familles avaient besoin de ses services, a indiqué la coordonnatrice famille, Josée Pelletier.

Tous les sinistrés ont ensuite été dirigés aux Trouvailles de l’Abbé Leclerc. Ce fut aussi le cas pour la famille d’Armelle qui y a passé l’après-midi.

Josée Pelletier a d’ailleurs invité la population maskoutaine qui souhaite venir en aide aux sinistrés à soutenir financièrement cette friperie chapeautée par le Centre de bénévolat.

Pour leur seconde nuit de sinistrés, Armelle et sa famille ont ensuite été conduits vers l’hôtel Days Inn de Sainte-Hélène-de-Bagot, vu le manque de chambres d’hébergement disponibles au Sheraton de Saint-Hyacinthe le 31 mai. Heureusement, tout ce beau monde a pu y retourner pour les trois nuits suivantes.

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